1De-Ià , si l’on ne peut accorder précisément le
nom de culte , aux loix des Etres matériels & non
libres , au moins doit-on reconnoître que cous ces
Erres , de quelque classe qu’ils foient,- que notre
sang , que nos corps placés parmi toutes les produirions de cet Univers, ont desaCtes à opérer ,
& un ordre à suivre , soit pour satisfaire au but
de leur existence , soit pour se guérir ou se préserver de^ différentes maladies auxquelles les influences élémentaires les exposent continuellement.
Cependant sur quoi est fondée cette loi , si ce
n est sur l'analogie qui se trouve , par exemple,
entre nos corps & les alime.ns ou les remedes ,
dont 1 action les Vertus viennent ranimer } re1 nouveller nos forces & nous rendre la santé ?
Or 1 analogie entre notre Etre intellectuel &
les autres Vertus de la Divinité , étant reconnue ;
éprouvant en outre qu’il existe hors de nous
une source de pensées fauiTes & désordonnées
qui nous obsedent , & sont que l’esprit de
l’homme est , pour ainsi dire , exposé à autant
de maladies que son propre corps , il fuir que nos
rapports naturels avec les Vertus divines , nous
mercent à leur égard dans la même dépendance
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tyS T A B t E A V
2& le même besoin où sont nos corps relativement aux substances alimentaires ; il fuit que
pour ces Vertus divines y nous sommes égalemenc
assujettis à un culte ou à une loi , qui nous
proc ure de leur part les secours que nous en attendons ; il fuit enfin qu’ayant à guérir ou à préserver notre Etre des influences intellectuelles qui
nous sont nuisibles y comme nos corps des influences corporelles mauvaises , nous devons par
une nécessité évidente chercher les secours analogues à ce besoin intellectuel , & les employer
activement quand nous les avons trouvés.
Ce ne peut être que le défaut de ces réflexions , qui ait conduit dans tous les temps les
hommes des diverses Religions , à l’indifférence
sur ces objets ; & leur ait fait non seulement:
négliger les fubff ances y les temps &: les formes qui
doivent entrer dans leur culte , mais la priera
même , fous prétexte que le premier Etre n’en a
pas besoin , & qu’il suffit aux hommes de ne
pas faire ce qu’ils appellent du mal , tandis que
la priere est pour leur Etre intellectuel ce que
la respiration eff pour leur corps.
Peut-être au; oient-ils rai on , fl leur pensée
pouvoit .lise *dans la pensée suprême , comme
celle-ci lit dans la leur ; parce qu’alors leurs
jou (Tances étant complettes & assùrées , ils
nViuoient d'autre occupation que de les fayou-* *
Naturel: r
3ter , & d en celebrer la douceur , sans aucun combat pour les obtenir ; mais dans l’état actuel de
l’homme , il y a entre la pensée supréme & la
Tienne , une achon qui les empêche de se réunir ,
& il ne peut démolir & détruire cette Barrière
que par un moyen analogue à elle , c’est-à-dire ,
par une achon.
Enfin , nous appercevons dans la Nature
physique même , des preuves que tous les Etres
doivent rendre un hommage au Principe de la
vie , s’ils veulent en recevoir des secours & des
bienfaits. Pour que la terre produise , il faut que
des vapeurs s’élèvent hors de son sein ; qu’elies
aillent s’unir aux Vertus célestes , & qu’ensuite
elles defeendent sur sa surface pour l’humeéler
de cette rosée féconde , sans laquelle elle ne peut
rien engendrer. Leçon vivante qui apprend à
1 homme qu’il a une loi à suivre y s’il veut
connoitre les droits & les douceurs de son
existence.
II n’y pourra jamais parvenir que quand son
ardeur pour le vrai fera sortir de lui de violens
desirs , quand des vœux & des mouvemens ,
pour ainsi dire , créateurs s’élèveront de toutes
les facultés de son Etre , qu’ils monteront jusqu’à
la source de la lumière } & qu’après en avoir
reçu l’onction salutaire & sacrée , ils lui rapporteront ces influences vivifiantes , qui doivent
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iRo Tableau
faire germer en lui les trésors de la Sagesse &
de la Vérité.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.