1Aujourd’hui même, tous les hommes n’étant
point encore nés , la postérité humaine ne voit
point l’ensemble des faits de l’unité • elle ne voit
point en a&e sur toute son espece , l’œuvre universelle de la Sagesse ; ce grand œuvre , dont
l’objet est que tous les Etres aient à la fois devant les yeux les lignes réels de l’infini , & que
les bornes du temps étant disparues , ils aient
tous , comme avant le crime , la preuve intuitive
que c’est le même Dieu qui conduit tout.
Ajoutons que l’Univers entier étant la prison
de l’homme, jamais l’espece humaine ne pourra
to6 ÎABIEAÜ
à la fois , sans que l’Univers materiel foît détruit , être témoin du grand fpe&acle de Timmenfité dont elle est sortie.
Le cours de la vie de l’homme particulier
vient à l’appui de cette vérité. A mesure que son
Etre intesse&uel s’élève vers la lumière , son
corps s’affaisse & se remplie sur lui-même , & l’on
doit être convaincu que quand il a rassemblé
en lui toutes les vertus que comporte sa région
terrestre , sa forme corruptible ne peut plus exister
avec lui ; comme certains fruits qui se séparent
naturellement de leur enveloppe , quand ils ont
acquis leur maturité ; en forte que la vie de l’un
est la mort de l’autre.
2Par la même Loi , quand le nombre des hommes qui doivent exister matériellement sur la
terre , sera complet , la forme univerfelîe repliant
son aftion , disparoitra pour eux , & la plénitude
de ce nombre temporel rendra inutile pour l’homme
l’existence de l’Univers.
Enfin si les facultés de l’homme particulier ne
peuvent jouir de l’universalité de leur propre
a&ion tant qu’il est lié aux moindres vestiges de
sa matière : S’il ne peut être vraiment libre tant
qu’il est fournis aux influences des êtres contraires
à sa nature ; s’il ne peut contempler l’ensemble de
la Région sublime où il a pris naissance , tant que
la moindre parcelle corruptible existe entre lui
&
jfV AT V RE t'. Ï07
îc C6s sublimes tableaux , il en est: de même pour
l’espece universelle de l'homme.
Or la terre , & toutes les grandes colonnes de
l’Univers, recèlent encore les rayons de ces fubj.
tances pures qui ont été entraînées avec lui dans
sa chute. Il faut donc , si l’homme est destiné à se
rapprocher d’elles , que tous les de'corrtres dilparoilfent , pour que d’un coté les substances supérieures , & de l’autre les vertus de tous les hommes ,
formant comme deux faifeeaux de lumière , puissent s’animer réciproquement & manifester tout
leur éclat.
3On fait que les témoignages universels des
Peuples s’accordent sur ce point. Tous regardent
l’état violent de la Nature & de' l’homme , comme
la fuite du désordre 9 & comme une préparation à
un état plus calme & plus heureux. Tous attendent
un terme aux souffrances générales de l’espece ,
comme la mort en met chaque jour aux souffrances corporelles des individus qui ont fu garant
tir leur Etre de tout amalgame étranger. Enfin ÿ
il n’est pas un Peuple , & l'on pouroit dire pas
un homme , rendu à lui-même , pour qui l’Univers temporel ne soit une grande allégorie , ou
une grande sable qui doit faire place à une grande
moralité.
\
La dilTolution générale suivre les mêmes.
loi*
'ici T A B L E A tf
4oix que la difiblution des corps particuliers. LorP*
que TUnivers sera dans la septieme Puissance de sa
racine septénaire , tous les Principes de vie répandus dans la création , se rassembleront dans Ton
centre , comme la chaleur des animaux mourans
abandonne insensiblement toute la forme pour se
réunir au cœur. Car on ne peut se dispenser
d'admettre dans la Nature un centre igné , assis &
vivant , puisque les moindres corps particuliers ont
chacun un principe ou un centre de vie quelconque
qui les fait exiger.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.