1Ku divin , du spirituel , du naturel , du materiel
& de l’impur ; parce que toutes les classes sont
ouvertes a l’homme , & que quand il ne réglé
pas sa marche par un guide infaillible , il laisse
entrer dans Ton œuvre des traces de sa corruption & de Ton ignorance ; enfin , il est confiant
que 1 homme , par sa nature , peut agir dans
Dieu , avec Dieu , par Dieu , sans Dieu , &
contre Dieu.
Il n’est pas difficile de voir pour laquelle de
toutes ces Sciences } il seroit de notre intérêt
de nous deciuer. IVIais vu le mélangé auquel
elles sont exposées en passant par la main des
hommes , il se pourroit que fous des dehors spécieux on nous conduisit à l*erreur ; défendonsnous donc des Maîtres qui n’appuyeronc leuc
Science que sur une base matérielle , sur des formules , sur des recettes scientifiques , toujours
concentrées dans les causes fécondés ; car , je le
répété , de ces causes fécondés aux causes corrompues , il n’y a presque aucun intervalle. Et
c’est beaucoup , si ceux qui s’attachent exclusivement à de semblables moyens & qui les enseignent ,
ne méritent que notre compassion.
Ceux qui annoncent une Science plus relevée ,
& des moyens supérieurs , demandent encore»
plus notre vigilance & nos réflexions , parce
( H 2 } que
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2que leur marche étant moins connue , i! doit
leur être plus facile de nous tromper. Il y a
donc deux maniérés de les juger ; par leur
inftruclions & par leurs faits : je mers les faits
au dernier rang pour ceux qui n’en sont que
les témoins , quoiqu’ils foient très - utiles pour
ceux qui ont le bonheur d’en être les instrumens ; mais comme cette carrière est auisi celle
de l’illusion , de l’astuce & de la mauvaise foi ,
le premier devoir de la prudence est d’observer avec foin tout ce qui s’annonce , & tout c©
qui s’emploie , afin de ne pas prendre pour
l’effet des causes supérieures ce qui pourroit
n’être que celui des causes naturelles & subordonnées. Il y a auiïî une mesure à garder dans
ces fortes d’observations c’est de ne pas s’aveugler au point de vouloir expliquer tout par le
seul méchanisme des causes fécondés ; ce qui
est arrivé à quelques Commentateurs des Livres
hébreux , qui en parlant de la Loi donnée sur
le Mont Sinaï , ont représente comme de fimpîes
météores , l’éclat , les feux , les sons imposans qui
acompagnerent cet événement.
L’inftruftion est donc la pierre de touche la
plus fûre pour juger de la Science qu’un Maître
annonce ; pour connoître le but qui l’anime ,
& la marche qu’il a donnée à ses facultés.
Cette instruction , nous osons le dire , est celle
qui
Naturel 117
qui a été présentée dans cet Ouvrage ‘ instruction fondée sur la nature de l’homme , sur ses
rapports avec son Principe , & avec les Etres
qui l’environnent.
3C’est cette instru&ion qui lui apprend combien il est supérieur à la nature élémentaire ,
puisque celle-ci n’étant qu’une unité composée ,
ou une fraélion de la grande unité , fuit nécessairement la loi des fractions numériques qui est
de décroître dans leur exaltation , ou d’étre toujours plus nombreuses dans leur racine que dans
leurs puissances ; qu’ainsi plus l’univers matériel
avance en âge , plus il se rapproche du néant ,
puisqu’il s’élève à ses puissances.
C’est cette instru&ion qui présente l’Etre intellectuel de l’homme comme un entier , puisqu’il
tient à la racine intellectuelle & divine dont
toutes les puissances sont des entiers , qui • annonce , par conséquent, que félon la loi des
entiers , il doit s’aggrandir & s’étendre à mesure
qu’il s’élève à ses puissances , puisque le privilège
des entiers est de manifester de plus en plus leur
grandeur & Pindeftruélibilité de leur être.
C’est cette inftruclion qui montrant le nombre
de l’homme comme étant plus vaste à mesure
qu’il s’élève à ses puissances , nous fait comprendre qu’il doit y avoir un terme où l’a&ion tein^
porçlle de ce nombre étant complette , il ne puisse
( H 3 ) plus.
I
t i S Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.