16 l'harmonie dont nous avons la réglé en nousmêmes. Mais, h le mal n’a aucun rapport avec
cet ordre , & qu'il en soit précisément l’opposé ,
comment pourrions-nous appercevoir entr’eux ,
quelque analogie ; comment par conséquent
pourrions-nous le comprendre ?
Le mal a cependant son poids , Ton nombre
& sa rnefure, comme le bien : & l’on peut meme
favpir en quel rapport sont ici-bas l'e poids , le
nombre & la rnefure du bien , avec le poids, le
nombre & la rnefure du mal , & cela en quantité,
en intensité, & en durée. Car le rapport du mal
au bien , en quantité est de neuf à un , en interdite
de fro à un , & endurée de Jèpt à un.
Si ces expreilions paroiftcient embarrassantes
au Lecteur , & qu’il en désirât l’explication , je
Je prierois de ne pas la demander aux Calculateurs de la matière ; ils ne connoissent pas les
rapports politifsdes choses.
Nous avons allez indiqué comment l’homme
auroit pu se convaincre de l’existence immatérielle de son Etre , & de celle du Principe suprême;
& ce qu’il devoit observer pour ne pas confondre
ce Principe avec la matière & la corruption , ni
attribuer aux choses vifiblcs cette Vie impérissable , qui est le plus beau privilège de l’Etre
qui n’a point commencé auquel ses producNaturel. 37
tîons immédiates seules , participent par le
droit de leur origine.
Par la marche simple de ces observation's ,
nous développerons bientôt des idées latisfaifantes sur la destination de 1 homme , &: sur
celle des autres Etres.
2ï-i ORSQU’UN homme produit une œuvre
quelconque , il ne fait que peindre & rendre visible Je plan , la pensée ouïe desseïn qu’il a formé.
Il s’attache à donner à cette copie autant de conformité qu’il lui est posîible avec l’original , afin,
que sa pensée soit mieux entendue.
Si les hommes dont l'homme veut se faire entendre, pouvoient lire dans sa pensée, il n’auroit aucun besoin des signes sensibles pour en être
compris : tout ce qu'il concevroir seroit faiii par
eux , aussi promptement & avec autant d’étendue
que par lui-même. }
Mais étant liés comme lui par des entraves
physiques, qui bornent les yeux de leur intelligence , il est forcé de leur transmettre physiquement sa pensée : sans quoi , elle seroit nulle pour
eux , en ce qu’elle ne pourroit leur parvenir.
U n'emploie donc tous ces moyens physiques.,
C 3 '
3§ Tableau
il ne produit toutes ces oeuvres materielles qtie
pour annoncer sa pensée à ses semb'ables , à des
Etres difHn&s de lui , séparés de lui ; que pour
tâcher de les rapprocher de lui , de les assimiler à
lui, de les réunir avec lui, en étendant sur eux
une image de lui-même & en s’efforçant de les
envelopper dans son unité , dont ils sont séparés.
C’est ainsi qu’un Ecrivain , qu’un Orateur ,
roanifefie sensiblement sa pensée , pour engager
ceux qui le lisent, ou qui l’écoutent, à ne faire
qu’un avec lui , en se rendant à son opinion.
3C’esr ainsi qu’un Souverain rassemble des
armées, éleve des remparts & des forteresses ,
pour imprimer aux Peuples la persuasion de sa
puissance , & pour leur en inspirer en même
temps la terreur; afin que, convaincus comme
lui, de cette puissance , ils en aient abfoîumcnt
la même idée, & que demeurant attachés à son
parti , soit par admiration y soit par crainte ,
ils ne forment qu’un tout avec lui. A dé.aut de
ces fiqnes visibles l’opin on de l’Orateur & la
puissance du Souverain demeureroient concentrées dans eux-mêmes , sans que personne en eût
connciffance.
Il en elT ainsi des faits de tous les autres
hommes, ils n’ont & n’auront jamais pour but
ci c de fatre acquérir à leurs pensées, le privilège
ex la domination y de l’universalité , de l’unité.
Naturel. 39
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.