1C’est cette même loi universelle de réunion ,
qui produit, l’a&ivité générale , & cette voracité
que nous avons remarquée précédemment dans
la Nature physique ; car on voit une attra&ion
réciproque entre tous les corps , par laquelle , en
le rapprochant, ils se fubftantient & ië nourrissent
les uns les autres ; c’est par le besoin de cette
communication , que tous les individus s’efforcent
de lier à eux les Etres qui les environnent, de les
confondre en eux , & de les absorber dans leur
propre unité, afin que les subdivisions venant à
disparoître, ce qui est séparé se réunisse ,• ce qui
est à la circonférence revienne au centre; ce qui
est caché parvienne à la lumière ; & que par-là
l’harmonie & l’ordre surmontent la confuflon qui
tient tous les Etres en travail.
Pourquoi , si toutes les Loix sont uniformes ,
n’appliquerions-nous pas à la création de l’Univers , le même jugement que nous avons porté sur
nos œuvres ? Pourquoi ne les regarderions-nous
pas comme l’expression de la pensée de Dieu ,
puisque la pensée de l'homme s’exprime dans ses
ouvrages matériels & grossiers ? Enfin , pourquoi ne croirions-nous pas que l’œuvre universelle de Dieu a pour objet l’extension & la domination de cette unité , que nous nous proposons
nous-mêmes dans toutes nos aftions !
C 4
Tableau
2Rîen ne s’oppose à ce que nous nous attachions à cette analogie entre Dieu & l’homme ,
puisque nous en avons reconnu entre les ouvrages
de T un & de l’autre : en effet , fî toutes les œuvres Toit de Dieu , soit de l’homme , sont nécessairement précédées par des actes intérieurs &
par des facultés invisibles , dont on ne peut contester l’existence , nous sommes fondés à croire
que , suivant la même loi dans leurs productions ils ont aussi le même but & le même
objet.
Sans nous arrêter à de nouvelles recherches 9
nous admettrons que tous les Etres visibles de
l’Univers sont î’express.on et le ligne des faculté.»
& des desseins de Dieu, de même que nous
avons regardé toutes nos produirions comme
Pexpreffion sensible de notre pensée & de nos facultés intérieures.
Lorsque Dieu a eu recours à des lignes visibles, tels que l’Univers pour communiquer sa
pensée , il n’a pu les employer qu’en faveur
d’Etres séparés de lui. Car , h tous les Erres
fiiffent reliés dans Ion unité , ils n’auroient pas
eu besoin de ces moyens pour s’en rapprocher &
pour y lire. Dès-lors nous reconnoîtrons que ces
Etres corrompus , séparés volontairement de la
caute première , & fournis aux Ioix de sa juffice
-dans l’enceinte vifibie de l’Univers , sont touN A T V R S L. 4^
jours l’objet de son amour , puisqu’il agit fana
cesse pour faire disparoître cette séparation il
contraire à leur bonheur',
3C’étoit donc , en effet , par amour pour ces
Etres séparés de lui , que Dieu avoit manifests
dans tous ses ouvrages visibles , ses facultés & ses
Vertus , afin de rétablir entr’eux & lui une correspondance salutaire, qui les aidât, qui les guérît,
qui les régénérât par une nouvelle création j
c'étoit pour répandre sur eux cette effusion de vit
qui pouvoit seule les retirer de l’état de mort ou
ils languilfoient depuis qu’ils étoient i foies de lui ;
enfin , c’étoit pour former leur réunion à la fourcs
divine , & pour leur imprimer ce caractère d’unité , auquel nous tendons nous-mêmes avec tant
dractivité dans toutes nos œuvrer.
Si l’Univers démontre fexiftence de la corruption , puisqu’il la resserre & l’enveloppe , nous
devons comprendre quelle pouvoit être la destination de la Nature physique , relativement aux
Etres séparés de l’unité : ,, & ce n’efî pas sans but
Ça sans motif, que la malfe terrestre , que tous les
corps sont comme autant d’éponges imbibées
d’eau , & qu’ils la rendent violemment par la
pression des Agcns supérieurs. ”
La loi de tendance à funité s’appliquant à
toutes les Classes & à tous les Etres , il résulte
4z Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.