1Car , lorsque dans la fuite cette même loi a
Condamné le Peuple Hébreu , & ceux de ses Chefs
qui sacrifioient sur les hauts lieux , elle ne prétendoit pas précisément parler des montagnes , mais
de certains objets de la Nature auxquels les hommes ont trop souvent donné une confiance aveugle , & qui ayant commencé par servir d’instru*
mens au Sabeisme , ont fini par engendrer les abus
de l’Astrologie judiciaire.
/
Des altérations aussi grandes se sont introduites dans les Sciences des Hébreux. On en
trouve la preuve dans les eaux de jalousie , par
lesquelles le Prêtre s’assuroit du crime ou de
l’innocence de la femme accusée d’adultere. Ces
épreuves , dénuées de la Vertu supérieure de
l’homme , dont le Prêtre est censé particuliérement revêtu , paroissent fulpecles , & ne présentent à l’esprit que le prestige & l’imposture : mais
lorsqu’on s’élève jusqu’à la nature de l’homme , &
& qu’on réfléchit sur l’étendue de ses droits , rien
n’étonne dans de pareils récits , parce que les
causes fécondés lui sont subordonnées , & qu’il
a le pouvoir d’en diriger les acles à la gloire de
son intelligence , & au maintien de la loi de
Il Partie. ( D ) celui
’jo Tableau
celui qu’il est chargé de représenter sur la Terre»
2Dans la fuite cette vertu fupéricure s’étant afFoiblie parmi les hommes , ils ont néanmoins conservé les formules ; de-là sont venues ces épreuves
de l’eau , du feu , du fer rouge , des bras en
croix , qui ont été pendant long-temps la seule jurisprudence criminelle de plusieurs Peuples ; ces
Peuples mêmes , contenus par la superstition , ou
aveuglés par l’ignorance , ne jugeoient que d’après
les faits , & n’examinoient pas si ceux qui sembloient présider à ces faits , avoient ou non les titres suffisans pour mériter leur confiance , & ils ne
doutoient pas de l’innocence de l’accusé , quand
son courage ou son adresse l’avoient fait résister à
l’épreuve.
Enfin les yeux se sont ouverts , & sur les mensongeres prétentions des Juges , & sur les abus
de cette Justice extravagante : mais les hommes ,
en s’épargnant par-là des crimes atroces , ne se
sont pas avancés davantage vers leur Principe ;
ils ont supprimé les abus , sans rendre leurs pas
plus assurés 5 ils se sont garantis de l’erreur de
leurs Ancêtres ,* & n’en sont pas devenus plus
sages : ils sont même tombés dans un autre
excès ; car n’ayant apprécié ces épreuves que
dans un temps où elles étoient déjà privées de
1 eur base , ils ont cru qu’elles n’en avoient jamais eu.
Il
V A T V R E t: Çl
3îî en étoit aînfl de la lepre : cette maladie étoit
regardes par les Hébreux comme une punition des
fautes contre la Loi : elle ne pouvoit donc être
guérie que par le possesseur ou le dépositaire de la
Loi ; & vraiment , ce privilège ou ce don appartenoit au Prêtre. Quand dans la fuite , l’Art de
guérir n’a plus été l’apanage du Sacerdoce j quand le
Médecin a cru pouvoir cesser d’être Prêtre , les
sources de la lepre sont restées ouvertes , comme
elles le sont toujours , & les sources du remede se
sont fermées. Alors, dans les ténèbres où l’homme
s’est concentré , il a plutét pensé que la lepre étoit
incurable , qu’il n’a vu ce qui lui manquoit pour la
guérir ; de façon que les maux de l’homme ont plus
que doublé ; car il lui reste toujours les moyens
de gagner la lepre , & il ne trouve plus ceux de
ssen délivrer.
V
(Dz)
T iE Sabbat , si recommandé par la Loi des Hébreux se rapporte au Sabbat primitif , soit dans
son nombre , soit par son objet ■ & c’est assurément
dans l’esprit de ce Sabbat primitif, qu’il leur étok
ordonné de ne point semer , ni labourer la terre ,
ni tailler la vigne pendant la septieme année , ou
année sabbatique ; de ne faire même cette année-là
aucune espêce de moisson , ni de récolte ; & de
n’attendre leur subsistance que des productions naturelles de la terre , pour en satisfaire leurs besoins
présens t sans aucune inquiétude pour les besoins à
Venir.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.