1Comment, en effet , pourroit-il ne pas îndi—
qu r Pexiftence du Principe supréme , puifquô
to js les Etres de la Nature étant l’expression
visible des facultés créatrices de ce Principe ,
l’homme doit être à la fois , & de ses facultés
créatrices , & de ses facultés pensantes. L’Impie
ne peut donc se soustraire à une loi qui lui eff
commune avec tout ce qui eff contenu dans la
région temporelle. Nous entrerons dans quelque
détail sur ce fiijet. Que sa profondeur n’effraie
point ; il eff important d’y pénétrer , &. l’issue en
sera heureuse.
Avant que les choses temporelles puissent avoir
eu Pexiffence qui nous les rend sensibles, il a fallu
des élémens primitifs & intermédiaires entr’elles
& les facultés créatrices dont elles descendent ,
parce q ;e ces choies temporelles & les facultés
dont elles descendent , sont d’une nature trop
différente pour pouvoir exiîfer ensemble lans intermède \ ce qui nous est physiquement répété par
le soufre & l’or , par le mercure & la terre, lesquels ne peuvent s’unir que par la meme loi d’une
fuhfîance intermédiaire.
Ces élémens inconnus aux Sens , mais dont
l’intelligence atesse la nécessité & l’exisfence 7
sont déterminés & fixés dans leur essence & dans'
leur nombre , comme toutes les loix & tous lei
Naturel. 6 1
moyens que la Sagesse met en usage pourl'accompliffcment de ses desseins. Enfin , ils peuvent être regardés comme les premiers figues des
facultés supérieures auxquelles ils tiennent immédiatement.
2Dès-lors , tout ce qui existe dans la nature
corporelle , toutes les formes, les moindres traits,
ne sont & ne peuvent être que des réunions , des
combinaisons , ou des divisions de ces lignes primitifs : & rien ne peut paroître parmi les choses
sensibles, qui ne soit écrit en eux , qui ne descende d’eux & qui ne leur appartienne , comme
toutes les figures possibles de la Géométrie seront
toujours compoféesde points, de lignes, de cercles , ou de triangles.
L’homme lui-même , dans ses œuvres matérielles , qui ne sont que des œuvres fécondés par
rapport aux œuvres de la Nature , eftlié, comme
tous les autres Etres , à ces Signes primitifs; il ne
peut rien élever, rien tracer , rien construire ; il
ne peut , dis-je , imaginer aucune forme _, exécuter
même un seul mouvement volontaire ou involontaire , qui ne tienne à ces modèles exclusifs , donc
tout ce qui se meut , tout ce qui vit dans la Nature , n’est que le fruit & la représentation. S’il en
pouvoit être autrement , l’homme seroit créateur
d’une autre Nature & d’un autre ordre de choses,
qui n’appartiendroient point au Principe pro6V 'Tableau
du&eur & modèle de tout ce qui existe fènftblement pour nous.
3Ainft , les productions admirables des Arcs ,
ce> monumens merveilleux de l’industrie humaine, décelent à chaque pas la dépendance de
l’homme & sa destination. Elles n’offrent que des
compilations , ou des parties rassemblées d’autres monumens, qui n’étoient eux-mémes que
les combinaisons variées des éîémens fondamentaux , que nous avons dit être les indices primitifs
des facultés créatrices de la Divinité.
11 n’est donc rien dans l’homme corporel , ni
dans ses productions , qui ne l'oit , quoique trèsfecondairement , l’expression de l’action créatrice
universelle , que tout être corporel représente ,
dès qu’il existe & qu’il agit.
Elevons-nous au dessus des formes matérielles,
& appliquons ces principes à la parole & à l’écriture, qui , l’une & l’autre , annoncent des facultés
pensantes , puisqu’elles en sont pour nous la première expression sensible.
“ H est certain que les sons & es cara&eres
alphabétiques , qui fervent d’instrumens fondamentaux à tous les mots que nous employons
pour manifester nos idées , doivent tenir à des
lignes & à des sons primitifs qui leur fervent de
base j & cette vérité profonde nous est tracée de
Naturel. 6 3
toute antiquité dans le fragment de Sanchoniaton , où il représente Thot tirant le portrait des
Dieux } pour en faire les cara&eres sacrés des
lettres,- emblème sublime & d’une fécondité immense , parce qu’il est pris dans la source même ,
où l’homme devroit toujours puiser. ,,
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.