1par la punition des malfaiteurs & par l’asservissement des rebelles. D’autres , enfin , en ont manifesté la bonté , la bienfaisance , par les Sciences
&; les secours qu’ils ont apportés aux malheureux 9
& par les douceurs qu’ils ont fait goûter aux hommes de paix. Et même on peut dire de ces Agens ,
sans excepter ceux dont il est parlé dans les Traditions des Hébreux , qu’ils ne montroient à l’homme que des vertus isolées , temporelles & passageres , & que par conséquent ils ne lui donnoient
point une idée parfaite de son Etre , ni des droits
qui sont attachés a sa nature.
Il lui manquoit encore le complément de cette
connoissance pour concevoir le sens de tous ces
emblèmes greffiers qui avoient bien représenté la
loi de l’homme ; mais qui ne l’avoient représentée que matériellement , au lieu qu’elle devoit l’être
par la vertu de l’homme , par des faits qui émanaffent de lui-même.
Il falloit donc qu’une action puissante
démontrât la réelle & féconde existence de
l’homme , en lui facilitant l’intelligence de son
Etre , & en l’élevant à un état de supériorité , auquel il ne cessoit de tendre , depuis sa chute , par
une loi irrésistible de son essence ; il falloit r
dis-je , une troisieme époque ; il falloit un type
total , qui lui offrît une loi plus simple & plus
une que toutes celles qui avoient précédé ; une
loi
Nat u r e l. 13. $
loi plus analogue à la vraie nature de l’homme ,
dont nous ne cessèrons de défendre la grandeur
& la fublimicé.
2Enfin , il falloit que la Sageiïe fît ouvrir pour la
postérité humaine , une porte de plus que celles
qui sont contenues dans le quarré de la puijffance
de l’homme ; c’est-à-dire , que cette Sagesse devoit faire ouvrir une cinquantième porte , pour
abolir le nombre de servitude opéré par la double
puissance du mal , afin que l’homme , après s’en
être délivré lui-même , pût encore en délivrer
son enceinte \ “ & tel étoit l’esprit de cette loi
hébraïque , qui au bout de cinquante ans rendoit
la liberté aux esclaves , & faisoit rentrer les
biens aliénés dans les mains de leurs premiers
Maîtres. ,,
Par cette vertu nouvelle y non seulement l’homme
devoit voir disparoître en lui les loix de l’inftinét
& des affe&ions des brutes , mais encore y substituer les droits & les affe&ions de l'intelligence.
Non seulement il devoit reconnoître tous les pouvoirs de l’ordre & de la justice , mais encore apprendre à s’élever au dessus de la justice même ,
en se conduisant par une loi bien différente de
celle qui n’avoit été écrite que pour les esclaves
& les malfaiteurs : en un mot y il devoit apprendre à juger de la véritable destination de son Etre ,
qui n’étoit pas fait pour être resserré dans des entraves
)[l6 T A B L E A TT
traves , mais pour faire le bien , comme Dieu par
nature , par amour , & sans être mu par l’appareil des punitions & des récompenses.
3Pendant la première époque de son expiation ,
l’homme } comme l’enfant dans les liens ténébreux
de la matière , éprouvoit sans doute les bienfaits
de la Sagesse. Mais , recevant ces bienfaits , comme l’enfant , sans les appercevoir ni reconnoître
la main qui les repandoit sur lui y il n’étoit que
passif , & son Etre réel & intelligent ne goûtoit
pas encore sa vraie nourriture , qui consiste dans
l’aâivité & la vie.
Dans la fécondé époque y ses facultés plus développées le mettoient à portée de profiter des dons
qui lui sont prodigués. C’étoit alors que des Agens
vertueux & éclairés , placés près de lui , l’affujetiffoient à des sacrifices , pour lui faire comprendre
l’état de violence & de sujétion où toute la Nature
se trouvoit par rapport à lui ; puisque tout donnoit
sa vie pour lui.
Par-là ces Agens l’instruisoient sur la destination des différentes parties de l’Univers. Us lui
apprenoient qu’il n’y avoit pas un seul Etre dans
la création universelle , qui ne fût l’image d’une
des vertus divines ; que la Sagesse avoit multiplié
ses images autour de l’homme , afin que , quand
il les lui présenteroit ; elle fit à leur afpeét sortir
'TV j T v r Ftï ' *>aT
tir d’elle-même une nouvelle onftion J qu’ainsi
elle transmît jusqu’à l'homme tous les secours dont
il a besoin ; & que le modèle s’unifiant à la copie,
l'homme pût les posseder l’un & l’autre.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.