1apprendre que loin de borner la Langue hébraïque à un sens particulier & littéral , elle est si
vaste , que pour la saisir dans son véritable esprit ,
on ne doit s’occuper qu’à l’étendre ; car dans l’ordre
vrai , c’est au sujet & à l’intelligence à mener les
Langues , & non aux Langues à mener l’intelligence
& le sujet.
Il eût été , enfin , plus utile de nous enseigner
que tous les Etres corporels sont chacun un symbole d’une faculté invisîble qui leur est analogue. Alors on pourroit prendre l’idée de la force
dans le taureau , celle de la douceur & de Y innocence dans l’agneau , celle de la putréfaction &
de Y iniquité dans le bouc , & ainsi de toutes les
especes d’animaux , & même de toutes les substances qui étoient offertes en nature dans les sacrifices.
Peut-être qu’avec cette attention on seroit déjà
parvenu à percer le voile. Car il se peut que l’espece d’animal sacrifié fût le signe physique de la
faculté qui lui correspond ; &: que la quantité ou
le nombre de victimes fût l’expression allégorique de
cette faculté même , que le Sacrificateur cherchoit
à combattre , si elle étoit mauvaise ; qu’il s’efforçoit ,
au contraire , d’obtenir du souverain Etre , si elle
étoit pure ; ou enfin , dont il lui rendoit hommage
lorsqu’il l’avoit obtenue.
Naturel.
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1 6.
2Parmi les objets importants que les Traditions
nous présentent , il n’en est: point qui doivent nous
intéreflfer davantage que l’élection de ces Justes ,
suscités par la Sagesse divine , qui ne pouvant abandonner les hommes , puisqu’ils doivent être les signes
de sa gloire , leur en pre'fente de temps en temps des
modèles.
Aucun de ces types n’a été plus relTemblant
que le juste Elie , dont le nom embrasse toutes les
classes d’Etres supérieurs à la matière , & qui
s’est fait connoître par les a&es les plus extraordinaires. Mais c’est parce qu’il participoit à la
force du Principe de toutes choses , que l’étonnement doit cesser à la vue de semblables faits. S’il
tenoit à l 'Etre qui a tout produit , à la source
d’où découlent tous les signes sensibles matériels
ou immatériels qui sont en a&ion dans l’univers ,
quelle difficulté y auroit-il que , fous le ligne
d’un Corbeau , il eût reçu sa nourriture d’une
main supérieure ? Quelle difficulté qu’il ait dévoilé l’imposture des Prêtres de Baal , en manifestant
75 Tableau
se fiant les forces du vrai Dieu ? Quelle diffi -
culté même qu’il ait» rendu la vie à un cadavre
puisqu’il agissoit par ce meme Dieu qui l’avoî
donnée.
3Ne soyons donc plus surpris des droits qu
lui furent accordés pour multiplier les alimen
de la veuve de Sarepta , pour contenir ou faire
tomber à son gré les pluies & les rosées , poiu
consumer par le feu du ciel les Capitaines d’Ochofias : car si nous ne perdons point de vue les
desseins de la Divinité sur nous , si nous liions
le livre de l’homme , nous y trouverons les élémens de toutes ces merveilles.
On voit même ici quel avantage c’est pour
nous d’être toujours fortement unis par la pensée ,
par le desir , & par l’a&ion , aux vertus de ca
Etres privilégiés , puisque le fidele Disciple
successeur d’Elie a répété presque tous les prodiges de son Maître.
Mais une des belles instructions qu’Elie nous
ait laissée , c’est lorsqu’étant sur la montagne , il
reconnut que le Dieu de l’homme ne se trouvoit
ni dans un vent violent , ni dans le tremblement de
Voir , ni dans le feu grojfier & dévastateur , mais
dans un vent doux & leger qui annonce le calme
& la paix dont la Sagesse remplit tous les lieux
qu’elle approche ; & en effet , c’est un Jlgr.e des
plus surs pour démêler la vérité d’avec le mensonge.
Les
N at zr as II 79
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.