1cette loi : c’est enfin la faculté de rester fîdeles à la
lumière qui nous est sans cesse présentée. Cette liberté principe se manifeste dans l’homme , meme
lorsqu’il s’est rendu esclave des influences étrangères à sa loi. Alors on le voit encore , avant de
se déterminer, comparer entr’elles les diverses
impulsons qui le dominent , opposer ses habitudes
& ses passions les unes aux autres, & choilîr enfin
celle qui a le plus d’attraits pour lui.
Considérée comme effet , la liberté se dirige
uniquement d’après la loi donnée à notre nature
intellectuelle ; alors elle suppose l’indépendance y
* l’exemption entière de toute action , force ou influence contraire à cette loi ; exemption que peu
d’hommes ont connue. Sous ce point de vue, où
l’homme n’admet aucun autre motif que sa loi 9
toutes ses déterminations , tous ses ades sont
l’effet de cette loi qui le guide , & c’est alors seulement qu’il est vraiment libre , n’étant jamais détourné par aucune impulsion étrangère de ce qui
convient à son Etre.
Quant à l’Etre principe , à cette force pensante
universelle , supérieure à l’homme , de laquelle
nous ne pouvons surmonter ni éviter l’action , &
dont l’existence est démontrée par l’état passif où
nous sommes envers elle , relativement à nos
pensées ; ce premier Principe a ausîi une liberté qui différé essentiellement de celle des auï6 Tableau
2très Êtres ; car étant lui-méme sa propre loî , il
ne peut jamais s’en écarter , & sa liberté n’est
exposee à aucune entrave ou impulsion étrangère. Ainfiiln’apas cette faculté funeste , par
laquelle l’homme peut agir contre le but même
de son existence. Ce qui démontre la supériorité
infinie de ce Principe universel , & Créateur de
toute loi.
Ce Principe suprême , source de toutes les
Puissances , soit de celles qui vivifient la pensée
dans l’homme , soit de celles qui engendrent les
œuvres visibles de la nature matérielle ; cet Etre
nécessaire à tous les autres Etres , germe de toutes
les a&ions , de qui émanent continuellement toutes les existences ; ce terme final , vers lequel elles
tendent , comme par un effort irrésistible y parce
que toutes recherchent la Vie ; cet Etre , dis-je ,
est celui que les hommes appellent généralement
Dieu.
Quelles que foient les idées étroites que la
grossiere ignorance s’en est formée chez les différens Peuples , tous les hommes qui voudront
descendre en eux-mêmes , & fonder le sentiment
indeftru&ible qu’ils ont de ce Principe, reconnoîtront qu’il est le Bien par essence , & que
tout bien provient de lui ; que le mal n’est que ce
qui lui est opposé ; qu’ainsi il ne peut pas vouloir
le
Naturel. . 17
3le mal , & qu’au contraire il procure sans cesse à
ses productions, par l’excellence de sa nature,
toute l'étendue de bonheur dont elles sont fufcep'ibles , relativement à leurs différentes cladés ,
quoique les moyens qu’il emploie foient encore
cachés à nos regards.
Je ne tenterai pas de rendre plus sensible la
nature de cet Etre , ni de pénétrer dans le Sanctuaire des Facultés divines ; il faudroit , pour y
parvenir , conncitre quelqu’un des nombres qui
les condiment: or comment seront - il possible à
l’homme de soumettre la Divinité à ses calculs
& de fixer son NOMBRE principal ? Pour connoître un nombre principal , il est nécessaire d’avoir au moins une de ses aliquotes : & quand,
pour représenter l’immensité des Puissances divines , nous remplirions un livre , tout l’Univers,
de lignes numériques , nous n’en aurions pas
encore la première aliquote , puisque nous pourrions toujours y ajouter de nouveaux nombres ,
c’cft-à-dire , que nous trouverions toujours dans
cet Etre , de nouvelles Vertus.
D 'ailleurs il faut dire ici de Dieu , ce
que nous aurions pu dire de l’Etre invidble de
l’homme. Avant de songer à découvrir ses rapports & ses loix, nous avons dû nous convaincre de son exisfence, parce que, être , ou avoir tout
en foi, félon sa classe , ce n’ed qu’une seule fk
B
18 Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.