1tonfervé le dép’tdans sa pureté, n’auroient pas
été entendus , s’ils avoient voulu diriger la pensée
de l’homme vers la hauteur de ce Sacerdoce ineffable qui l’approche de la Divinité ; &: s’ils eussent
voulu l’engager à la recherche des sciences divines en repliant son a&ion sur lui-même , & en se
dépouillant de tout ce qui est étranger à son Etre
pour se présenter tout entier avec un desir pur aux
rayons de l’intelligënce.
Audi les Controverses paiïionnées & sanglantes des derniers siecles n’ont - elles produit que
des systêmes absurdes , & des opinions plus hardies encore que celles qui avoient déjà égaré les
hommes depuis la naissance du Christianisme. Car
les Observateurs révoltés de la diversité & de l’oppolicion des idées sur les Dogmes les plus essentiels ,
attaquèrent la base même de l’institution chrétienne , &c ne tardèrent pas à la rejetter ,
J’ayant confondue avec l’édifice monstrueux que
l’orgueil & l’ignorance avoient élevé dans son
sein.
Que devoir - on attendre d’eux , après qu’ils
eurent porté ce coup à la seule Religion qui ait
présenté aux hommes le caraciere frappant de
s’être répandue , sans avoir jamais plié devant les
Peuples conquérans ; d’avoir vaincu [ Passage retiré par l’éditeur. ] mais des Nations sa-
( N 4 ) Yante$
ÏOO
Tableau
vantes &: policées ; de les avoir vaincues , non par
les armes , mais par les seuls charmes de sa douce
Philosophie.
2Des Übfervateurs qui avoient ainsi méconnu la
baie du Chriftianiime , ne pouvoient pas porter un
jugement plus favorable des autres Religions ;
en forte que n’appercevant plus aucun lien entre l’homme &. (on Principe invinbîe , ils l’en
crurent tellement séparé que nulle Institution reîigieufe ne pouvoit l’en rapprocher. Quatrième époque de dégradation , dans laquelle l’homme devenant Déifie , ne s’est trouvé qu’à un pas de sa
ruine.
Les progrès de l’erreur ne se sont point arrêtés
là ; il s’est présenté de nouveaux Observateurs qui
pour se tirer de la confusion que le Déisme avoit
répandu sur les iciences religieuses , ^pt enseigné
des opinions encore plus defhuétives.
Non - seulement ils ont dit que les Instituteurs
du Chrifiani me & de toutes les Religions étoient
ignorans , trompeurs , ennemis même de la morale qu’ils prcfefToient , que leurs Dogmes étoient
nuis tk contradictoires , dès qu’ils étoient contredits ; enhn que la base sur laquelle ces Dogmes
s’appuyoient , étoit imaginaire , & que par conséquent l’homme n’avoit aucun rapport avec des
yertus fapérieures j mais ils ont été jusqu’à douter
dQ
Naturel. 2® 1
de sa nature immatérielle. Ils ont accompli parla cette menace faite aux Hébreux , que s’ils
négligeoient leur loi , ils finiroient par tomber
dans un tel degré de misere & d’abandon , quils
ne croiraient plus à leur propre vie.
3Enfin ils ont etc conduits par-là à nier l’existence même du Principe de toutes les exigences ,
puisque nier la nature immatérielle d’une production telle que l’homme , c’est nier la nature
immatérielle de son Principe générateur. Cinquième & derniere époque de dégradation , oh
1 homme n’étant plus que ténèbres , est au dessous
de l’infeéle même,
C’est de ce systême funeste que sont provenus
tous les déraifonnemens philosophiques qui ont régné
dans ces derniers temps. Les premières postérités
avoient péché par l’ action , en voulant égaler Dieu
par leurs propres vertus *, les dernieres pechent par
nullité y en croyant qu’il n’y a dans l’homme ni
achon y ni vertus.
C’est: de là qu’est venu le délire d’un Athée
moderne , qui écrivant contre la Divinité , a cru
en démontrer le néant , en ce que , félon lui , si
elle eût existé , elle auroit puni son audace.
Ne pouvoit-on pas lui répondre que la Divinité
peut exister , 6c ne pas punir des attaques impuissantes ? que lJon doit plutôt croire que vraiment il ne l’a pas attaquée que de vains écrits
peuvent
202 Tableau
peuvent ne point allumer les foudres de sa colere ?
enfin qu’il n’étoit pas ajfe^ avancé pour élever J a
voix jusqu’à elle , ni cjje{ injlruit pour proférer
contre elle de véritables blasphêmes ?
Nous avons vu quelle a été depuis le commencement du Christianisme , la progression du
défbrdre dans lequel les disputes feientifiques ont
entraîné les hommes , & celui qu’a produit la
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