1lai une virtualité qu’elle n’auroit pas par sa nature ? Cette idée est: d’autant plus vraisemblable
que d’aprcs la connoissance que nous avons de
l'homme , il peut transmettre ses foibles vertus ,
à telle substance qu’il juge à propos $ ce qui dans
le physique , comme dans le moral , a été .malheureusement la source d’un grand nombre d’ilîufions sur la terre.
“ La plus favorable de toutes les substances
de la nature corporelle que le Réparateur eût pu
employer dans le Cuire qu’il venoit établir ,
c’est le froment. Outre ses qualités particulières
qui le rendent propre à la nourriture de l’homme ,
il porte dans la langue Hébraïque le nom de
bar qui exprime aussi la pureté , la purification ,
& sa racine barar ou bar ah signifie un choix ,
une élection , d’où sont dérivés berith , alliance ,
& barouch , bénédiction. D’ailleurs ce n’est pas'
envain que , suivant les Traditions Juives , le
pain , le froment , la fleur de farine parodient
si louvent employés , soit dans les Sacrifices , soit
dans les alliances des hommes avec les Etres
supérieurs , soit dans la préparation que les Hébreux* subissoient pour se dipofer à leurs Fêtes :
& mille preuves tirées de l’ordfe temporel peuvent justifier tout ce que nous venons dire en
faveur de cette substance. ,,
“ Le vin étoic aussi du nombre de celles que
la
'i$8 Tableau
2la Loi religieuse des Hébreux leur prefcrivoie
d’employer dans -leurs ceremonies saintes. Il
n’offre pas cependant des propriétés aussi étendues , ni aussi salutaires que le froment • & la
vigne démontre même par des lignes matériels que l'on nombre elt oppposé à la pureté.
Mais le Régénérateur universel a dû nécessairement employer le vin dans son culte ,
parce qu’il est le type du sang dans lequel nous
sommes renfermés ; qui comme l'iniquité doit
être consommé & djfparoître , afin de nous montrer quelles sont les conditions que la justice exige
pour que les traces de notre privation foient
effacées
Si des hommes séduits par les lueurs spécieuses de leur jugement , étoient choqués de voir
que des substances matérielles tiennent en effet
leur place dans le culte établi par le Réparateur
universel ; s’ils regardaient en conséquence ce
culte , & le sacrifice qui s’y doit opérer , comme
absolument figuratifs , &l comme une simple apparence , ils seroient visiblement dans l’erreur ;
parce que dès-lors ce sacrifice seroit nul , & par
cela même inutile aux Etres vrais pour Iefquels il
doit être offert.
D’un autre coté , si l’esprit de l’homme voulant contempler les droits de cet affe efficace &
ïéel ; ne les cherdioit que parmi Us nombres pass
Ms>
NATUREL-. i S9
3fifs , n’y auroit-il pas à craindre qu'il ne trouvât
alors que l’apparence de la réalité , au lieu de la
réalité même ? ne perdroit - il pas de vue les
fruits essentiels de ce culte qui doit rétablir tous
les nombres dans leur ordre naturel , afin que
nous voyions à la fois , dans le même a&e , se
manifester la sublimité des nombres vrais , disparoître la nullité des nombres passifs , & rectifier
l’irrégularité des nombres faux ; c’est-à-dire que
dans cet acte , la plénitude des nombres doit se
déployer devant l’homme, pour effacer la difformité qui réfjlte de leur séparation.
Enfin y auroit-il du danger à croire que dans
Cet aéte à la fois corporel , spirituel & divin ,
dans cet acle qri ne tend qu’à délivrer l’homme
de tout ce qui est far.g & matière , tout dût
être esprit & vie comme celui qui l’a institué , & qui le vivifie , & comme l’homme qui
doit y participer ? Mais s’il cfi: certain que ce
Culte doit exister sur la terre , c’est: à ceux qui
en sont les dépositaires à prononcer.
Bornons - nous à recor.noître que toutes les
autres parties d’un Culte qui n’est qu 'esprit
& VIE , doivent tendre à nous éclairer dans nos
ténèbres. Il faut qu’elles foient comme une interprétation sensible des plus grandes vérités que
l’homme puisse connoître , & qui lui sont vraiment analogues. Il faut que ce Culte considéré
dans
iço Tableau
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