Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1ii4 l’homme de tendre les mains sans cesse vers celui qui pourroit lui donner l’aumône , il se baisse, il les remplit de poussière, & se croit alors dans l’abondance & la richesse. Le temps a beau lui faire parcourir un cercle d’une grande durée ; le vieillard n’en meurt pas moins vide de jours, parce qu’il se laisse abuser par le temps, & qu’il néglige d’en exprimer les sucs de vérité que la sagesse y a répandus avec profusion. Que la sagesse reste dans ta main comme une verge de fer. Frappes - en l’homme & contrains-le dans ses voies, afin qu’il ne s’éloigne jamais de toi. Porte devant lui le flambeau de la vérité, mais ne le lui confie pas ; il se brûleroit, il le laisseroit tomber & marcheroit de nouveau dans les -ténèbres. Tu m’a fait sentir, dès ma jeunesse , que c’est la vérité qui est naturelle à l’âme de l’homme, & non pas l'illusion & le mensonge. Tu m’a fait sentir, que les Anges attendent le règne de l’homme, comme l’homme attend le règne de Dieu. Tu m’a fait sentir que, malgré que l’homme n’ait pas conservé dans son cœur la pureté & le courage, les Anges eux - mêmes recherchent encore son alliance. Tu m’a fait sentir que, s’il n’y avoir point de prêtre pour ordonner l’homme , c’est le Seigneur qui l'ordonne- roit lui-même & qui le guériroit. Oh, comme elles sont douces, les guérisons opérées par la main du Seigneur ! Elles n’ôtent presque rien, elles ne sont que donner. Parce que, supérieures aux guérisons qui se sont par la main des hommes, elles
2H z s’opèrent avec des instrumens qui ont en eux une source de vie & de principes créateurs. Dieu est fixe dans son essence & dans ses facultés. L’homme est fixe dans son essence & ne l’est pas dans ses facultés. L’univers n’est fixe, ni dans ses facultés, ni dans son essence. Les facultés de Dieu se manifestent hors de lui, sans se séparer de lui. Tandis que leur essence incommifcible avec le temps, porte par-tout un sanctuaire inperméa- ble , d’où elle aperçoit tout , sans que rien puisse l’apercevoir. Pourquoi sommes - nous immortels ? C’est que nous' descendons de l’essence & des facultés de Dieu, & qu’un être vivant & éternel ne peut pas produire des êtres périssables. ' ' , Pourquoi ne sommes - nous pas Dieu comme l’unité même ? C’est que nous sommes détachés de Dieu , & que ses facultés ne le sont pas, & ne peuvent l’être, parce qu’elles sont Dieu comme lui. Qui pourroit égaler l’unité? N’est-ce pas assez , pour notre gloire, d’être son image par la fixité de notre essence & le pouvoir de manifester nos facultés ? N’est - ce pas assez pour l’homme d’être l’œuvre ou la pensée la plus sublime que la sagesse & la puissance divine aient pu produire ? Et sans la mobilité de nos facultés , que nous pouvons à notre gré cultiver ou laisser stériles , où feroit la barrière de notre orgueil ?
3116 L‘ H O M M E Mais toi, univers , pourquoi n’es-tu fixe, ni dans ton essence , ni dans tes facultés ? C’est que tu descends d’agens qui sont produits & détachés de Dieu, comme l’homme immortel ; c’est que tu n’es que le résultat des facultés de ces agens, & que tu ne peux être le fruit de leur essence. Aussi tu dois passer , & tu es fragile auprès de l’homme & de tous les agens sortis de Dieu, comme les œuvres de la main de l’homme sont fragiles & mortes auprès des œuvres de la nature. Que l’esprit de l’homme suive dans tout son cours la progression des fixes & des variables , des réels & des apparens , des essences & des facultés, à mesure que les rameaux s’étendent & s’éloignent de leur souche. Toutes ces images se doivent retracer jusqu'aux derniers anneaux de la chaîne; par-tout se retrouve le principe central, & l’action extérieure qui en résulte. Mais en remontant , chaque principe central n’est lui - même qu’apparent pour le principe voisin qui l’engendre ; jusqu’à ce qu’on arrive à la région des fixes & des réels, ou à la région divine & à tous ses produits immortels. Nations , la science vous a desséchées. Ouvrez votre ame à la joie pure & à l’innocence ; la science n’en sera pas moins prompte à vous éclairer.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1ii4 of man stretching out his hands ceaselessly toward him who could give him alms, he stoops down, fills them with dust, and believes himself then in abundance and wealth. However long a circle time may make him travel, the old man dies no less empty of days, because he lets himself be deceived by time, and neglects to draw from it the saps of truth that wisdom has scattered there in abundance. Let wisdom remain in thy hand like a rod of iron. Strike man with it, constrain him in his ways, so that he never strays from thee. Carry before him the torch of truth, but do not entrust it to him; he would burn himself, he would let it fall, and would walk once more in darkness. Thou hast made me feel, from my youth, that it is truth that is natural to the soul of man, and not illusion and falsehood. Thou hast made me feel that the Angels await the reign of man, as man awaits the reign of God. Thou hast made me feel that, although man has not kept in his heart purity and courage, the Angels themselves still seek his alliance. Thou hast made me feel that, were there no priest to ordain man, it is the Lord himself who would ordain him, and who would heal him. Oh, how gentle they are, the healings wrought by the hand of the Lord! They take away almost nothing, they do nothing but give. Because, superior to the healings wrought by the hand of men, they
2H z are worked with instruments that carry within themselves a source of life and of creative principles. God is fixed in his essence and in his faculties. Man is fixed in his essence, but not in his faculties. The universe is fixed neither in its faculties nor in its essence. The faculties of God manifest themselves outside of him, without separating themselves from him. Whereas their essence, incommensurable with time, carries everywhere an impenetrable sanctuary, whence it perceives everything, without anything being able to perceive it. Why are we immortal? Because we descend from the essence and the faculties of God, and a living and eternal being cannot produce perishable beings. Why are we not God, as unity itself is? Because we are detached from God, while his faculties are not, and cannot be, since they are God as he himself is. Who could ever equal unity? Is it not enough, for our glory, to be his image through the fixity of our essence and the power to manifest our faculties? Is it not enough for man to be the work, or the most sublime thought, that wisdom and divine power could ever produce? And without the mobility of our faculties, which we may cultivate or leave barren as we please, where would be the barrier to our pride?
3116 MAN But thou, universe, why art thou fixed neither in thine essence nor in thy faculties? Because thou descendest from agents that are produced and detached from God, as immortal man is; because thou art but the result of the faculties of those agents, and canst not be the fruit of their essence. So thou must pass away, and thou art fragile beside man and beside every agent that has come forth from God, just as the works of the hand of man are fragile and dead beside the works of nature. Let the spirit of man follow, through its whole course, the progression of the fixed and the variable, of the real and the apparent, of essences and of faculties, as the branches extend and grow distant from their stem. All these images must retrace themselves down to the last links of the chain; everywhere is found again the central principle, and the outward action that results from it. But in ascending, each central principle is itself but apparent to the neighboring principle that engenders it; until one arrives at the region of the fixed and the real, or at the divine region and all its immortal products. Nations, science has withered you. Open your soul to pure joy and to innocence; science will be no less swift to enlighten you.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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