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One moment.
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1126 L‘ H 0 M M E Quelle patience , quelle industrie ne te faut - il pas , ô vérité sainte, pour faire pénétrer la vie dans l’âme des hommes ! Il faut que tu t’enveloppes ; il faut que tu dissimules , comme si tu avois des projets funestes contre eux. En vain l’homme de desir est brûlé de zèle ; il faut qu’il soigne ses semblables, sans qu’ils puissent même s’en apercevoir, ni le soupçonner. Tous ces obstacles, Seigneur, sont pour faire manifester ta puissance ; c’est pour montrer, que toi seul peux guérir l’âme des l'hommes & essuyer la fanie qui découle de leur plaie depuis la grande blessure, & leur rendre la lumière & l’intelligence. Et cependant ils ne craignent pas d’évoquer les morts pour les consulter, comme si toi seul n’étois pas le Dieu vivant ! Si vous vous occupez des morts, que ce ne soit que pour leur être utile ; n’imitez pas la Pythonisse, & ne consultez jamais que celui qui est seul le Dieu vivant. Est - ELLE donc si difficile à connoître , la destination première de l’homme ? Si cette découverte étoit impossible à la raison, Dieu nous auroit perdu de vue. Ce serait plus que ta justice qui nous lierait dans notre exil, ce seroic ta rigueur & ta cruauté. Mais il n’a pas besoin de cette effroyable ressource; il en est dispensé par sa puissance , il en est préservé par son amour. Ouvrez-vous,mes yeux, furies diverses occupations des hommes; &lisez-yle mobile qui est censé diriger toutes
2leurs institutions. Les armées n’ont - elles pas pour but de prévenir ou de réparer les torts que l’ennemi peut faire, ou qu’il a déjà faits à l’État ? Les lois n’ont - elles pas pour but de prévenir ou de réparer les torts que l'injustice ou les crimes peuvent faire ou ont déjà faits à la société ? Les religions n’ont-elles pas pour but de prévenir ou de réparer les torts que notre éloignement de Dieu peut faire ou a déjà faits à nos âmes ? Les sciences, soit sacrées, soit profanes , n’ont - elles pas pour but de prévenir ou de réparer les torts que l’ignorance peut faire ou a déjà faits à nos esprits ? Les connoissances médicinales n’ont - elles pas pour but de prévenir ou de réparer les torts que les maux peuvent faire ou ont déjà faits à notre santé? Je suis environné de trop de témoignages pour relier encore dans le doute. Homme , toutes tes fondions prises dans leur vrai sens, & purgées des abus qui les avilissent & les corrompent, me présentent sans cesse des torts’à redresser & des maux à guérir. Il faut donc que ton existence primitive ait eu pour objet une œuvre de restauration. Est - ce que ta loi première auroit changé? Est-ce qu’une loi conititutive peut cesser d’être ? Est - ce que ton caractère originel peut s’effacer ? Tu sors de Dieu, tu es l’extrait de toutes ses vertus. Dieu ne s’occupe qu’à redresser les êtres qui s’égarent 9 & à substituer par-tout le bien au mal. Lorsqu’il ta formé, pouvoit-il te donner un autre emploi que lefien, puisqu’il te puisoit dans sa propre source ? y
3128 L‘ H 0 M M E Tout borné, tout foible que tu es aujourd’hui, jette les yeux autour de toi. Ta loi t’a suivi : mais combien elle s’est resserrée ! combien elle a changé d’objet ! Est-ce sur tes semblables que tu devois exercer cette œuvre de restauration ? Est-ce contre ses concitoyens que le guerrier doit prendre les armes ? Est - ce contre la justice que les lois sévissent? Est-ce contre la vertu & la piété que les religions emploient leurs secours ? Est-ce contre les lumières & l’intelligence que les sciences cherchent à déployer leur ressources ? Est-ce contre la faute que l’art de guérir doit diriger ses secrets ? Pleure homme, pleure; verse des larmes de douleur, & apprends combien ton empire a changé ! Il est livré à une guerre civile universelle. C’est une preuve de ta grandeur , que tu t’occupes même aujourd’hui d’établir l’ordre par - tout & de combattre le désordre. Mais c’est une preuve de ta dégradation que tu aies à exercer ces fonctions sur des êtres de ton espèce. Réfléchis à ces témoins irrésistibles, & nie, si tu le peux, un crime originel. QU e feras - tu , postérité humaine, que deviendras- tu , lorsqu’à la fin le fort sera délié pour un peu de temps ? Tu auras été accoutumée à des siècles de faveurs. La loi de grâce t’aura préservée soigneusement . tu te croiras en surete. Tu ignores, que la force de l’ennemi s’est accumulée pendant son repos & pendant sa captivité. Mais la maison
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1126 L’ H 0 M M E What patience, what industry are needed of thee, O holy truth, to make life penetrate into the souls of men! Thou must veil thyself; thou must conceal thyself, as though thou hadst dire designs against them. In vain the man of desire burns with zeal; he must tend to his fellow men without their being able even to perceive it, or to suspect it. All these obstacles, Lord, exist to make thy power manifest; it is to show that thou alone canst heal the souls of men and wipe away the corruption that flows from their wound since the great injury, and restore to them light and understanding. And yet they do not fear to summon the dead to consult them, as though thou alone wert not the living God! If you concern yourselves with the dead, let it only be to be of use to them; do not imitate the Pythoness, and never consult any but him who alone is the living God. IS it, then, so difficult to know, man's first destination? If this discovery were impossible for reason, God would have lost sight of us. It would be more than thy justice that bound us within our exile, it would be thy severity and thy cruelty. But he has no need of this dreadful resource; he is spared it by his power, he is preserved from it by his love. Open, my eyes, upon the diverse occupations of men; and read there the motive that is supposed to direct all
2their institutions. Do not armies exist to prevent, or to repair, the wrongs the enemy may do, or has already done, to the State? Do not laws exist to prevent, or to repair, the wrongs that injustice or crimes may do, or have already done, to society? Do not religions exist to prevent, or to repair, the wrongs that our estrangement from God may do, or has already done, to our souls? Do not the sciences, whether sacred or profane, exist to prevent, or to repair, the wrongs that ignorance may do, or has already done, to our minds? Do not the medical arts exist to prevent, or to repair, the wrongs that illness may do, or has already done, to our health? I am surrounded by too many testimonies to remain any longer in doubt. Man, all thy functions, taken in their true sense, and purged of the abuses that degrade and corrupt them, present to me ceaselessly wrongs to redress and ills to heal. Thy original existence, then, must have had for its object a work of restoration. Could thy first law have changed? Can a constitutive law cease to be? Can thy original character be effaced? Thou comest from God, thou art the extract of all his virtues. God occupies himself only with setting right those beings who go astray 9, and with everywhere substituting good for evil. When he formed thee, could he have given thee any other office than his own, since he drew thee from his own source?
3128 L’ H 0 M M E However bounded, however weak thou art today, cast thy eyes about thee. Thy law has followed thee: but how it has narrowed! how it has changed its object! Was it upon thy fellow men that thou wast meant to exercise this work of restoration? Is it against his fellow citizens that the warrior must take up arms? Is it against justice that the laws are enforced? Is it against virtue and piety that religions employ their aid? Is it against light and understanding that the sciences seek to deploy their resources? Is it against innocence that the healing art must direct its secrets? Weep, man, weep; shed tears of sorrow, and learn how much thy dominion has changed! It is given over to a universal civil war. It is a proof of thy greatness, that thou still occupiest thyself today with establishing order everywhere and combating disorder. But it is a proof of thy degradation that thou must exercise these functions upon beings of thine own kind. Reflect upon these irresistible witnesses, and deny, if thou canst, an original crime. WHAT wilt thou do, human posterity, what wilt thou become, when at last the strong one is loosed for a little while? Thou wilt have grown accustomed to centuries of favors. The law of grace will have carefully preserved thee, thou wilt believe thyself safe. Thou dost not know that the strength of the enemy has been gathering during his rest and during his captivity. But the house
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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