1Tout se réunit ici pour démontrer la supériorité de l’homme , puisqu’il trouve dans ses propres
facultés, de quoi s’élever jusqu’à la démonstration
du Principe actif & invisible dont l’univers reçoit
l’existence & ses loix ; puisque dans les œuvres
même matérielles qu’il a le pouvoir de produire ,
il trouve la preuve que son Etre est d’une nature
impérilTable.
Qu’on n’oppose point à ces réflexions ; les aétes
*0 Tableau
sensibles & matériels qui sont communs â
l'homme & à la bëte. En parlant de ses œuvres,
nous n'avons point eu en vue ces a&es naturels
qui l’assimilent aux animaux , mais ces a&es de
génie & d’intelligence , qui le distingueront toujours par des cara&eres frappans & par des figneî
exclusifs.
K* i —
Cette différence de l’être intesse&uel de l’homme d’avec son être sensible , ayant été démontrée
avec une entière évidence , dans l’écrit dont j’ai
tiré l’épigraphe de cet Ouvrage, nous nous bornerons à faire remarquer ici , que nous ne pouvons faire exécuter la moindre de nos volontés ,
sans nous convaincre que nous portons par-tout
avec nous-mêmes le Principe de F être & de la vieOr comment le Principe de F être & de la vie
pourroit-il périr t
2Cependant , malgré ce caractere diftinéHf ,
l’homme est dans une dépendance absolue ,
relativement à ses idées physiques & sensibles.
On ne peut nier qu’il ne porte en lui toutes les
facultés analogues aux objets qu’il peut connoître ;
car que sont toutes nos découvertes , sinon la
vue intime & le sentiment fccret du rapport qui
existe entre notre propre lumière & les choses
mêmes ; néanmoins nous ne pouvons avoir l’idée
d’aucun objet sensible , li cet objet ne nous communique ses impressions ; & nous en avons la
Il
Naturel.
preuve en ce que le défaut de nos sens nous
prive, soit en entier, Soit en partie , de la connoissance des objets qui leur sont relatifs.
Il est vrai que souvent , par comparaison, par
la seule analogie, les idées premières nous conduisent à des idées fécondés , & que par une forte
d’induction , la connoissance des objets présens
nous fait former des conje&ures sur des objets
éloignés ; mais alors nous Sommes encore fournis
à la même loi, puisque c’est toujours le premier
objet connu , qui Sert de mobile à ces pensées , &
que sans lui , ni l’idée Seconde , ni l’idée première
n’auroient été produites en nous.
11 est donc certain , qu’en ce qui concerne les
objets sensibles & les idées qui leur sont analogues,
l’homme est dans une véritable Servitude ; principe dont nous tirerons dans la fuite de nouvelles
lumières sur sa véritable loi.
3Indépendamment des idées que l’homme acquiert journellement des objets sensibles } par
l’action de ces objets sur les Sens , il a des idées
d’une autre classe ; il a celle d’une loi , d’une
Puissance qui dirige l’univers & ces mêmes objets
matériels; il a celle de l’ordre , qui doit y pre'sider;
il tend enfin , comme par un mouvement naturel , vers l’harmonie , qui Semble les engendrer &
les conduire.
ti Tableau
Il ne peut se créer une seule idée; & cependant il a celle d’une force & d’une sagesse supérieure , qui est à la fois comme le terme de toutes
les a&ions & de toutes les loix , le lien de toute
harmonie , le pivot & le centre d'où émanent &
où aboutissent toutes les Vertus des Etres. Car tel
est le véritable résultat de tous les systêmes 9 de
tous les dogmes , de toutes les opinions , même
les plus absurdes , sur la nature des choses & sur
celle de leur Principe. Il n’est aucune doctrine 9
sans en excepter l’Athéisme , qui n’ait pour but
cette étonnante Unité , comme nous le verrons
dans la fuite.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.