1icbahge : quoique l’exercice de ses droits & de ses
facultés lui soit retiré , son unité d’élc&ion n’a point
été anéantie : quoique les membres de ce corps se
foient entièrement dilperfés & subdivisés , ils eonfervent toujours leurs rapports fondamentaux.
Ainsi ce Peuple offre toujours l’empreinte primitive qui le constitue ; il a toujours sur lui le
Jceau du Mimftere auquel il fut àppellé * &xil \
porte par - tout son essence indélébile , comme
l’homme a conservé la sienne , malgré son crime &
la dégradation. Ainsi , lorsque la Justice' suprême
laisse ce Peuple errer parmi toutes les Nations,
elle leur montre toujours en lui des traits , quoi-;
qu’altérés , d’une origine refpe&able , qui attellent
1 existence des vertus èc perfections divines ; enfiri
elle leur represente encore les colonnes du Temple ,
quoiqu’elle ne les offre que renversées.
Par-la elle donne donc encore aux Nations ?
dans des imagés defigurees } lés indices secrets
de ces vertus que l’amour & la sagesse ont fait
pénétrer dans les demeures des hommes , pour
leur montrer toujours des tableaux vivans de l’Etre
vrai sur lequel fut modelée leur existence ; & ce
Peuple étant dispersé parmi toutes les Nations de
la terre , elles ont a la fois devant les yeux , &
les Agens qui devroient être les organes de la
vérité , & les fléaux qui les poursuivent pour avoir
ôfé la mépriser.
IL Partie.
( G ) Nous
98 Tableau
2Nous ne pouvons mieux terminer ce qui cost*
cerne les Traditions des Hébreux , qu’en montrant sur quoi reposent les sublimes privilèges
dont ce Peuple est dépositaire. C’est qu’il est celui
qui a eu dans sa Langue le premier Nom positif
& colle&if de toutes les facultés & de tous les
attributs du grand Etre ; Nom qui renferme
diftinâement le principe , la vie , & Yaclion pri -
mordiale & radicale de tout ce qui peut exister ;
Nom par lequel les affres brillent , la terre fructifie ,
les hommes pensent ; Nom par lequel j’ai pu ; Lecteur , écrire pour vous ces vérités , & par lequel
vous pouvez les entendre.
Ce grand Nom a passé , il est vrai , dans
toutes les autres Langues de la Terre ; mais il
n’a porté dans aucune , l’image complette qu’il
présente dans la Langue des Hébreux. Les unes
n’en ont fait qu’une dénomination indicative de
l’existence d’un Etre supérieur , sans rien exprimer de ses vertus. D’autres ont conservé quelquesuns de ses traits principaux * mais ayant fait
abftraftion de tous les autres , elles n’ont pas
peint à notre intelligence un juste tableau de
notre Dieu. D’autres enfin , telles que les Langues voisines de l’hébreu par leur antiquité , ont
conservé en grande partie les lettres qui composent ce Nom du Dieu univecfel ; mais en
ayant altéré la forme & la prononciation ; elles
ont
Naturel. 99
3bnt bientôt cesse d’y attacher les vastes & profondes idées dont il est: le germe. L’Hébreu 1
seul possede intact ce Nom suprême , tige sur laquelle sont & seront entés tous les autres Noms
destinés au soutien de la postérité humaine. Ne
soyons donc point étonnés que ce Peuple nous
soit présenté comme étant le fanal des Nations ,
& le foyer visîble sur qui , depuis la chute dé
l’homme , ont réfléchi les premiers rayons du
grand Etre.
Nous croyons avoir présenté jusqu’ici un ensemble de principes assez liés , assïez conséquens j
assez vrais , pour renverser toutes les doctrines
de l’erreur &: du néant , & nous ne doutons pas
de leur en avoir substitué une plus solide plus
lumineuse & plus consolante. Si l’homme a négligé
jusqu’à présent de chercher à manifester les propriétés de la source. dont il descend , au moins
iie peut-il plus l’accuser , ni se plaindre qu’elle ne
lui en ait pas fourni les moyens.
Car , quoique l’homme , par une fuite naturelle
de ses écarts , ait été réduit à ne pouvoir contempler les images des facultés divines , que dans
une subdivision douloureuse & pénible , elles se
sont tellement multipliées pour lui , qu’elles né
laissent plus de motifs à ses plaintes.
No seulement toutes les substances & toutes
les actions de la Nature expriment chacune un
( G z ) trai£
jroô Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.