1Voilà comment les vertus Divines étant toujours invisiblement liées les unes aux autres , auront pu disposer de nouveau l’Univers pour
l'homme , & rétablir en même temps l’homme dans
ses droits sur l’Univers.
C’est alors que l’œuvre universelle temporelle
elr accomplie ; car le Réparateur ne pouvoit ramener le calme dans l’Univers , il ne pouvoit régénérer la vie dans l’ame de l’homme , sans rendre la paix & la félicité aux Etres d’une autre
clalfe , à ces Etres supérieurs aux temps par leurs
fonctions primitives , mais qui par zele pour le
régné de la vérité , se trouvoient en aspect du
désordre depuis son origine , tandis qu’ils n’êtoient
faits que pour contemplera jamais le spectacle vivifiant de la perfedicn & de l’ordre.
Car si la dégradation de l’homme leur a fait , pour
ainsi dire , exercer des fonctions étrangères à leur
véritable emploi, l’ade qui a dû être opéré pour
sa réhabilitation , leur rend l’espoir de leurs premières jouilfances , qui sont de voir régner par-tout
la régularité ,1a justesse & X unité.
Il est temps de l’avouer J la principale vérité
^ue cette époque universelle temporelle pût déçquyriç
Naturel. iSf
2couvrir à l’homme , c’étoit de lui apprendre lç
véritable usage de cette bienfaisance que tous les
Peuples ont pratiquée des qu’ils ont été hors de
l’état de nature brute , mais qui étant encore
séparée de la loi d’intelligence , se bornoit à des
aéles d’humanité , au soulagement des besoins du
corps , & aux devoirs de l’hospitalité.
Lorsque l’exercice de cette vertu commença à
se perfectionner , elle enseigna toujours à l’homme
les mêmes devoirs , mais elle lui apprit aulTi à
rendre à ses semblables d 'autres services. Elle lui
fit comprendre qu’il est comptable envers eux de
toutes les vertus qui sont en lui , puisqu’ elles ne
lui ont été données par la Sagesse suprême , que
comme une voie de réaebion } pour faire sortir
à leur tour les vertus qui sont en eux ; qu’ainsi ,
pour une œuvre aussi sublime , la tâche de
l’homme lui présente des devoirs très-rigoureux ,
puisqu’il ne peut rester au dessous de lui-méme
sans porter préjudice à ses semblables , puisqu’enfin
une seule de ses foiblejfes doit coûter aux autres
une vertu.
Mais en s’unifiant à l’Intelligence qui a dû se
découvrir lors de la grande époque , cette bienfaisance devient encore plus éminente y en ce
qu’elle tient à l’a&ion immédiate du premier de
tous les Principes avec laquelle notre nature nous
appelle à concourir,
îfardeur
1 86 Tableau
3L’ardeur de son amour pour nous , fait qu’il
détache de lui , pour ainsi dire , des Vertus sans
nombre , & des PuiJJhnces aussi pures , aussi. actives de lui-même. En les détachant , il les expose y si l’on peur le servir de ces expressions , à
la nudité y au froid , à la faim , & à toutes les souffrances de la rébion temporelle ; & comme il ne
les détache que pour nous , que pour les faire
parvenir ju \,ues dans nous , nous ne pouvons
jamais mieux 1 honorer , nous ne pouvons jamais
exercer l’hospitalité plus à son gré , ni plus
avantage ufemcnt pour nous , qu’en mettant a.
couvert ceux qu’il nous envoie , mais qui sont
dehors & qui ne demandent qu’à entrer ; qu’en
yêtijjant ceux qui se dépouillent pour nous ÿ
qu’en donnant à manger & à boire à ceux qui
souffrent h faim , la los, la pauvreté la plus entière, pour venir se nourrir, se d'faltérer , se
ïéchauffer , se revêtir de l’homme , si l’on peut
parler ainsi ; ou plutôt pour le revivifier luimême , & transvaser leur propre sang jusques dans
ses veines.
Seroir-ce une chore inadmissible , que le Réparateur universel eût choiu une fublfance matérielle pour la faire servir de base à ces vertus
fpirituellcs Divines , & que la faisant entrer
dans le culte qu’il auroit établi , elle reçût de
lui
Naturel. 187
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.