1peut rien sur les actions premières de sa vie animale , dont il lui est impossible d’étouffer les
besoins. S’il porte son action plus loin , en
attaquant la base même de son existence vitale ,
il peut , il est vrai , en terminer le cours apparent , mais il ne pourra jamais anéantir , ni le
principe particulier qui avoir produit cette existence , ni la loi innée de ce principe, par laquelle il devoit agir pendant un temps hors de sa
source.
Elevons - nous d’un degré ‘ contemplons les
lois qui s’opèrent en grand dans la Nature
«niverlelle , nous y verrons la même marche.1
Les influences du soleil varient sans eeffe dans
notre atmol’phere: tantôt les vapeurs de la région
terrestre nous les dérobent , tantôt la fraîcheur
des vents les tempere & les arrête : l’homme
même peut augmenter ou diminuer localement:
1 action de cet altre , en rassemblant ou en interceptant les rayons. Cependant i’a&ion du soleil est
toujours la même : il projette sans cesse autour de
lui la même lumière ,• & sa vertu active se répand
toujours avec la même force , avec la même
abondance , quoique , dans notre région inférieure , nous en éprouvions si diversement les
effets.
Tel eil ie vrai tableau de ce qui se passe dans
i ordre immatériel. Quoique les Etres libres >
G
34 Tableau
2distincts du grand Principe , puissent écarter
les influences intellectuelles , qui descendent
continuellement sur eux; quoique ces influences
intellectuelles reçoivent peut-être dans leur cours
quelque contraction qui en détourne les effets ,
celui qui leur envoie ces préfer.s salutaires ne
ferme jamais sa main bienfaisante. Il a toujours
la même activité. I! est toujours également fort ,
également puissant , également pur , également
impassible aux égaremens de ses productions
libres, qui peuvent se plonger d’elles-mêmes
dans le crime, & enfanter le mal par les seuls
droits de leur volonté. Il seroit donc absurde
d’admettre aucune participation de l’Etre divin
aux désordres des Etres libres , & à ceux qui en
résultent dans l’Univers; en un mot , Dieu & le
mal ne peuvent jamais avoir le moindre rapport.
Ce seroit avec aussi peu de fondement qu’on
attribueroit le mal aux êtres matériels , puisqu’ils ne peuvent rien par eux-mêmes , & que
toute leur aCtion vient de leur principe individuel , lequel est: toujours dirigé ou réaCtionné
par une force séparée de lui.
Or ^ s’il n’y a que trois classes d'Etres ; Dieu,
les Etres intellectuels & la Nature phyiique : si
l’on ne peut trouver l’origine du mal dans la
première y qui est exclusivement la source de
tout bien; ni dans la derniere , qui n’est ni
Naturel. 3?
3libre , ni pensante ; & que cependant l’existencè
du mal soit incontestable on est nécessairement
forcé de l’attribuer à l’homme , ou à tout autre
Etre , tenant comme lui un rang intermédiaire.
En effet , l’on ne peut nier que la Nature physique ne soit aveugle & ignorante , & cependant
qu’elle n’agisse régulièrement & dans un certain ordre : ce qui est une nouvelle preuve qu’elle
agit tous les yeux d’une Intelligence ; car , si
elle n’agifïoit pas fous les yeux d’une Intelligence, elle n’auroit qu’une marche désordonnée.
On ne peut nier aussi que l’homme ne fasse tantôt
bien, tantôt mal ; c’est-à-dire , que tantôt il ne
fuiveles loix fondamentales de son être , & que
tantôt il ne s’en écarte: quand il fait lien, il
marche par la lumière & le secours de l’intelligence ; & quand il sa t mal , on ne peut l’attribuer qu’à lui seul, & non à l’intelligence, qui est
la seule voie , le seul guide au bien , & par laquelle seule l’homme & tous les êtres peuvent
bien faire.
Quant au mal^ pris en lui- meme nous essaierions en vain de faire connoitre sa nature essentielle. Pour que le mal pût se comprendre , il
faudroit qu’il fût vrai, & alors il cesseroit d’être
mal , puisque le vrai & le bien sont la meme
chose ; or , nous l’avons dit , comprendre , c’est
C z
5 o Tableau
i ppercevoir le rapport d'un objet avec l’ordre
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.