1trait des facultés créatrices qui les ont produites r
non seulement tous les faits de l’homme annoncent qu’il est émané d’une source pensante , qu’il
en a été séparé par un crime , & que par un
besoin indeftruétible & par la loi qui le constitue ,
la Sagesse fie lui doivent sans cesse tendre à se
réunir • mais encore toutes les Traditions de la
Terre démontrent que cette source n’a ceffé de
se rapprocher de l’homme , malgré sa souillure ;
qu’elle circule autour de lui par des canaux innombrables dans toutes les parties de son habitation
corrompue , fie qu’elle se montre visiblement sur
tous ses pas.
Ainsi ? tout ce que l’homme peut appercevoir
par les yeux corporels , tous les actes qu’il peut
exercer fie produire félon les loix de la Région
sensible , tout ce qu’il peut recevoir par la pensée , tout ce qu’il peut même apprendre par les
Traditions , par les différentes doéhines de ses
semblables , par le spectacle d’un culte sublime
donné à la Terre , par l’état honteux & méprisabîe de ceux qui l’ont perdu pour l’avoir profané ; enfin , par le tableau passé fie présent de
tout l’Univers ; ce l’ont là autant de témoins irrévocables qui lui parlent le langage de son Principe
fie de sa Loh
Si la Sagcffe forma l’homme fous la condition
expresse qu’il la manifeftéroit dans l’Univers , ne
la
TOI
Naturel.
2Ta croyons donc plus injuste , ni imprimante , en
contemplant les voies qu’elle ne cesse d’employer
pour rétablir l’union qui auroit dû toujours régner entr’elle & nous ; reconnoissons , en un mot ,
que tandis que nous manquons sans cesse à notre
convention , la SagçfTe ne s’occupe qu’à remplir la
lïenne. i
C HERCHONS maintenant à nous mettre en
R- *
garde contre l’abus que les hommes ont fait de
ces vérités , & considérons les différentes bran-
%
ches de la Science qui dans leurs mains ont été
si souvent séparées de leur tige naturelle.
Je remplirai d’autant plus volontiers cette tâche que les temps semblent approcher où il devient en quelque forte nécessaire de rappeller
les hommes à ces objets importans. Les traces de
la barbarie se sont effacées ; on se lasse de ces
études vagues & oiseuses qui leur ont succédé ;
les systêmes absurdes qui s’étoient élevés trop
précipitamment sur leurs ruines , s’ensevelissent
dans les ténèbres y & paroissent tendre à leur fin;
t g 3 1 . &,
io2 Tableau
& quoique ces plantes vénéneuses aient pousse en
divers lieux de profondes racines , comme elles
ont jeté à la fois toute leur semence , il ne leur
en reste plus pour s’accroître , en forte qu’elles
doivent s’anéantir par leur propre impuissance.
3Parmi les débris informes de ces colosses de
l’imagination & de la corruption , nous voyons
paroître une classe d’Observateurs prudens & judicieux , qui , instruits par les égaremens de ceux
qui le» ont précédés , s’attachent à rendre leur
marche plus assurée.
Un secret penchant fixe leur attention sur les
vertiges des vérités éparses dans l’Univers. Leur
émulation dirigée en quelque forte par la Nature ,
leur fait découvrir journellement des traits de
lumière , dont quelques momens plutôt , ils n’auroient pas soupçonné l’existence ; en un mot , les
esprits fermentent , & se purgent sensiblement des
substances étrangères avec lesquelles ils se sont si
longtemps confondus.
Il est donc probable que les Observateurs
s’étant occupés encore quelque temps , des loix
des Etres , des phénomènes célestes & terrestres , des rapports physiques de l’homme avec
tout ce qui existe , du rapprochement des Langues , du véritable sens des Traditions , apperçevront enfin l’immense contrée des connoififances de l’hommç , & qu’ils jouiront alors d’un,
fyrtême
Nature i„ ioj
systême de Sciences , vrai , conséquent , universel.
Observons ici que la plus importante & la
principale de toutes ces découvertes , ce seroit
de reconnoître la fenjibilité de la Terre ,* car
il est facile de s’assurer que notre planete jouit
de cette faculté , puisque nous en jouissons nousmêmes corporellement , & que notre corps vient
de la terre.
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