1Ainsi y ce Temple de Jérusalem représentoit
non seulement ce qui s’étoit passé aux époques
antérieures , mais il étoit encore un des lignes
fqnfible les plus inftrudifs que l’homme pût avoir
devant les yeux , pour recouvrer l inrelligence de sa
première destination , & celle des voies que la Sagesse avo;t prîtes pour l’y ramener.
11 y trouvoit dans les sacrifices & l’effusion du
•ang des animaux , l’image de ce Sacrifice universel
rue les Etres purs ne celfent d’offrir au souverain
\uteur de toute existence , en employant avec adidré leur propre vie eu leur action , pour le soutien
de sa gloire & de sa justice.
Ajoutons d’avance que tout étant relatif à
l’homme ici-bas , c’étoit par Y homme même que
ce faciifice devoit s’opérer ; les sacrifices d’animaux n’ayant que secor.dairement la faculté de
manifester la gloire du grand Etre. L’homme seul
dans la Nature a le droit de lui offrir des tributs
qui foient dignes de lui : mais étant aujourd’hui
Naturel. yt
à l’extrémité de la chaîne des Etres , il s’élève
fucceftivemenr par leur moyen : en mettant à découvert les vertus des Etres les plus inférieurs , il
peut monter aux vertus qui les dirigent , & parvenir par cette progression jusqu’à une force vivante qui le mette à portée de remplir sa Loi ,
c’est-à-dire , d’honorer dignement son Principe y
en lui présentant des offrandes sur lefquelîes foient
empreints les caracteres de sa grandeur.
2Si le Peuple Juif a eu le dépôt de semblables
instructions ; s’il a possédé un Temple qui semb!e être le hyéroglyphe universel ; si ceux qui y
remplifibient les fonctions , nous sont annoncés
comme dépositaires des loix du culte , & opérant
même tous les faits dont j’ai démontré que la
source étoit dans l’homme , il est probable que le
Peuple Juif est en effet le Peuple choisi par la
Sagesse suprême pour servir de signe à la poftéricé
de l’homme.
D’après cela ne pourrions nous pas croire que
ce Peuple fut mis , préférablement à tous les autres Peuples 9 en possession de ces moyens de régénération dont nous avons parlé , ainsi que de ce culte
apporté nécessairement sur la Terre, pat les Agens,
qui ont été faits dépositaires des vertus subdivisées
du grand Principe ; afin de rendre à l’homme la connoissance de ce Prirutipc .
( E 4 ) Nous
7i Tableau
Nous le croyons d’autant plus , que nous reconnoîtrons dans le culte de ce Peuple , des rapports
avec la vraie nature de l’homme , & avec ses véritables fonctions , comme nous en avons déjà
remarqué entre le Temple de Jérusalem & Pharmonie
de l’Univers.
3On verra que ces ablutions fréquentes , ces préparations soigneuses , ces holocaustes de toute espece ,
soit d’animaux , soit des produirions de la terre , ce
feu sacré toujours éclairant les sacrifices & les
offrandes , étoient des emblèmes très-in ftrudifs de
toutes les fonctions des Etres envers le premier des
Principes , & de la supériorite de ce Principe sur
tous les Etres. L’ordre seul des temps fixés pour
çes différens sacrifices , la disposition de tous les
instrumens qui y étoient employés , la qualité des
Jubjlances qui y entroient , le nombre & l’arrangement des lampes , enfin , toutes les parties de ce
culte , seroient sans doute autant d’indices de quelques - unes de ces vertus supérieures que la Sagesse
avoit subdivisées pour l’homme depuis sa corruption.
Cependant ces objets , qui ont été , pour ainsi
dire , communs à tous les cultes , étant extérieurs
& étrangers à l’homme , ne lui rendoient pas le
sentiment de son vrai caractere. Il falloit donc
l >
que ces grands lignes fussent exprimés par lui ;
qu’ils fussent représentés , nffs en action par des
Etres,
'Naturel. 73
Etres de sa propre espece , afin qu’il eût le témoignage personnel & intime que c’étoit pour une telle
œuvre qu’il avoit été formé.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.