1Ils auraient reconnu que ce Principe premier t
dont l’homme étoit chargé de manifester limage
sur la Terre , lui fournissoit encore ici - bas les
moyens d’accomplir sa destination ; que celui de
tous , le plus sensible étoit de lui montrer , dans
la propre postérité , le type de ce qu'il aurait été ,
s’il eût conservé les droits de son origine ; qu’ainsi
ce Principe premier avoit pu & dû choisir parmi
cette postérité criminelle , quelqu’Etre moins coupable & plus rapproché de lui , le rendre dépositaire des vertus que sa Justice permettoit d’accorder à Ja Terre , pour la ramener à ion centre ;
donner à cet Etre , par une faite de la convention primitive , la promesse que s’il en faisoit
un usage légitime , non-seulement il les conserveroit pour lui & pour sa postérité , mais encore qu’il les augmenterait sans fin & jusqu’à
l’immensité des nombres ; que si , au contraire ,
lui & ses descendans venoient à les mépriser ,
tous ces droits leur feraient retirés , & qu’alors au
lieu d’éclairer les Nations , & de les ramener à
leur
Naturel.
leur centre , ils deviendroient l’objet de sa Justice
& l’opprobre de la Terre.
2Les Observateurs auroient vu enfin , que c’étoit
répéter dans un tableau sensible & temporel , cette
convention première sur laquelle l’émanation de
l’homme étoit fondée , & par laquelle il dévoie
jouir de tous les avantages inhérens à la splendeur
de sa source, s’il y demeuroit attaché, comme il
devoit attendre tous les maux & tous les avilifîe—
mens , s’il s’en séparoit.
Mais , quoique la supréme Sagesse ait pu & dû
faire temporellement le choix dont nous parlons ;
quoiqu’elle ait élu un Etre juste pour lui confier le
tréfor de ses bienfaits , puisque nul impie ne peut
y participer j si dans la fuite la postérité de ce Juste
vient à s’écarter de sa loi , qu'elle devienne par
conséquent un réceptacle d’ignominie , & l’objet
du mépris de tous les Peuples , dira-t-on pour
cela que le choix de cette Sagesse ait été indigne
d’elle ? Et le premier choix qu’elle auroit fait , en
auroit-il été moins pur , quoiqu’il fut devenu l’impurêté même ? Il faudroit donc dire que l’homme , émané de la Sagesse suprême , fut sans gloire & corrompu dans son origine , parce qu’aujourd’hui nous le voyons ramper dans le crime &
l’opprobre.
Avouons donc que ce Peuple , malgré qu’il ait
E peu fécondé la main qui l’avoit choisi , n’étoit
pat
5>6' Tableau
3pas moins , lors de son éleélion , le flambeau vivant qui devoit briller dans nos ténèbres , & nous
retracer des tableaux temporels dont l’homme invisible est le modèle. Enfin , reconnoissons qu’il
devoit être la preuve parlante du principe qui a été
exposé sur la nécessité de la communication des
vertus subdivisées de la Sagesse suprême parmi les
hommes.
On ne peut nier même que dans la difperflon absolue à laquelle il est: livré , il ne présente
encore des indices de cette vérité. Ce Peuple,
choisi par la Sagesse pour être son ligne sur la
Terre , représentoit l’état glorieux de l’homme
dans la pureté de son origine , & les fubîimes
fonctions qui l’appelloient à manifester cette Sagesse dans l’Univers ; ce Peuple représentoit même
l’ordre & l’harmonie de cette Unité suprême que
tous les Etres devroient contempler sans celle ,
afin de se conformer à la régularité de leur modèle ; en un mot, il étoit comme le fanal des Nations & le flambeau qui devoit successivement les
éclairer.
Lorsque le Peuple hébreu est tombé dans de
coupables divisions , lorsque ses crimes l’ont entraîné dans l’oubli de ses titres , dans un culte faux
& impie , & dans la rigoureuse dispersion qui en
devoit être la fuite , sa nature première n’a point
changé ;
I
Nature i:
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.