1C’est pour csîa qu’au milieu de tous les fléaux
qui ont. fbivi les différentes prévarications de la
postérité de l’homme , & que la Nature a pu ressentir jusques dans ses Principes fondamentaux , les
Livres hébreux qui en ont conservé les récits ,
présentent des vertus pui liantes , rnifes en action
successivement pour réparer les désordres ; on y
voit à différentes époques , des Etres virtuels ,
dont les uns agifîent sur l’eau , les autres sur le
feu , d’autres sur la terre , & qui répètent dans
ces régénérations particulières , ce qui s’étoit paflé
lors de la régénération primitive , où avant de
réhabiliter l’homme , il falloit rétablir son domaine.
Le
Naturel:
Le premier exemple que les Traditions hé-s
braïques nous offrent de ces vérités , est le récit des prévarications anciennes } où les Nations
entières des premiers temps sont présentées comme livrées à l’empire des sens matériels , au poinl
d’avoir corrompu toutes les voies de la Nature ,
& d’avoir mérité d'ëtre punies par l’élément de l’eau.
C’est en même temps le tableau des moyens
que la Sagesse suprême employa alors pour conserver sur la terre un asyle aux vertus de l’homme juste , & à celles de tous les Etres de la
création.
2Plus l’influence générale des crimes de l’hommè
sur l’élément de l’eau paroît étonnante , plus on est
forcé de convenir qu’il n’y a que la grandeur de son
Etre qui puisse résoudre ce problème. Sa sublime
origine est: un témoignage véridique de l’étendue
de ses droits ; car fl l’on ne met point de terme à
ses vertus , ni par conséquent aux fruits qui en sont
la récompense , on n’en doit pas mettre à ses prévarications , ni aux fuites qui doivent naturellement
les accompagner.
De même que l’homme peut exercer l’empire de
ses droits légitimes , & obtenir de la Nature entière
les hommages dus à un Souverain ; de même il peut
montrer les Agnes d’un traître , d’un rebelle , &
attirer sur lui la rigueur de toutes les Puissancas
qu’il auroit voulu usurper.
Qu’on
I
T A B L E A TJ
Qu’on ne s’arrête donc point exclu si vement au#
crimes charnels des premières Postérités. de l’homme , si l’on veut découvrir la vraie cause du déluge : il y a une trop grande disproportion entre
l’influence de ces fortes d’excès for la diflolutiort
des corps , & ce phénomène deftrudif que l’Ecrivain nous peint comme produit par le concours de la Nature entière : le dépériiïement
corporel de l’individu qui s’abandonne à ces excès , étant sa punition naturelle , la justice supérieure se trouve satisfaite , sans qu’elle ait besoin d’étendre l’action des élémens primitifs unîversels.
3Il faut donc admettre que ces premières Postérités ont pu se livrer à des égaremens plus considérables , & à des ades criminels assez puissans
pour attirer sur elles des fléaux sans bornes & sans
mesure. Si le premier crime de l’homme l’assujettit aux élémens , & le plongea dans l’immense région des actions sensibles & confuses , quelle erreur
y auroit-il à croire que par de semblables crimes ,
il eût pu s’exposer de nouveau à la fureur de ces
élémens ?
La seule différence qu’il faut observer , cest
que l’homme primitif, n’étant pas encore maté-'
rialisé lors de son premier crime , ressentit l'action du Principe même des élémens ; au lieu que
dans les prévarications de sa postérité , les élémens
-Naturel. 31
mens n’ont pu opérer sur l'homme que par leur
a&ion grolïiere , parce qu’il est lui-même corporisé grossiérement. Or , d’après toutes les notions
physiques qui ont été présentées dans cet écrit ,
on doit savoir que la première apparence de la
corporation des choses grossieres & sensibles ,
c’est l’eau.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.