1Enfin , l’homme n’est: point le juge de la
priere ; il n’en est que le générateur & l’organe:
& de même que les émanations des corps terrestres , en s’élevant dans les airs, disparoissent pour
nos yeux matériels, & nous laissent dans l’incertitude , tant sur leur cours que sur la place qui les
attend dans l’immensité des réservoirs de la
Nature , de même les prières des hommes , ne
féjournar.t pas sur la terre , deviennent inaccessibles à notre vue , à nos jugemens , & nous ne
pouvons prononcer ni sur leur valeur , ni sur le
cours qu’elles suivent , pour s’approcher de la
lumière , ni sur le rang que le premier des Principes leur dessine autour de son Trône.
Malgré la supériorité d’un culte sur les^-autres
cultes , peut-être la Terre entière p^fticipe-t-elle
aux droits qui distinguent le cultq' parfait ,* peutêtre , chez tous les Peuples, & dans toutes les
institutions religieuses, y a-t-il des hommes qui
trouvent accès auprès de la Sagesse ; & , loin de
vouloir diminuer le nombre des vrais Temples
de l’Eternel , nous devons croire qu’après les
dons universels qu’il a répandus sur notre demeure , il n’est: aucun homme sur la terre , qui
ne pût , s’il le vouloit , servir de Temple à ce
grand Etre. Car en quelque lieu que l’homme
M *
ïS4 Tableau
aille , quelque isolé qu’il foie , ils sont toujoun
trois ensemble ; &. ce nombre est fufhfant pour
confriruer un Temple.
2Cessons donc de juger les voies de laSageffe,.
&de circonscrire des limites à ses Vertus. Croyons
que les hommes lui sont tous également chers j
que si elle en a comblé quelques-uns de ses
faveurs les plus précieuses & les plus gratuites ,
c’est u ne raison de plus pour eux d’imiter son
exemple , en employant envers leurs semblablés , la même indulgence : enfin , que cette
indulgence , qui n’ell autre chose que l’amour
divin , est douce , bienfaisante , & qu’elle ne
proferit point, lors même qu’elle lahfe les Etres
dans la privation.
Eh ! comment cette Vertu pourroit-elle proscrire ? Elle est vivante par elle-même , & elle ne
tend qu’à multiplier à l’infini , l’ordre oc la vie
qui sont en elle. C’est la seule , par laquelle
l’homme puisse acquérir une idée véritable &:
intime de son Etre , tant dans son état actuel ,
i
que dans son état à venir. C’est la seule qui
étende à la fois toutes les facultés de l’homme.
Enfin , c’est la seule , peut-être , par laquelle le
premier de tous les Principes puiife se comprendre
lui-même , & s’assurer de toute sa grandeur.
Du point où nous sommes parvenus , le LeeNaturel. ïô<}
3t-eur petit voir s’étendre le tableau des rapports
qui existent entre Dieu , l’homme & l’Univers j
puisque le culte vrai , & les Agcns prépolés pour
le répandre , n’ont eu pour bue que de rétablir l’harmonie entre ces trois Etres , de montrer à l’homme l’emploi de toutes les substances
de la Nature & leurs propriétés ; de lui peindre vifihlemenc celles qui lont en lui-même ,
& qui combinées avec toutes les autres vertus
naturelles , dévoient être l'image & l’expreiïion
complette du grand Etre dont tout est: defcenau.
Nous ne pouvons méconnoître en effet cette
chaîne immense , qui lie les Etres de toutes les
clalfes , & qui distribue sur chacun d’eux les
Vertus qui leur sont nécessaires.
Dans l’ordre physique , nous voyons les facultés créatrices du grand Principe produire &
vivifier les mobiles de la Nature , & ceux-ci
retracer l’acîivité de leurs modèles jusques oans
les dernieres subdivisions de l'Univers fenfibie ,
céleste & terrestre.
Dans l’ordre supérieur au physique , nous
voyons les vertus pensantes de ce même Principe
uriveriel , le reposer sur des Agens intellectuels ,
d'où elles se transmettent à d> s hommes privilégiés , & à tous les rejetons de la postérité ds
l’homme.
;,j8£ Tableau
Enfin , l’homme lui-même représente en nature cette double activité ; il est un tableau vivant de ces deux loix fécondes qui fervent à substancier tous les Etres.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.