1La Divinité , qui présidoit à la fois aux
Cicux , à la Terre & aux Enfers , annonçoit le
triple & quadruple lien qui unit routes les parties de
l’Univers ; lien dont la Lune est: pour nous le ligne
réel , parce qu’elle reçoit l’action quaternaire du
Soleil , parce que non seulement se trouvent rafTetnblées en elle , les vertus de tous les autres astres ,
mais encore parce qu’habitant les deux comme
eux , elle porte en outre son aélion direste sur la
terre & sur les eaux , qui sont l’emblème sensible
des abymes.
C’est sans doute en raison de cette grande
vertu que les Néoménies ou nouvelles Lunes furent si célébrées parles Anciens. Comme la Lune
étoit le char & l’organe des actions fupéricures à
elle , il n’écoit pas étonnant qu’on honorât Ion
retour par des réjouiftaqces. Et si les Anciens
n’avoient;
lfo T A B L E A T f
n’avoient considéré ce retour que par rapport à la
lumière élémentaire , ils n’auroient pas institué des
Fêtes pour le célébrer.
Au reste cet usage étoic d’autant plus naturel ,
que dans une Langue primitive , dont nous ne tarderons pas à nous occuper , les mots planète &
influence sont synonymes.
2Enfin le fameux Caducée , séparant deux serpens qui se battent , est une image expressive &
naturelle de l’objet de l’existence de l’Univers ;
ce qui se répété dans les moindres productions
de la Nature , où Mercure maintient l’équilibre
entre l’eau & le feu , pour le soutien des corps ,
& afin que les loix des Etres étant à découvert aux
yeux des hommes , ils piaffent les lire sur tous les
objets qui les environnent. L’emblème du Caducée
que la Mythologie nous a transmis , est: donc un
champ inépuisable de connoissances & d’instructîon ; parce que les vérités les plus physiques peignent à l’homme les loix de son Etre intellectuel &c
le terme auquel il doit rendre pour recouvrer son
équilibre.
Ceci nous mene aux symboles & aux hiéroglyphes , qui par leurs rapports appartiennent ,
comme tous les autres emblèmes , aux Lignes des
pensées diverses dont nous avons reconnu que
l’homme est: susceptible ; & qui, dans les faits
fenfibies ,
Nature tT. 2.^ï
sensibles , doivent montrer à l’homme le vrai tableau de l’état de Ton Etre intellectuel.
3Si l’homme a pu avoir ici - bas des preuves
sensibles de l’existence des Puissances suprêmes ;
si à plus forte raison il a pu en avoir de celle des
Puiiïances inférieures qui composent toute la
Nature , & sont comprises dans son Domaine ,
il y a donc , non seulement pour toutes les classes
intellectuelles , mais encore pour tous les Etres
physiques de la Nature géne'rale & particulière ,
des lignes analogues & fixes , qui dirigent
l’homme dans la carrière de son instruction J
autrement sa science seroit dénuée de base &c
d’appui.
Par conséquent les lignes & les hiéroglyphes
relatifs à la Nature physique , n’ont pu dépendre
de la convention arbitraire de l’homme , comme
le prétendent les personnes qui ne marchent
point par des Jèntiers solides , & qui se rendent
aveuglément aux premières opinions qu’on leur
présente.
Et la preuve que ces lignes sont indépendans
de nos conventions ; c’cfl qu’avec des lignes arbitraires , l’homme ne pourroit former que des hiéroglyphes morts & sans -vertu , & que dès-lors ils
seroient nuis & impuissans pour représenter la
Nature, où tout effc vivant.
Il faut donc que les objets naturels eux-
. mêmes
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The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.