1Nous devons répéter audi , que la volonté faillie
de l’Etre libre ed la seule cause qui puide l’exclure
de l’harmonie universelle de 1’ Unité , puisqu’il tient
toujours à cette Unité par sa Nature : d’où il réfulre
«que , si tâchant d’imiter les Puissances pures , qui
manifedent devant lui les vertus Divines , sa volonté
s’unilToit à la volonté du grand Principe , il auroit
comme elles la jouilTance de tous ses rapports avec
ce Principe.
11 lui ressembleroit par l’indeflru&ibilité de son
Etre , fondée sur la loi de son émanation ; il seroit
compris dans l’harmonie de toutes les facultés divines ; & parmi toutes les vertus que la Sagede lui
fait manifester y il n’y en auroit point qui ne lui fût
connue & dont il ne pût jouir , autrement il ne connoîtroit pas leur unité.
Car , l’amour du bonheur des Etres étant spécialement de l’edence de la Sagede , quand elle fait
parvenir jusqu’à nous , des puidances fabdivifées , &
la Penne même , son objet n’ed que de nous ramener à cette unité harmonique , dans laquelle seule
tous les Etres peuvent jouir de la plénitude de leur
action.
Elle n’a donc semé pour ainsi dire , toutes
ces vertus autour de nous , qu’afin de nous porter à les recueillir , à les radembler , & à en faire
notre aliment journalier ; en un mot , à en composer nous- mêmes une unité , en rapprochant
les
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2les temps & les distances qui les tiennent éloignées ,
& en écartant d’elles tous les obstacles & tous les
voiles qui les couvrent à nos yeux , & nous empêchent
de les appercevoir.
Ainsi toutes ces vertus Divines , ordonnées par le
grand Principe , pour coopérer à la réhabilitation
des hommes , existent toujours autour de nous ,
près de nous , & ne sortent jamais de l’enceinte
où nous sommes renfermés ; comme les productions
de la Nature élémentaire environnent continuellement nos corps , & sont toujours prêtes à nous
communiquer leurs propri^t^s salutaires , à nous
guérir de nos maladies , & même à nous en préserver , si nos vues fausses , & contraires à cette
Nature , ne nous éloignoient pas li souvent de la
connoissance de ses trésors, & des fruits qu’elle pourroit nous procurer.
Ainsi , sans les obstacles que nous opposons nousmêmes aux aCtions bienfaisantes du grand Principe ,
il n’y auroit pas une de ces vertus , que nous ne puissions cueillir & nous approprier , si l’on peut ainsi
s’exprimer , comme nous pourrions nous approprier
toutes les vertus des substances salubres de la Nature
élémentaire.
Ainsi , sans la dépravation ou la foiblesse de
notre volonté , nous ne ferions séparés*qu’en apparence ; de tous ces Etres , de tous ces Agens.
( L 4 ) salutaires r
i68 Tableau
Salutaires , dont les bienfaits sont consacrés dans les
différentes Traditions $ & nous ferions près d’eux
en réalité.
3Toutes les œuvres de ce grand Principe nous
seroient présentes y & depuis le commencement
des temps jusqu’à nous , aucun Etre , aucun nom ,
aucune puissance , aucun fait , aucun Agent ne
nous demeureroit inconnu : de façon que ces
Elus qui ont opéré sur la terre cette fuite de
faits transmis jusqu’à nous par les Traditions des
Peuples , que tontes leurs lumières , leurs connoissances , leurs noms , leur intelligence , leurs
actions ne formeroient pour nous qu’un seul tableau , qu’un seul point de vue y qu’un seul ensemble , dont tous les détails seroient destinés à
notre inftruriion & fournis à notre usàge. Ce qui
démontre combien les Livres seroient inutiles , si
nous étions sages ; car les Livres ne sont que
des recueils de pensées , & nous .vivons au milieu
des pensées.
En effet , si tout est essentiellement lié , inséparable , iridivifible , comme provenant de
l’essence Divine ; si toutes les vertus qui émanent
du grand Principe , sont toujours unies & dans
une parfaite & intime correspondance , il est
évident que l’homme ne pouvant anéantir ni
changer f£ propre nature , qui le lie néceffaireîpçnt à l’unité univçrfdle „ est sans cesse au
milieu
Naturel. 169
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.