1Enfin , s’il efî: permis à tous les Observateurs
d’y chercher des rapports avec la classe des choses qui leur sont connues , la raison défend d’étre
assez aveugle pour n’y voir rien au-delà , & pour
réduire à un objet inférieur & borné , des emblèmes qui peuvent avoir un but plus vaste & plus
élevé : elle s’oppose , bien plus encore , à ce
qu’on donne à ces traditions & à ces emblèmes ,
un sens & des allusions qui n’ont jamais pu leur
convenir.
Ce sont ces applications fausses & rétrécies que
nous nous proposons de détruire , afin d’élevcr la
pensée de l’homme à des interprétations plus justes , plus réelles &: plus fécondes.
Cependant y pour ne point nous écarter de notre marche , à laquelle ces remarques ne sont
qu’accessoires , nous nous bornerons à examiner
les deux principaux systêmes mythologiques ; ce
qui suffira pour fixer l’opinion que l’on doit avoir
de tous les autres.
Le premier de ces systêmes présente dans toutes les Fables de l’Antiquité , les emblèmes de*
Naturel: zof
travaux champêtres , les indices des temps & des
faisons propres à l’Agriculture, & toutes les loix,
<jue la Nature terrestre & céleste est forcée de
îuivre } pour 1 accroissement , l’entretien & la vie
des produirions végétatives.
2Ce systéme une fois conçu par les Observateurs , ils ont fait des efforts étonnans pour le
justifier , & pour y trouver des rapports avec tous
les details de la Mythologie : mais pour en appercevoir le défaut , la plus legere attention sera
suffisante.
aucun temps , chez aucun Peuple , on n’a
Vu faire usage de figures plus belles & plus nobles
que les choses figurées. Ne seroit-ce pas renverser toutes les notions que nous avons de la marcne de 1 esprit de 1 homme , que de prétendre
qu il a employé le supérieur pour emblème de
J inferieur , & qu il a imaginé des symboles & des
hiéroglyphes plus élevés & plus spirituels que
i’objet qu'il vouloir désigner.
N’est-il pas certain , au contraire , que le vrai
but de l 'emblème est de voiler aux yeux du vulgaire quelque vérité , dont l’abus ou la profanation seroient à craindre , si elle étoit révélée ; de
faire en forte qu’il soit difficile à celui qui
ii’est pas digne de cette vérité , de la découvrir
ou d’y remonter par l’emblème , tandis que ceux
OP* borne heureusement disposés ^ appercevront
2oé> Tableau
d’un coup d’œil tous les rapports qu’il renferme*
N’est-il pas certain aussi que les symboles & les
hiéroglyphes sont des tableaux ou des lignes destinés à rendre sensibles au plus grand nombre les
vérités & les Sciences utiles , & à les faire comprendre à ceux dont l’esprit borné ne pourroit les
appercevoir , ni en conserver le souvenir, sans le
secours de ces lignes grossiers?
3Ces définitions simples démontrent allez que
les emblèmes , les ligures , les symboles ne peuvent
être ni supérieurs y ni même égaux à leurs types ;
parce qu’alors la copie s’éleveroit au delTus de son
modèle , ou pourroit se confondre avec lui : ce
qui la rendroit inutile.
Il suffit donc de comparer la plupart des emblèmes mythologiques avec les types que les Interprètes ont voulu leur donner , pour décider
d’après l’infériorité de ces types , li leur application peut présenter quelque justesse.
Qu’on examine y en effet , ce qui paroîtra plus
noble , plus ingénieux , ou des détails grossiers
& mécaniques du Labourage , ou de ces Peintures vives dans lesquelles on fait jouer toutes les
passions 9 & où l’on personnifie tous les vices &
toutes les vertus.
Qu’on examine en outre , si l’on peut regarder
comme le type de la Mythologie , les constellations célestes & leurs influences sur les corps terNaturel. 2.07
lettres , relativement à la végétation. Cette
opinion présentant la même infériorité du type
à la figure , les mêmes motifs la rendent inadmifîible.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.