1Cependant nous les voyons conserver leur
niftance de ce centre , s’en approcher tantôt
plus , tantôt moins , félon des loix régulières ,
& ne jamais le toucher , ni s’unir à lui.” *
,, Envain l’on oppose l’attraction mutuelle de
ces Astres planétaires , qui fait que se balançant
les uns par les autres ? ils se soutiennent mutuellement & réfifient tous par-là à l’attraûion centrale ; jl resteroit toujours à demander, pourquoi
l’attra&ion mutuelle & particulière de ces Astres,
ne les joint pas d’abord les uns aux autres, pour
les précipiter tous cnfuitcvers le centre commun
Naturel. ÿ
de leur attra&ion generale ; car si leur balancement & leur soutien dépend de leurs diftérens
afpeéfs , & d’une certaine polit on refpeéfive ; il
est sur que par leurs mouvemens journaliers cette
position varie , & qu’ainsi depuis long-temps ,
leur loi d’attraûion auroit du être altérée , de
même que le phénomène de permanence qu’on
leur attribue.”
,, On pourroit avoir recours aux Eto les fixes ,
qui , malgré l’énorme distance où elles sont des
autres Astres, peuvent influer sur eux, les attirer
comme ceux-ci attirent leur centre commun , &
les soutenir ainsi dans leurs mouvemens. Cette
idée paroîtroit grande , sage ; elle sembleroit entrer naturellement dans les loix Amples de la saine
physique. Mais dans le vrai , elle ne seroit que
récuîer la difficulté.”
2y y Quoique les Etoiles fixes paroissent conserver la même position , nous femmes si éloignés
d’elles , que nous n’avons sur ce point qu’une
science de conjecfure.”
,, En fécond lieu , quand il seroit vrai , qu’elles
sont fixes , comme elles le paroissent , on ne pour- -
roit nier , qu’en différent endroits du Ciel , il
n’ait paru de nouvelle Etoiles , qui ensuite ont
ceffé de se montrer ; & je ne cite que celle qui
fût remarquée par plusieurs Astronomes en 1 572,
dans la constellation de Cassiopée ; elle égala
A 4
8 Tableau
d’abord en grandeur la claire de la Lyre , puis
Sirius , & devint presque aussi grande que Venus
Périgée , de forte qu’on la voyoit à la vue simple en plein midi. Mais ayant perdu peu à peu
sa lumière , on ne l’a plus revue. D’après d’autres
observations , on a présumé qu’elle avoit fait des
apparitions précédentes , que sa période pourroit
être de trois cents & quelques années, & qu’ainsi
elle pourroit reparoître sur la fin du dix-neuvieme
siecle.”
,, Si nous observons de telles révolutions de
tels changemens , parmi les Etoiles fixes , on ne
peut douter que quelques-unes d’entr’elles n’aient
un mouvement. 11 est certain aussi que la variation d’une seule de ces Etoiles doit influer sur la
région à laquelle elle appartient , & y porter assez de prépondérance pour en déranger l’harmonie locale.”
3,, Si l’harmonie locale peut se déranger dans
une des régions des Etoiles fixes , ce dérangement peut s’étendre à toutes leurs régions. Elles
pourroient donc cesser de garder constamment
leur position refpeflive , & céder à la force de
l'attraction générale qui les réunifiant comme
tous les autres Astres à un centre commun y
anéantiroit successivement le systëme de l’Unive- s.”
,, On ne voit point arriver de semblables déNaturel. $
faftres; &si la Nature s’altere , c’elî d’une maniéré lente , qui laisse toujours un ordre apparent régner devant nos yeux. Il y a donc une
force physique invisible , supérieure aux Etoiles
fixes, comme celles-ci le sont aux planettes, &
qui les soutient dans leur espace , comme elles
soutiennent tous les Etres sensibles renfermés
dans leur enceinte. Joignant donc cette preuve
aux raisons d’analogie que nous avons déjà
établies , nous répéterons que l’univers n’existe
que par des facultés créatrices 3 invisibles à la
Nature, comme les faits matériels de l’homme ne
peuvent être produits que par ses facultés invisibles • qu’au contraire les facultés créatrices de l’univers ont une existence nécessaire & indépendante
de l’univers , comme mes facultés invisibles existent nécelTairement & indépendamment; de mes
œuvres matérielles. ”
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.