1Depuis un jusqu'à dix , il y a plusieurs différens nombres qui tiennent tous par quelque lien
paiticulier au premier anneau de la chaîne , quoiqu’on ait le droit de les en séparer pour les considérer fous un afpeû particulier. Si le quaternaire ,
ou l’homme^ étoit descendu jusqu’à l’extrémité inférieure de cette chaîne , ou jusqu’au zéro , &
que cependant le Principe suprême l’eût choisi pour
son signe repré sentatif , ne faudroit-il pas , pour
qu’il pût recouvrer la connoissance de ce qu’il
a perdu , que tous ces nombres , ou toutes ces
vertus supérieures & intermédiaires entre un & dix ,
defcendifient vers lui , jusques dans sa circonférence , puisqu’il n’a pas le pouvoir de franchir la
borne qui lui est prescrite , pour remonter jusques
vers elles. Et ce sont ià toutes les puissances de
subdivision dont j’ai déjà exposé la correspondance
avec l’homme , appuyée sur toutes les traditions
& allégories des Peuples.
Mais cela, ne suffit £oint encore pour l’entiere
régénération
V40 Tableau
régénération de l'homme : si Y Unité n’avoit pénétré jusques dans la circonférence qu'il habite ,
il n’auroit pu en recouvrer l’idée complette , & il
ferait relié au deiïbus de sa loi. Il a fallu aussi
que cette Unité fût précédée par tons les nombres
intermédiaires , parce que l’ordre étant renverlé
par l’homme , il ne peut connoître la première
Unité qu'il a abandonnée , qu’après avoir connu toutes les vertus qui l’en séparent.
2Ceci répand un grand jour sur la nature de cette
manifejlation universelle dont nous avons reconnu
la nécetlité pour l’accomplissement des décrets
suprémes.
Car quel que soit l’Agent chargé de l’opérer,
il est certain qu’il n’a pu être inférieur aux Agens
particuliers , qui n’ont manifesté les facultés supérieures que dans leur subdivision; & si les Agens
particuliers , quoique réduits à des vertus partielles ,
ont cependant représenté les puissances de la Sagesse , sans quoi ils auraient été inutiles à ses
desseins , à bien plus forte raison , Y Agent univerj'el
devoit-il être dépositaire des mêmes pouvoirs.
Ainsi cette manifestation universelle des puissances Divines succédant aux loix rigoureuses de
justice qui résultoient de la subdivision de ces
puissances 7 a dû mettre le comble à tous les biens
que
I
Naturel: Ï4I,
que l’homme pouvoit attendre , en lui rendant la
vue de ces vérités positives , parmi lesquelles il a
pris Ton origine.
Convenons en même temps qu’il ne falloit
rien moins qu’un Agent revêtu d’un tel pouvoir ,
peur relever l’homme de sa chûte , & l’aider à
rétablir sa ressemblance & Tes rapports avec
Y Unité première.
3Si c’est: par le plus élevé des hommes , que
tous les maux de sa malheureuse postérité ont
été engendrés , il étoit impossible qu’ils fussent
réparés par aucun homme de cette postérité : car
il faudrait supposer que des Etres dégradés , dénués de tous droits & de toutes vertus , feraient
plus grands que celui qui étoit éclairé par la lumière même : il faudrait que la foiblesse fût au
dessus de la force. Or si tous les hommes sont dans
eet état de' foiblesse , s’ils sont tous liés par les
mêmes entraves , comment trouver parmi eux un
Etre en état de rompre & de délier leurs chaînes >
Et en quelque lieu que l’on choisisse cet homme ,
ne sera-t-il pas forcé d'attendre que l'on vienne
briser les siennes ?
Il est donc vrai que tous les hommes étant
refpecfivement dans la même impuissance , &
cependant étant tous appellés par leur nature,
à un état de grandeur & de liberté , ils ne pourraient être rétablis dans cet état par un Etre qui
leur
1 4* Tableau
leur seroît égal : ce qui prouve que l’Agent chargé
de leur retracer l’unité Divine , doit être par luimême plus que l’homme.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.