1plus agir que dans l’infini , & par coriféquenC
hors des bornes matérielles , particulières 3c générales. Et en effet , voici le tableau du cours
progressif de l’homme intellectuel ; dans l’enfance il ne pense point , à cause de son corps ,
dans la jeunesse il pense par le corps ; dans l’âge
mûr il pense avec le corps ; dans la vieillesse il
pense malgré le corps ; après la mort il pense
sans le corps.
C’est cette instruction qu’on ne peut pas
taxer de vouloir dominer sur la croyance des
hommes ; puisqu’elle les engage , au contraire ,
à ne pas faire un pas sans examen : c’est cette
doctrine y qui montrant dans l’homme les vestiges & les ruines d’un magnifique Temple ,
lui présente toutes les actions de la Sagesse &
de la Vérité , comme tendant sans cesse à le
relever sur ses fondemens ; qui lui apprend que
les voies tracées par les hommes éclairés, ou les
Elus g'néraux , lui sont nécessaires dans le
moyen âge de sa réhabilitation ; mais que les
vraies lumières qui conviennent à chacun en
particulier , arrivent par un canal plus naturel
encore , & à convert de toute illusion , quand
l’homme a fait long-temps une abnégation ab_
foîue de lui-mème , qu’il ne s’est point rempli
de sa propre fufîifance , qu’il n’a point été sage
à ses propres yeux & que comme la fille de
Jephté ,
Naturel. 119
Jephté , il a pleuré sincérement sa virginité.
2C’est cette instruction qui lui démontre que le
crime de l’homme a fait subdiviser relativement
à lui tontes les vertus , dont il pouvoir autrefois
contempler d’un coup d’œil le vaste emsemble ;
mais que la nature des Etres étant indélébile ,
dès que l’homme est l’expreiïion caractéristique
du Principe suprême , il faut éternellement que
cette loi opéré.
C’est cette instruction qui le porte à reconnoître
que la multitude de faits , d'actions , d’ A gens ,
de vertus répandues dans l’Univers , suivant les
Traditions de tous les Peuples , ne sont que
l’exécution même de cette loi coéternelle & indeftrudible , qui ayant constitué l’homme , l’accompagne y & l’accompagnera à jamais dans tous les
instans de son existence.
Enfin , c’est cette instruction qui lui fait considérer tous les faits de la nature , comme l’expression de sa véritable science , & de la sublimité
de ses fonctions primitives , ainft qu’on peut le
voir dans l’arc-en-ciel ; phénomène qui est formé
par la réflexion des rayons solaires y comme les
vertus intellectuelles sont des rejles de V Achon
du Dieu suprême , qui ne paroiflant que lorflqu’il y a des nuages , semble poser la borne
entre leur ténébreux cahos , & le séjour de la
lumière , qui porte un nombre régulier dans ses
( H 4 ) couleurs ,
i&o Tableau
3pouleurs : qui se présente fous la forme d’une
circonférence tellement subordonnée à l’homme ,
que celui-ci en occupe toujours le centre , £c s’en
fait suivre à tous les pas : qui offre par-là à ses
yeux un tableau immense , où il peut voir quels
étoient ses premiers rapports avec l’unité , avec les
A gens fournis dont il disposoit à son gré , &
avec le séjour du désordre & de la confusion
dont ces Minières fideles le tenoient soigneusement séparé : qui , en un mot , présente un
tableau si fécond , que la Sagesse ne pouvoir
pas choisir un plus bel emblème , quand elle
voulut , lors du Déluge , annoncer ces vertus
supérieures & universelles dont elle a fait de tout
temps les organes & les lignes de son alliance avec
l’homme.
Ceux qui , avec une do&rine aussi sublime ,
se présenteroient peur nous guider dans la carrière de la vérité , pourroient mériter notre confiance : car sJil arrivoit que leur marche ne fût
pas conforme à leurs principes , ces principes
seuls nous auroient assez ouvert l’intelligence
pour que nous fentifîions le faux de leur marche ,
& que la pureté de nos desirs rendit leurs efforts
impuissans.
Ils méiiteroicnt d’autant plus cette confiance ,
s’il nous apprenoient à difeerner la science
d’avec
Naturel. m
d avec la sagesse , qui est le complément & le
but de toute science.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.