Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1240 L‘ H O M M E pas seulement qu’il y a un Dieu. Elle en exécute les ordres en aveugle ; elle n’a ni la mémoire, ni la conscience de ce qu’elle opère. 1 64. L’oeil qui contemplera la terre en grand & dans ses désordres, y verra des signes terribles de la puissance de son auteur. Quiest-ce quia accumulé ces masses énormes de rochers dont le globe est hérissé, & où toutes les lois de l’équilibre & de la gravité semblent oubliées ? Qui est-ce qui souffle ces tempêtes désastreuses , qui tantôt ravagent des contrées entières, tantôt élèvent sur les mers'des montagnes ambulantes, & y creusent des précipices plus effrayans & plus profonds que ceux que l’on rencontre sur la terre. Qui est-ce qui a allumé ces gouffres de feu, qui, à la fois, consument & ébranlent notre triste demeure ? Insensé, il n’y a que toi qui ne verras pas là les traces imposantes d’une ancienne vengeance, & les actes, encore parlans , d’une puissance irritée. C’estpar pitié pour toi, qu’elle ne t’en offre plus que les traces ; elle veut voir, si à ce spectacle tu pourras de toi - même, faire un retour vers elle, & lui rendre hommage. Elle a traité autrement les anciens prévaricateurs : elle a lancé ses foudres sur eux ; elle les a écrasés sous le poids des fléaux de sa colère. Tu ne parois sur le champ de
2241 de bataille que le lendemain du combat; mais c’est encore assez tôt, pour t’apprendre combien il a été terrible. Mes yeux , contemplez la nature sous ses faces brillantes & enchanteresses ; n’y voyez plus cette effrayante justice. Pénétrez dans l’intelligence de cet emblème universel, il n’a été donné que pour être entendu. L’auteur des choses a enveloppé l’univers de son nom ; il a posé à chaque région un extrait de ce nom puissant, pour y» demeurer & les balancer l’une par l’autre. Ainsi l’univers plane au-dessus des abymes , parce qu’il est suspendu aux rayons du nom du Seigneur, & que tous les rayons du nom du Seigneur sont vivans, comme lui, par eux-mêmes. Voilà pourquoi ils peuvent servir de guides au voyageur égaré, puisqu’il n’y a pas un point de l’espace où il ne puisse trouver une lumière vivante , comme la parole. Père des humains, quelle est donc l’étendue infinie de tes merveilles & de ta sagesse ! Il faut que tout ramène à toi; quand ce ne ( feroit pas pour t’aimer, ce > feroit pour tomber d’admiration devant ta puissance. Le milieu des temps étoit l’intervalle entre la justice & la miséricorde : aussi Paul, d’après Habacuc, nous annonce -t-il que le milieu des temps étoit le temps choisi. Q
3242 L‘ H 0 M M E Ce n’est point devant les yeux que nous devons chercher à avoir l’esprit. Notre cœur est sa véritable demeure ; parce que le cœur de l’homme est aussi le temps choisi, puisqu’il est l’intervalle entre la lumière & les ténèbres. Cœur de l’homme , si tu marches seul, tu t’exaltes,' ■ tu t’évapores , ou tu fais place à l’orgueil. Veux-tu devenir vain , comme l’avare , qui aime à contempler les figues de sa puissance , parce qu’il est vide ? Veux - tu devenir vain, comme l’homme de luxure, qui ne cherche qu’à s’emparer des principes des sens, moins pour en jouir que pour les corrompre ? L’im- pétuofité de la matière & des passions est moins criminelle. Notre cœur est sans cesse dans les douleurs de l’en- fantement. C’est l’esprit seul qui peut nous soulager dans ce travail, & nous procurer d’heureuses délivrances. Ne faut-il pas que nos pensées circulent & reviennent à nous, pour nous être sensibles ? Combien de barrières peuvent les arrêter & briser le cercle? Une mère aura-t-elle deJa joie, oubliera-1-elle ses douleurs , si elle ne voit le fils auquel elle vient de donner la vie? Esprit , esprit, c’est toi qui conduis l’homme à son ‘ terme, c’est toi qui veilles sur toute la postérité de ses idées. 1 Les malheureux, ils ne voient pas, combien leurs 1 œuvres factices , ces fruits de la seule pensée de l’homme, ( offrent de ressources à l’ennemi ! N’a-til pas un droit 1 imprescriptible sur tout ce qui n’est pas la vérité ?
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1240 MAN not merely that there is a God. It executes his orders blindly; it has neither memory nor consciousness of what it performs. 1 64. The eye that shall contemplate the earth broadly, in its disorders, will see there terrible signs of the power of its author. Who is it that has piled up those enormous masses of rock with which the globe is bristling, and where all the laws of equilibrium and of gravity seem forgotten? Who is it that blows those disastrous tempests, which now ravage whole countries, now raise upon the seas wandering mountains, and there dig precipices more frightful and more profound than those one meets upon the earth? Who is it that has kindled those gulfs of fire, which, at once, consume and shake our sorrowful dwelling? Senseless man, thou alone wilt not see there the imposing traces of an ancient vengeance, and the acts, still speaking, of an angered power. It is out of pity for thee that it offers thee no more than the traces of it; it wishes to see whether, at this spectacle, thou canst, of thyself, turn back toward it, and render it homage. It has treated the ancient transgressors otherwise: it hurled its thunderbolts upon them; it crushed them beneath the weight of the scourges of its wrath. Thou dost not appear on the field of
2241 battle till the day after the combat; but that is still soon enough to teach thee how terrible it was. My eyes, contemplate nature under her brilliant and enchanting aspects; see there no longer that dreadful justice. Penetrate into the understanding of that universal emblem; it has been given only to be understood. The author of things has enveloped the universe with his name; he has placed in each region an extract of that powerful name, there to dwell and to balance one against the other. Thus the universe hovers above the abysses, because it is suspended from the rays of the name of the Lord, and because all the rays of the name of the Lord are living, like him, of themselves. This is why they can serve as guides to the wandering traveler, since there is not a single point in space where he cannot find a living light, like the word. Father of humankind, how infinite, then, is the extent of thy marvels and of thy wisdom! Everything must lead back to thee; if it were not to love thee, it would be to fall down in admiration before thy power. The midst of times was the interval between justice and mercy: thus Paul, following Habakkuk, tells us that the midst of times was the chosen time. Q
3242 0 MAN It is not before the eyes that we must seek to have the spirit. Our heart is its true dwelling; because the heart of man is likewise the chosen time, since it is the interval between light and darkness. Heart of man, if thou walkest alone, thou dost exalt thyself, thou dost evaporate thyself, or thou dost give way to pride. Wouldst thou become vain, like the miser, who loves to contemplate the figures of his power, because he is empty? Wouldst thou become vain, like the man of lust, who seeks only to seize the principles of the senses, less to enjoy them than to corrupt them? The impetuosity of matter and of the passions is less criminal. Our heart is ceaselessly in the pangs of childbirth. It is the spirit alone that can relieve us in this labor, and procure us happy deliverances. Must not our thoughts circulate and return to us, in order to be felt by us? How many barriers can arrest them and break the circle? Will a mother have joy, will she forget-1-her sorrows, if she does not see the son to whom she has just given life? Spirit, spirit, it is thou who leadest man to his goal, it is thou who watchest over the whole posterity of his ideas. 1 The unhappy men, they do not see how much their 1 factitious works, these fruits of the mere thought of man, offer resources to the enemy! Has he not an 1 imprescriptible right over everything that is not the truth?
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
No commentary for this page.