1Le triangle , étant le symbole universel des
loix particulières qui ont produit les corps , doit
s’appliquer au corps de l’homme , quant à ses
principes constitutifs , comme à tous les autres
corps.
La figure cruciale étant l’emblème du feu , du
centre , du Principe , convient à l’Etre intelleèluel
de l’homme , puisqu’il tient directement au centre
du Principe supérieur & universel de toutes les
Puissances.
En réunifiant ces deux signes dans l’ordre
meme où les Chymiftes les emploient , c’est - àdire , en plaçant le triangle au-dessùs-de la figure
cruciale
on a d’une maniéré évidente &
sensible , le tableau des deux substances opposées
qui nous composent , & en meme temps celui
de l’imperfection de notre état actuel , où l’Etre
pensant se trouve surmonté & comme enfével?
fous le poids de la forme corporelle ; tandis qu’étant destiné par sa nature à régner & à dominer
sur elle , cette forme devroit lui être absolument
subordonnée : & voilà comment toutes les loix
des Etres pourraient tourner à notre instru&ion.
(R 3) On
2.6l Tableau
On peut même trouver là une nouvelle preuve de
la nécertité des manifestations supérieures , pour
aider l’homme à se rétablir dans son ordre naturel ,
& afin que notre essence intellectuelle , étant remise dans son rang primitif & supérieur à la matière , l’édifice qui avoit été renversé suivant cette
figure
O
4^ ’
se trouvât relevé ainsi
$
2On peut remarquer enfin que dans la décomposition des corps , leur feu principe , leur phlogistique échappe à tous les moyens corporels employés
pour le contenir. C’est nous retracer visiblement
la distance qui se trouve entre la matière &c
son Principe , & par analogie combien le Principe intellectuel de l’homme est étranger à son enveloppe.
Si des lignes naturels nous partons aux signes
symboliques , nous y découvrirons les mêmes lumières.
Les Mythologiftes nous peignent l’Amour
armé de fléchés , & Minerve forçant du cerveau
de Jupiter. C’ert nous rappeller d’un côté que
routes les affections sensibles qui nous viennent
par les objets extérieurs , sont destructives ; & de
l’autre , que la sagesse , la prudence & toutes
les vertus ayant leur siege dans le germe intérieur
Naturel- *6%
3rieur de l’homme , peuvent naître de lui , à l’imitation de l’Etre dont il est l’image de qui produit
tout : c’est - à - dire , que si l’homme intelleftuel
remplissoit sa destination primitive , & qu’il ne
laissât altérer aucune portion de sa substance
immatérielle , il vivroit moins de ce qu’il feroit
entrer dans lui-même , que de ce qu’il en laissïe—
roit émaner par les efforts de son desir & de sa
volonté. Principe juste , vrai, fécond, instru&if,
dans lequel sont renfermés tous les secrets de
la feience & du bonheur. Mais ce qui rend aujourd’hui ff difficile pour l’homme , l’usage de
ce principe , c’est que l’application qu’il en doit
faire , est devenue double & divisée , en ce qu’ell®
doit se rapporter non-seulement aux objets d’intelligence & de raisonnement , dont toutes le*
opérations se passent dans la tête , mais encore à
toutes les affrétions vertueuses de deftr &c d’amour
pour la vérité , qui ont leur siege dans le cœur de
l’homme. Ainsi étant lié à deux centres éloignés
l’un de l’autre , son action est infiniment plus
pénible & plus incertaine que lorsqu’ils étoient
réunis ; d’autant que vu la distance immense qu
les sépare , leur communication peut souvent être
interceptée : & cependant s’ils n’agissent pas de
concert , ils ne produisent que des œuvres imparfaites.
Les Mythologiftes nous peignent un Sphinx
a
164 Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.