1On ne niera donc pas que les Principes qui ont
produit la Terre & l’Univers matériel , ne foient
supérieurs aux principes terrestres qui ont engendré les animaux & les plantes. En outre , les animaux & les végétaux ont dû avoir dans l’origine
une force , une vie supérieures à celles dont ils
jouissent aujourd’hui , puisque la Nature s’altere ,
comme toutes les choses corruptibles ; par conséquent les animaux & les végétaux actuels pourroient être regardés comme des fruits secondaires
relativement aux anciens , & â ceux que la terre
principe a engendré par la chaleur immense de
fcn feu central , de même que ces derniers sont
secondaires par rapport aux sources inviftbles &
supérieures qui ont constitué la Nature univerfellç.
! Naturel : 17
2Dans l’ordre physique aCluel , nous pouvons
difficilement trouver des preuves de cette vérité :
tout y étant sécondaire , les différences entre
les réprodu&ions & leur Principe , quoique
bien certaines , sont trop peu sensibles pour
trouver place dans des démonstrations rigoureuses ; & d’ailleurs , quand ces reproductions arrivent à leur dernier terme , elles reprennent le
sens inverse des productions primitives , parce
que le cercle doit se fermer. C'eff pour cela que
le ver étant tombé dans l’état de chryfaîide , en
fort avec l’éclat du papillon , d’où doivent sortir
de nouveaux vers , & c’est; pour cela que tous les
mortels , en s’engloutissant dans les sombres horreurs de la terre , touchent de plus près aux rayons
purs de la lumière , que lorsqu’ils erroient sur
cette surface.
Mais si nous n’avons pas des preuves aCtuelles
& aflives de la différence des Principes premiers
& féconds , nous en avons au moins d’analogie.
Premièrement , dans plusieurs expériences remises à la disposition de ceux qui fachant dégager plus ou moins le feu principe , opèrent des
végétations matérielles en un temps plus court
que celui qu’emploie la Nature pour la reproduction des siennes. Secondement , dans la nubilité précoce des animaux qui habitent les cli-*
mats voisins de l’Equateur j enfin dans l’altéraII. partie. ( B ) tion
j8 Tableau
3tion que la Nature éprouve à mesure qu’elle
s’éloigne de l'époque de sa formation , puisque
par les os énormes & les végétaux pétrifiés qui
nous restent de ces temps anciens , il est: confiant
que les premières productions ont dû être beaucoup plus fortes y plus vigoureuses que celles de
nos jours , & que même par l’épuisement de la
Nature , plusieurs especes , soit aquatiques , foi»
terrestres , se sont perdues.
S’il est: évident que dans tous les genres , les
Principes secondaires sont inférieurs aux Principes primitifs , pourquoi donc les assimiler ?
pourquoi vouloir égaler des Agens si disproportionnés : & ceux qui prononcent d’après de
semblables calculs , ne sont-ils pas exposés à des
faux résultats.
La lenteur des reproductions journalières de la
Nature ne doit donc rien faire contre l'activité
des Agens qui ont dirigé l’origine des choses &
toutes les productions primordiales.
Quand les Observateurs veulent considérer
l’origine de ces substances calcaires qu’ils appercoivent sur toute la surface de la terre , elles
» '
présentent deux difficultés ; l’une relative à leur
énorme multitude , & l’autre aux temps qui
ont été nécessaires pour les consolider & les
convertir en pierres.
Mais
» Nature u
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