1ïigîir , lui foient inconnus , cela ne détruit point
leur exigence • & il n’en est pas moins certain
que sans elles , jamais l’enfant ne recevroit aucun
secours , aucune sensation favorable. Telle est
I image de ce qui se passe dans l’ordre des pen—
fées j, par rapport aux organes & aux lignes qui
leur sont nécessaires pour parvenir de leur source
jusqu’à nous.
Sans m’étendre davantage sur la nature dé
ces lignes, qui doivent être très - ressemblans à
ceux que nous employons nous-mêmes pour la
communication de nos pensées , puisque nous ne
pouvons rien inventer , nous dirons que s'il y a
une variété extrême entre les pensées de l'homme ,
de même il peut y avoir des différences co ,fidérables parmi les lignes vifibîes qui leur appartiens
nent , puisque ces signes ne sont que les organes
& les modifications des pensées. Alors la proportion que nous avons établie entre les pensées
& leurs lignes analogues , devient encore plus nécessaire & plus indispensable pour éviter la confusion.
i
D’après ces principes , de même que l’enfant
qui commence à croître , commence aussi à appercevoir , quoiqu’obscurément , les objets qui
l’environnent ; de même celui qui par les premiers progrès de se facultés intellectuelles , seroit
L Partit (P) e»
%1 6 T A B I E A t
2en état de commencer à recevoir des pensées }
pourrait appercevoir d’une maniéré incertaine ,
les signes qui les représentent ; mais ces pensées
& ces signes se perfectionnant proportionnellement avec l’âge , comme ses facultés physiques ,
îa * croissance naturelle de son Etre intellectuel
le conduiroit au point d’être favorisé de pensées
Vives , justes , étendues , & d’en recevoir aussi le
ligne analogue • c’est-à-dire , un signe complet de
régularité , avec des traits si parfaits & si
achevés qu’il le prendrait pour un homme accompli , pour un Agent supérieur , pour un Minière de la Divinité ; comme l’homme au sortir
de l’enfance reconnoît visiblement pour des hommes , les agens fenhbles qui ont soulage ses premirs besoins , & ceux dont il tient l'existence &
îa vie.
Celui au contraire qui auroit des pensées j
faufjes , dépravées & malfaisantes , pourrait les ’
distinguer à des fgnes difformes &: assez irréguliers pour qu’ils lui panifient provenir des Agens j
mêmes de l’erreur.
En effet , l’homme étant la plus noble pensée >
de Dieu , il ne devrait pas être étonnant que les \
pensées divines qui viennent jusqu’à lui , eussent '<
des analogies avec la plus belle des formes , qui
est celle de l’homme ; & c’est: ici que s’applique
avec justessè le passage de Sanchoniaton cité précédemment y
iv a t* v à ë h ài j
3fcéciemmerit , dans leqiiel il représente le Dieu
Thot tirant le portrait des Dieux , pour en
faire les caractères sacré> des lettres : car le corps
de l’homme est la plus belle lettre de tous les
alphabets existans sur la Terre , & par cons.'quent
la copie la plus correcte du portrait invisible de la
D.vinité.
On pourrait même étendre cette induCtiori
jusq ties sur la forme des astres qui comme l’homme
sont des lettres vivantes , du grand alphabet ; &
s’ils nous paroident fphériq <es , c’est que telle est
la forme que les objets ont pour l’homme dan£
son enfance , où tout lui paraît égal & uniforme ;
car nous ne pouvons nier que nous ne soyions
ici-bas dans l’enfance , par rapport à la vraie con -
noijptnce des affres.
Enfin , il faut appliquer au développement
de nos facu'té^ intellectuelles , & à toutes les
merveilles qui leur appartiennent , la même progression que celle qui s’observe dans le développement des facultés phyhques de l’enfant.
Il y a une égale fuite de degrés , des ténèbres
: à la lumière , même mélange d’impressions douces & d’impressions fâcheuses , mêmes perceptions
d’objets gracieux & d’objets contraires ou mal-*
t faisans.
Si l’on ajoute à cela , les mélanges qui se sont
dans notre Etre , où les vices s’allient avec les
( P 2 } vertus *
Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.