1Il faut donc considérer simplement le triangle
corruptible dans ses rapports temporels , & dèslors il devient l’emblème parfait des Principes de la
Nature élémentaire , qui sont au nombre de trois ;
il devient par conféqucnt l’emblème de tous les
corps individuels , puisqu’ils sont constitués par le
même nombre & les mêmes loix que la Nature
universelle : enfin , il est l’expression sensible de la
base fondamentale des choses ; & s’il est la première figure & la plus simple que l’homme puisse
produire ou concevoir , car la circonférence est
moins une figure que l’ensemble & le tableau général de toutes les aèfions & de toutes les figures , il
est sans doute l’image parlante de la loi particulière
que la Sagesse a suivie pour la production de ses
ouvrages matériels.
Avec des rapports aussi vastes , il n’cft pas étonnant que cette figure tienne un rang si distingué
parmi les hiéroglyphes des Nations.
Les Chymiftes qui , dans leurs recherches , s’attachent à des parties séparées plutôt qu’à l’cnfemble,
2Naturel". z<;ç
bîe , ont employé ce ligne dans leur Science :
mais au lieu de le considérer fous son vrai rapport , ils ne 1 ont établi que comme le ligne du
feu , ou du phlogiltique ; & quoique même , fous
ce point de vue ilole , il y eût eu encore une certaine justesse dans l’application , si les Chymiftes
avoient fu nous dévoiler ce qui est contenu dans le
feu , il est clair que ne le fachant pas , ce ligne est:
comme mort entre leurs mains , & que sa signification devient arbitraire.
Quelques Chymiftes ont cru voir le feu exprimé
par les faces triangulaires de la pyramide , & se
sont fondés sur ce que la première syllabe pyr en gree
lignifie feu , & sur ce qu’il y avoit nombre de ces
pyramides chez les Egyptiens , qui célébraient le
culte du Soleil ou du feu , & de qui les Grecs tenoient la plupart de leurs connoissances. Mais si la
pyramide avoit des rapports avec le feu , ce ne ferait pas précisément par ses faces triangulaires 9
mais par 1a direction verticale , & par sa forme
qui va toujours en diminuant jusqu’à ce qu’elle arrive à un point insensible. Ce seroit-là où l’on trouverait les loix du feu ; parce qu’il monte toujours
verticalement , quand des causes étrangères ne gênent pas son action naturelle ; parce qu’il diminue
pour nous , à mesure qu’il s'élève , & qu’il finit ,
comme la pyramide , en devenant imperceptible à
nos sens. ,
( R a ) Les
160 Tableau
3Les Chymiftes ont fait les mêmes erreurs sur la
figure cruciale y qu’ils ont adoptée pour représenter l’acide universel. Ce signe correspondant au
centre même de la circonférence , puisqu’il est
formé par deux diamètres , est l’indice visible de
l’unité.
On fait que le feu est un par-tout , qu’il occupe le centre de tous les corps , & qu’il tend sans
cesse à se séparer des substances grossieres avec
lesquelles il est combiné. La figure cruciale seroit
donc avec raison le véritable emblème du feu , &
non pas de l’acide : car quoique l’acide soit un feu f
comme il n’est jamais sans eau , il n’est pas un feu
pur ; ainsi le signe de la simplicité & de la pureté ne peut lui convenir.
Aussi les Anciens étoient si persuadés que cette
figure cruciale étoit l’emblème du feu , que les
Prêtres du Soleil chez les Egyptiens la portoient
sur leurs habits.
Enfin les Chymiftes , en unifiant le triangle &
le signe crucial ? ont pris cet assemblage pour l’emblème du soufre ; parce qu’en effet le soufre étant
composé d’acide vitriolique & de phlogistique y les
signes admis pour représenter séparément l’acide &
le feu , peuvent être choisis pour représenter leur
ensemble.
Mais sans dire autre chose de ces conventions ,
sinon qu’elles nous instruisent peu , nous croyons
pouvoir
Naturel. 161
pouvoir découvrir dans ces deux signes , des rapports plus élevés & plus intéressans ; &: ce sera toujours l’homme qui en sera le type.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.