1Mais , si à la rigueur ces questions ne sont pas
au dessus de l’intelligence de l’homme , elles
sont au moins inutiles & souvent très-dange—
reuses pour lui , sur-tout quand il ne les poursuit pas par le véritable fcntier , qui est X action*
Car si cette action est le germe essentiel de notre
réhabilitation , il faut d’abord que ce germe
opéré , pour nous procurer ensuite les connoissances &: les lumières qui sont fts véritables fruits.
Demeurant donc ficeies à cette action , nous
leçon noitrons que c’est: à elle seule à confirmer
toutes les vérités exposées jusqu’ici & à dissiper
toutes nos obscurités,
Rentrons dans notre sujet , & découvrons les
vo es physiques & intesse&uelles par lesquelle«.
les Jblus généiaux ou privilégiés ont été admis
à ce titre mblime.
S’ils n’avoient eu que les secours naturels &
humains cont nous avons parcouru ci-devant le
tableau ; si même ils n’avo.ent jamais eu que les
secours tV. s autres hommes privilégiés comme eux,,
ils n’auroient vu là que des types féconds & inférieur , par leiqueJs ils n’auroient pas découvert
pourquoi l’homme existe. Er ne connoissant point
en o e l<_s Vertus efficaces du grand Principe , il
leur, eût été impossible de remonter au rang fublinre d’où ils étoienc descendus, & Dieu auioit
Naturel. 16 9
porté sur l’homme un décret qui n’auroit jamais
pu s’accomplir.
211 faut donc , félon l’ordre de l’immutabilité
divine , que la Sagesse suprême ait présenté à ces
Elus privilégiés des fgnes actifs , frappans & directs de ces vertus & facultés par lesquelles
l’homme doit commencer le cours de sa régénération.
Enfin , il est indispensable que les Vertus
mêmes de la Sagesse divine se foient rapprochées
de ces hommes privilégiés ; qu’elles leur aient
saic toucher , pour ainsi dire , sa propre substance , afin de leur fournir les moyens de manifester leur action , & de commencer à remplir la
tâche pour laquelle i’s avoient reçu leur existence temporelle.
Nous n’aurons aucun doute sur ces vérités ,
quand nous réfléchirons que les Vertus divines
rayonnant dans tous les sens comme le feu foïaire , sont dans une continuelle activité qui les
fait procéder à la fois dans toutes les progressions
de l’Infini : qu’ainsi il faut nécessairement qu’elles rencontrent l’homme dans leur cours , & que
plus cet homme est analogue à elles y plus elles
tendent à s’unir à lui par les rapports essentiels
de leur nature.
Et c’est là cette réaction , qui indépendamment
de l’univerfahté de Tadion divine ? se prouve e»
i7o Tableau
3particulier sur chacun de nous ; en ce que
l’homme n’ayant pas la pensée à lui , il reçoit
cependant chaque jour des pensées vives & lumineuses. Car fî quelqu’homme se plaint de n’en
pas recevoir de semblables , cette disette n’est
pas un vice de sa nature , mais une fuite de
sa négligence à n’avoir pas saisi les rayons qui
lui avoient été offerts dans son premier âge , &
qui ne s’étoient présentés à lui que comme des
guides , qui dévoient le conduire à la jouissance
habituelle d’une plus grande lumière,
Lorsque nous disons que les Puissances de
Dieu se communiquent indispensablement aux
hommes , nous parlons d’une nécefïïté appuyée
sur les loix fondamentales que Dieu imprime aux
Etres , & sur l’immutabilité de ses décrets. Ainsi
elle ne doit point affaiblir à nos yeux la grandeur
de son amour , & encore moins nous faire croire
que nous soyions dispensés de concourir à l’œuvre
avec lui , comme s’il devoir l’opérer seul & sans
le concours de notre libre volonté.
En faisant une classe à part des Elus généraux ,
qui étant toujours unis avec le grand Principe
même , ne nous biffent point de diftin&ion à
faire entre son Action divine & leur libre Arbitre , nous dirons qu’il en est de l’amour comme
de la justice j l’un & l’autre ne sont que des
Naturel: lyis
appuis qui nous sont présentés pour nous aider
i sortir de l’abyme , mais qui nous laissent ordinairement la p’us entière liberté pour nous en
saisir , ainsi que pour les fuir & les abandonner.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.