1de même que toutes les manifestations possibles
ides pui fiances Divines que la Sagesse envoie au
secours de l’homme , seroient milles pour lui ,
s’il y avoit la moindre se'paration , la moindre
division entre ces puissances , puisque l’homme
étant au dernier anneau de la chaîne , il ne pourroit jamais voir arriver jusqu’à lui , les vertus de
l’extrémité supérieure , si quelques-uns des anneaux
intermédiaires étoient rompus.
Et pour affermir notre confiance, soit sur l’union
nécessaire de ces vertus avec leur Principe y soit
sur la possibilité en général de toutes les manifestations dont j’ai parlé , je rappellerai ici que la
matière , quoique vraie relativement aux corps &
aux objets matériels, n’est qu’apparente pour 1 intellectuel ; que c’est en raison de cette apparence ,
que les actions supérieures peuvent parvenir jusqu’à nous , & que nous pouvons nous élever jusqu’à elles ; ce qui seroit impossible , si l’espace qui
nous sépare étoit fixe , réel , & imperméable ; de
même qu’il n’y auroit aucun commerce d’influences entre la terre & les affres , si l’air qui en
occupe le milieu , n’étoit fluide , élastique , & compressible .
Toute la récompense que je desire de celui à
qui je dévoile ces vérités , c’est qu’il médite sur
les loix de la refraction ; qu’il observe qu’elle
est plus grande en raison de la densité des
( L 2 ) milieux ;
164 Ta b i e a v
2milieux ; qu’ainsi il reconnoissè que l’objet deî
l’homme sur la terre doit être d’employer tous les
droits &: toute l’a&ion de son Etre , à raréfier autant
qu’il le peut , les milieux qui sont entre lui & le vrai
Soleil y afin que l’opposition étant comme nulle , le
passage soit libre , & que les rayons de la lumière
arrivent jusqu’à lui sans re'fraclion ,
On doit voir que l’homme lui-même , quoique
séparé de cette Sagesse dans laquelle il a puissé la
vie , ne l’est que relativement à lui , & nullement
pour la suprême Intelligence , qui embrassant l’uni»
verfalité des Etres , & leur donnant seule l’existence , démontre l’impossibilité qu’un Etre existe , &
lui soit inconnu.
Mais dès que , malgré nos fouiilures & notre
dégradation , nous ne pouvons jamais nous soustraire à la vue intime , entière & absolue du grand
Principe , peut-être , seroit-il moins éloigné de
la notre que nous ne le pensons , si pour nous
appercevoir de sa présence , nous fnivions des voies
plus vraies & moins obscures ; peut-être tous les
obstacles seroient - ils nuis & insensibles , si
flous employions , pour rétablir nos rapports
avec lui > tous les efforts que nous mettons à les
détruire.
Si de tels rapports sont le privilège des TuifJames pures , qu’il plaît à la Sagesse de faire communiquer
Naturel. i6j
3muniquer jusqu’à nous , c’est que ces PuiJJhnces ,
ne les altérant point comme nous par une marche
déréglée , lui relient unies par leur volonté , comme
elles le sont par leur elTence , & conservent ainsi
l’unité de toutes leurs facultés , & de toutes leurs
correspondances avec lui.
Nous devons donc convenir que toutes les
manifestations supérieures , dont nous sentons la
nécessité pour nous retracer les droits de notre
première Nature , ne présentent de séparation que
relativement à nous qui sommes resserrés dans
des bornes étroites , & qui par la foiblefîè de
nos yeux , ne pouvons voir qu’une partie dm
tableau , tandis que celui qui le tient dans sa main ,
le vivifie , le contemple & le voit toujours dans fort
entier.
Ainsi tout est lié pour Dieu , tout se tient ,
tout existe ensemble ; toutes les vertus , soit inhérentes à lui , soit émanées de lui , sont vues &
animées par lui ; tous les Etres qu’il a choisis ,,
tous les hommes qu’il a fait naître , enfin tous
les ressorts qu’il a employés depuis l’origine des
choses , & qu’il emploiera jusqu’à leur fin , &:
dans sa propre éternité , sont toujours présens
devant lui : autrement son œuvre seroit périssable ; U ne produiroit que des Etres mortels :
& quelque chose pourroit être soustrait à son
universalité*
a j)
Nour
1 66 Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.