1C’est-ià ce qui rend nos jugemens si incertains
sur le fort des hommes, après la réparation de
leur Etre intellectuel d’avec leur corps ; puisque nous ne pourrions justifier de pareils jugemens , qu’en les appuyant sur une base fixe &
déterminée , & que nous n’en pofîedons que
d’apparentes & de relatives ; , , car il en est de cette
classe intellectuelle & invisible comme du simple
physique élémentaire; toute la Nature est volatile , & ne tend qu’à s’évaporer ; elle le seroic
même en un instant, si le fixe qui la contient lui
appartenoit ; mais ce fixe n’est point à elle, il est
hors d’elle , quoiqu’agissant violemment sur
elle ; & elle ne forme jamais d’alliance avec lui ,
qu’elle ne commence par une dissolution ; or ,
comme dans les deux classes, physique & intellectuelle , il y a plusieurs degrés de diftblutions
il y a aussi plusieurs degrés d’alliances & d’amalgames. ”
Tout ce que nous pouvons donc nous permettre , sur des objets de cette importance , c’est de
tirer quelques inductions , d’après de fidelles observations sur la loi des corps.
Ainsi , semblables à ces globules d’air & de
feu qui s’échappent des substances corporelles en
dissolution , & qui s’élèvent avec plus ou moins
de vîtesse , félon le degré de leur pureté & Pétendpe de leur aCtion ; nous ne pouvons douter qu’à
)fiii T A S L E A tf
2leur mort, les hommes qui n'auront point Îaîiïe
amalgamer leur propre essence avec leur habitation terrestre y ne s'approchent rapidement de
leur région natale, pour y briller y comme les
Affres, d’une splendeur éclatante \ que ceux qui
auront fait quelque mélange d’eux-mémes avec les
illusions de cette ténébreuse demeure , ne traverfentavec plus de lenteur l’espace qui les sépare
de la région de la vie ; & que ceux qui se seront
identifiés avec les souillures dont nous sommes
environnés , n’y demeurent ensevelis dans les ténèbres & dans l’obscurité } jusqu’à ce que les
moindres de ces substances corrompues foient dissoutes^& qu’elles fassent disparoître avec elles
une corruption qui ne peut cesser qu'autant
qu’elles finiront elles-mêmes.
Et pour donner plus de poids à ces vérités , je
dirai qu’à la mort , les Criminels relient fous leur
propre jufrice , que les Sages sont fous la jufHce
de Dieu , & que les Reconcilies sont fous sa miséricorde.
Mais ce qui ne nous permet pas de prononcer
sur la mesure félon laquelle s’opèrent ces différens
a&es , ou ces différens nombres de temps , c’est
que la justice n'agit pas seule , & qu'il y a d’autres
vertus , qui se combinant avec elle , ne ceffenc
d’en diriger l’a&ion vers le plus grand bien des
Etres ; qui eff leur retour à la lumière*
7*
Naturel.
lI3
35 Ans nous occuper davantage de ces travaux
futurs , auxquels l’homme a livré sa postérité
considérons ceux auxquels il est condamné sur la
terre par une fuite de son incorporisation matérielle.
L’homme n’avoit reçu l’Etre que pour exercer
son aCtion sur l’universalïté des choses temporelles , & il n’a voulu l’exercer que sur une partie
il devoit agir pour l’inteîle&uel contre le sensible , & il a voulu agir pour le fer, sible contre l’in—
telle&uel ; enfin , il devoit régner sur l’Univers;
mais y au lieu de veiller à la conservation de son
Empire , il l’a dégradé lui-même , & l’Univers
s’est écroulé sur l’Etre puissant qui devoit l’administrer & le soutenir.
Par une fuite de cette chute } toutes les vertus
sensibles de l’Univers , qui dévoient agir d’une
maniéré subordonnée à l’homme dans la circonférence temporelle , ont agi en confusion sur lui ,
6 l’ont comprimé avec toute leur force & toute
leur puissance. Au contraire , toutes les vertus
intellectuelles , avec lesquelles il devoit agir d«
H
IT4 TABLEAU'
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.