1Nous retraçant ensuite la nécessité de la manifestation des lignes visibles des vertus supérieures sur la Terre ; nous retraçant cette loi invariable par laquelle tous les Etres liés au temps ,
soit bons, soit mauvais, ne peuvent rien connoître que par le sensible } nous verrons s’il n’est:
pas naturel d’admettre qu’il doit y avoir une
analogie & une proportion entre ces lignes visibles de tous les genres & les différentes pensées
de l’homme , & que les uns & les autres doivent suivre la même marche & le même cours.
La réflexion des rayons solaires n’est-elle pas
proportionnée & analogue à la nature des substances qui les reçoivent ; nulle lur des surfaces noires , foible sur des fluides sans couleur ,
plus forte sur des fluides colorés , vive sur des solides colorés & compares , immense sur les solides purs & unis comme le verre , comme le diamant ? N’est-ce pas là une preuve parlante,
que les résultats inrelle&uels tiennent à notre maniéré d’être , & qu’ils en réfléchirent nécelfaireNaturel. 2.23
■ment l’éclat ou l’obscurité , la force ou la foiblesse y enfin , les vices & les vertus ?
2Il existe en nous - mêmes un nouvel indice
■de l’existence de ces lignes sensibles. Nous ne
pouvons communiquer aucune de nos pensées 3
qu’elle ne soit précédée en nous d’un tableau
engendré par notre intelligence. Quand nos
pensées sont affives , le tableau qui les représente en nous , est souvent assez sensible pour
nous offrir une forte de réalité ; & dans tous
nos arts d’exprelïion , nous sommes plus ou
moins satisfaits , félon que les traits sensibles ,
fous lesquels on nous peint les pensées , sont
rapprochés d’elles , & qu’ils en marquent le
cara&ere.
Si l’on veut une preuve plus complette encore
de la relation des signes sensibles avec nos pensees , nous la tirerons de l’état aftuel de notre
Etre y & de la loi violente qui l’assujettit.
Car ; s’il est évident que nous ne puissions rien
recevoir dans I’intellectuel que par le sensible ,
& que cependant nous ne doutions pas que
l’intelleffuel de l’homme n’ait reçu , comme il
reçoit tous les jours , des pensées, il résulte que
ces pensées ont pris une modification sensible ,
-avant d arriver jusqu’à lui ; il résulte , en un mot ,
que cette modification ou ce ligne sensible existe
Z24 Tableau
3invisiblement autour de nous , près de nous >
ainsî que la source des pensées ; & que , si au lieu
des pensées secondaires que nous recevons des
hommes , nous nous élevions jusqu’aux pensees
yives & primitives , puisées dans leur source
même , elles seroient nécessairement précédées
des fgnes analogues & vivans qui leur appartiennent , comme les lignes grossiers & conventionnels , tels que l’écriture & la parole , précèdent pour nous les pensées que les hommes
nous communiquent.
Enfin , si l’éducation de l’homme n’étoit pas
si faulfe & si abusive } les fgnes primitifs &
naturels seroient les élémens de son instru&ion *
& il commenceroit le développement de son
existence intelleéluelle , par la perception & la
connoilfance physique de ces lignes , dont le
sens ne lui seroit communiqué que dans un âge
plus avancé.
Quoiqu’on ne puisse appuyer ce principe que
sur un très-petit nombre d’exemples , on auroic
tort d’en nier la certitude. Considerons l’enfant:
débile & concentré dans ses organes : la tendrelfe vigilante de ceux à qui la Nature l’a
confié y emploie tous les moyens sensibles
propres à le soulager ; il en reçoit les effets s
& quoique les personnes qui les lui transmettent 9 & le motif bienfaisant qui les fait
agir;
Na t u r e r. ±if
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.