1A tous ces indices , nous est-il possible encore
de méconnoître le Principe de l’homme '{ Si tous
les Etres qui ont reçu la vie, n’existent que pour
manifester les propriétés de l’agent qui la leur a
donnée, peut-on douter que l’Agent dont l’homme
a reçu la sienne, ne soit la Divinité même ; puisque nous découvrons en lui tant de marques d’une
origine supérieure & d’une Aéfcn divine?
■Rassemblons donc ici les cordequences de
toutes ces preuves que nous venons d’établir ; &
dans l’Etre qui a produit l’homme , reconnoitfons une source inépuisable de pensées , de science ,
de vertus , de lumière , de force , de pouvoirs \
enfin , un nombre infini de facultés , dont aucun
Principe de nature ne peut offrir l’image ; facultés que nous serons toutes entrer dans l’essence
de l’Etre nécessaire , quand nous voudrons en contemp'e - l'idc?.
Pu; ’ancnn de ces droits ne paroît nous être
é , pu qu’au contraire, nous en trouvons
d s r.a is mulripbés dans les facultés de l’homme,
il est évident que nous femmes destinés à les
ç3 Tableau
2posséder tous , & à les manifester aux yeux de
ceux qui les ignorent , ou qui veulent les méconnoître. Avouons- le donc hautement; si chacun
des Etres de la Nature est: l’expression d’une des
vertus temporelles de la sagesse , l’homme est le
ligne ou l’expression visible de la Divinité même :
c’est pour cela qu’il doit avoir en lui tous les traits
qui la caraélérifent ; autrement la ressemblance
n’étant pas parfaite , le modèle pourroit être méconnu. Et ici nous pouvons déjà nous former une
idée des rapports naturels qui sont entre Dieu,
l’homme & l’Univers.
X i E S principes que j’ai exposés sur la sublime
destinée de l’homme , doivent d’autant plus mériter notre confiance } que lui-même en manifeste la vérité presque dans tous ses aétes. Porté
par un inffind secret à dominer , soit par la
force , soit par la juftefTe apparente de sa doctrine , il semble par-là n’être occupé qu’à prouver l’existence d’un Dieu^ & à le montrer à ses
semblables.
Ceux-mêmes qui se déclarent contre un Etre
éternel , infiniment juste > source de toute félicité
Naturel. ’fy
3âc de toute lumière y ne sont que changer le nom
de cet Etre , & en mettre un autre à sa place*
Loin de détruire son indeftru&ible existence ,
ils démontrent sa réalité & toutes les facultés
qui lui appartiennent. Car si l’Athée & le Matérialise répugnent à croire au Dieu invihble ,
au Dieu qui s’est peint dans leur ame , ils ne
sont , lorsqu’ils lui substituent la matière , que
transporter sur elle les attributs du Principe
vrai , dont leur essence les rend à jamais inséparables : ainsî cette idole est toujours un Dieu ,
qu’ils nous annoncent.
D’ailleurs , en élevant ainsi la matière , c’est
moins _, en effet, le régné de cette matière, que
le leur propre qu’ils prétendent établir. Car les
raisonnemens , dont ils tâchent d’appuyer leurs
systêmes , l’enthousiasme qui les anime , toutes
leurs déclamations , n’ont-elles pas pour but de
nous persuader qu’ils sont possesseurs de la vérité ? Or, d’après les rapports intimes que nous
Tentons exister entre Dieu & la vérité, être possesseur de la vérité , seroit-ce autre chose qu’être
Dieu ?
L’Athée confesse donc, malgré lui, l’existence
de cet Erre suprême; car il ne peut entreprendre de prouver qu’il n’y a point de Dieu ,
qu’en se présentant comme éiant un Dieu luimême.
éù Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.