1De même que les plus petites parties de notre
corps communiquent en effet leur sensibilité
jusqu’au principe corporel immatériel qui nous
anime , de même tous les Etres terrestres communiquent invisiblement la leur jusqu’au Prin ~
cipe fenjible de la Terre. Et l’on doit juger
quel est l’extrême degré ce sa sensibilité , puisqu’elle réunit, & la nôtre,. & celle de tous les
autres Etres sensibles de notre Région , sans
compter qu’elle a des rapports d’un autre genre „
avec d'autres classes d’Etres qui sembleroient
encore plus éloignés , & ne pouvoir correspondre
avec elle que par leur nombre & par leurs actions
secondaires. ,
Mais , pour mieux comprendre l’importancede cette doctrine sur la sensibilité de notre
Globe , fâchons qu’il est la base de tous les
phénomènes sensibles , comme l’homme est h.
( G 4 ) bash
j£>4 Tableau
base de tous les phénomènes intellertuels , &
qu’ainsi la Terre & l’homme sont les deux points
sur lcfquels réfléchissent toutes les celions toutes
les vertus dertinées à se maniferter dans le temps.
Voila une des sources de ces fubîimes connoissances vers lesquelles les hommes paroissent marcher
sans le savoir , & qui doivent leur apprendre un
jour quelle est la véritable occupation & la véritable dçflination de leur Etre.
Mais on ne peut réfléchir sur l’homme , sans
reconnoître que cette époque peut - être aussi à
craindre qu’à deflrer pour lui.
2Car dans quel temps l 'arbre de la Science n’at-il pas été accablé fous le poids des rameaux
etrangers qui s’y sont entés ? Nous avons vu que
l’Idolâtrie provient de ce que l’homme est: descendu de l’idée pure & du culte Ample de son
Principe à des objets inférieurs.
Or si le temps matériel n’a commencé pour
l’homme qu’avec son crime , on voit combien il
lui est difficile qu’étant dans le temps matériel il
ne soit dans l’Idolâtrie.
En effet , qu’est devenu ce culte fimplc auquel
l’homme étoit appellé par sa nature , & dont il
a apperçu si peu de vertiges autour de lui depuis
sa dégradation ? Ce culte que des Etres purs &
indépendans des entraves qui nous resserrent ,
offrent
Naturel , ioj
offrent à l’Eternel félon leurs vertus & leur
nombre ? Trop sublime pour la Terre , il se
dérobe à nos yeux , & ne nous permet plus de le
contempler.
L’oubli de ce culte ayant etc le premier pas que
fit l’homme en s’éloignant de son Principe , fà
seule ressource fut dans ces Agens purs , jadis ses
Minifres , maintenant ses Maîtres ; ces Agens liés
au temps comme lui , mais non pas renfermés comme
lui dans les entraves d’un corps groilier & corruptible ; enfin , ces Agens sur lesquels Dieu écrit sans
celle aujourd’hui , comme il écrivoit autrefois sur
l’homme , & qui à leur tour écrivent sur toutes les
parties de l’Univers , afin que l’homme soit par-tout
à portée de s’instruire.
3Nous pourrions dire , en quelque forte , que
nous vivons habituellement dans les loix de cette
fécondé classe , puisque nous recevons des pensées
journalières qui ne peuvent nous venir que de ceux
qui la composent tk. qui l’habitent. Cependant ,
comme nous sommes prelque toujours pajfifs dans
ces communications , & qu’un culte quelconque
annonce de V activité , on doit présumer que cette
fécondé classe présente à nos études des objets
plus physiques , plus prejfans , plus positifs , &
que dès-lors elle exige des soins plus vigilans &
mieux dirigés que ceux qui occupent la plupart des
gommes,
Cette
jc£ Tableau
Cette daste , sans être aurti parfaite que là
première , est le plus haut terme où l’homme
puirte sagement porter ses vues pendant l’instant
rapide qu’il parte sur la terre ; elle ne demande
aucunes matières , aucuns instrumens , aucuns
organes étrangers à ceux dont l’homme est pourvu par sa nature ; l’homme des sa naissance en
apporte avec lui tous les matériaux & toutes les
bases • sans cela jamais cet édifice ne se pourroit
élever.
Cette clarté connoît neanmoins des temps &
des fufpenjions dans les aftions qui lui sont permises , attendu que telle est la loi de tous les
Agens renfermés dans le temps , & s’il est des
Maîtres qui enseignent le contraire , ils sont ou
ignorans ou imposteurs.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.