1née aux Hébreux , ou aux hommes pour l’expiation de leur ame. Expressions assez claires pour
justifier le Légifiateur des Hébreux du reproche
que plusieurs lui ont fait de n’avoir pas distingué
dans l’homme un Erre différent de l’Etre sensible.
Enfin , par les différons campemens & les différons travaux qui suivirent la sortie d’Egypte ,
ce Légifiateur nous peint les différentes suspensions que l’homme doit subir après son passage
corporel , pour réaliser ce qu’il n’a pu connoître
ici - bas qu’en apparence ; de façon que Moïse
seul présente en lui un type entier du cours universel de l’homme , depuis son origine terrestre
jusqu’au terme où sa nature primitive ne celle de
le rappeller.
Nous arrivons à cette époque où la voix divine
se fait entendre aux Hébreux ; où le Légifiateur
écoute lui-même comme tout le Peuple , la parole sacrée qui se communiquoit aux hommes ,
pour leur apprendre à ne se conduire que par
elle , & à ne pas donner leur confiance à des
Dieux étrangers , & à des Idoles qui ne parloient
point. Dans les faits qui se passerent alors , on
voit figurées la première loi de l’homme dans son
état de splendeur, & la fécondé loi de ce même
homme dans un état de réprobation. En effet ,
sa loi première lui fut retirée , dés qu’il s’éloigna
du
Naturel. 47
du centre de la vérité y comme les premières
Tables furent brisées, lors de l’idolâtrie du Peuple Hébreu
2La fécondé loi , quoique contenant les mêmes
préceptes que la première , c’est-à-dire , l’obligation indispensable de manifester les propriétés
de notre Principe , & d’être en quelque façon
l’organe vivant de ses vertus , cette fécondé loi,
dis- je , est: inférieure à la première , & infiniment
plus rigoureuse. Outre l’expérience journalière que
notre situation actuelle nous force d’en faire , nous
en avons un indice dans ces mêmes Tables que les
Traditions hébraïques nous présentent.
Les premières Tables de la Loi sont annoncées comme ayant été non - seulement écrites ,
mais encore taillées de la main de Dieu. Tableau
inttruclif, dont le vrai sens est l’émanation de
l’homme hors du sein de la lumière , sur qui la
même main qui lui donnoit l’être , gravoit à la
fois le nombre , ou la convention sur laquelle
toute sa puisssance & toute sa gloire dévoient être
fondées.
Au contraire > les fécondés Tables nous sont
bien données par l’Ecrivain , comme ayant été
écrites par la main de Dieu , ainsi que les premières ; mais la différence qui se trouvoit entr’ elles , c’est que les dernieres avoient été taillées
de la main de l’homme , & que c’est: sur cette
œuvre
48 * Table au
3oeuvre de l’homme que l'Etre nécessaire , rempli
d’amour pour ses productions , daigna encore graver Ton sceau & sa convention , comme il l’avoit
.fait sur la substance pure dont les premières Tables étoient l’image ; de façon que la loi de
l'homme n’étant pas aujourd’hui gravée sur sa
matière naturelle, opéré en lui cet état violent
& douloureux que tous les hommes éprouvent ,
lorsqu’ils cherchent cette loi avec sincérité , &
qu’ils s’en approchent ; parce que ces pâtimens &
cette irritation sont inévitables entre des Etres hétérogènes.
L’éclat majellueux & terrible qui accompagna
la promulgation de ces leix , nous rappelle le
tableau de l’origine des choses , où le désordre
faisoit place à l’harmonie ; où chaque Etre recevoit son ordre & sa loi j où la lumière mélangée
& comme confondue avec les ténèbres , tendoit
violemment à s’en séparer ; où les criminels qui
dévoient habiter ces ténèbres étoient entraînés
avec les débris de cette effrayante explosion ; &
où ceux qui avoient été fideles à leur Principe } se
rallioient à sa clarté divine , pour y lire les Décrets irrévocables de son éternelle sagesse, & pour
les exercer dans l’Univers.
C’est toujours sur des lieux élevés que ces
grands faits nous sont présentés ; sur des lieux
où l’air étant plus pur ; semble communiquer à
tout
N A T V R E U 4cjr
tout notre Etre , des influences plus salutaires'* &
une existence plus conforme à notre nature & à
notre première destination.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.