Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
181 Du milieu de ce magnifique spectacle, je voyois l’ame humaine s’élever , comme le soleil radieux fort du sein des ondes ; Encore plus majestueuse que lui, & faite pour une autre destinée , elle n’étoit point enchaînée comme lui dans un cours circulaire, où , lorsqu’elle auroit atteint son dernier point d’élévation, elle eût été forcée de décliner, sans jamais séjourner à demeure dans le lieu de repos. Mais suivant rapidement la ligne de l'infini, où elle a puisé la naissance , elle s’élevoit vers le sommet des cieux, & tendoit, sans la moindre déviation, vers ce centre unique qui, siégeant de toute éternité au rang suprême, ne pourra jamais décliner, ni descendre de ce trône vivant, où il n’a jamais eu besoin de monter. A mesure que famé humaine parcouroit les degrés de cette ligne infinie, je voyois les puissances des régions s’approcher d’elle, la soutenir de leurs aîles, chasser de leur souffle vivant le reste des souillures qu’elle avoit con- tractées pendant son sommeil ici-bas, > Et ensuite tracer sur elle, avec leurs mains de feu, l’attestation authentique de son initiation ; afin qu’en se pré- 1 sentant à la région suivante,l’entrée lui en fût promptement ouverte, & qu’elle y reçût une nouvelle purification & une a nouvelle récompense. Après être parvenue au dernier degré de cette ligne à de vie, je la voyois prendre sa place sous les por- * tiques de la sainte Jérusalem , siéger même sur les trônes € d’Israël, employer des jours éternels de paix à administrer les lois divines parmi l'immensité des êtres 3 & « F
282 L’HOMME jouir à jamais du droit ineffable d’être nourrie de la table du Sanctuaire. QUAND cesserez - vous de croire que vous n’ayez aucun indice sur les choses qui vous ont précédé, & qu’il vous soit impossible de jamais en avoir la moindre trace ? Ecoutez : sans vous réfugier dans les choses de convention & arbitraires , quand même vous ne seriez pas juste , vous n’êtes point absolument dénué d’idées de justice distributive. Quand vous nui fez à votre semblable, il est bien quelques instans où vous sentez que vous souffririez , s’il vous faisoit le même traitement : & si votre préjugé & votre passion se reposent un moment, ils vous laissent voir que vous vous êtes égaré. D’où vous vient le sentiment de cette balance , auquel vous cédez dans votre for intérieur , quand même vous n’auriez pas toujours la force d'y être fidelle dans votre conduite ? Voilà une éteincelle du feu qui brilloit dans un temps dont vous n’avez aucun souvenir. C’est un monument, c’est une antique, qui vous met sur la voie des sciences de fontemps. C’est un germe des plantes qui ont végété dans le champ des êtres , où vous avez prisl’existence. il est vrai, vous ne connoiffez point encore l’arbre, & vous ne pouvez en avoir d’idée, s’il n’a pas même encore poussé le moindre bourgeon. Mais n'est-ce pas assez d’en
383 avoir le germe, pour ne pas dire que vous êtes absolument sans secours ? Au lieu de laisser dépérir ce germe , commencez par le mettre en culture, plantez-le, soignez-le, arro fez-le. Vous voyez, qu’avec de pareilles attentions les germes les plus étrangers à notre climat produisent des arbres de leur espèce, & procurent mille avantages à ceux qui les cultivent. Savez - vous ce que ce germe va vous produire ? selon toute apparence, l’arbre même & peut-être , si vous persévérez , toute une forêt. Ces arbres fixeront sur eux les eaux de l’atmosphère 2 qui arroseront vos contrées & y entretiendront la végétation. Ces eaux , après avoir pénétré la terre, en ressortiront pour entraîner dans leur cours , des parcelles d’or qui vous aideront à trouver la mine , des souffres onctueux & des sels bienfaisans qui rétabliront l’ordre & l’équilibre dans vos liqueurs. Tous les arbres qui vont se multiplier, serviront d’asile & de retraite aux animaux terrestres qui viendront s’établir sous leur ombrage. Tous les oiseaux du ciel viendront se reposer sur leurs branches , y perpétuer leur espèce, & ravir votre oreille par leurs concerts. Vous pourrez employer quelques-uns de ces arbres à vous réchauffer dans la froidure, à vous former des cabanes contre les injures de l’air, & même à vous construire des navires qui vous transporteront dans toutes les régions du monde. Vous pourrez en découvrir les sciences , les lois, en même temps que toutes les richesses , & vous mettre F 2-
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
181 From the midst of this magnificent spectacle, I saw the human soul rise up, like the radiant sun issuing from the bosom of the waves; yet more majestic still than it, and made for another destiny, it was not bound, as the sun is, within a circular course, where, once it had reached its highest point, it would be forced to decline, without ever dwelling permanently in a place of rest. But following swiftly the line of the infinite, whence it had drawn its birth, it rose toward the summit of the heavens, and tended, without the least deviation, toward that single center which, seated from all eternity in the supreme rank, can never decline, nor descend from that living throne, which it never needed to ascend. As the human soul traversed the degrees of this infinite line, I saw the powers of the regions draw near to it, sustain it with their wings, drive away with their living breath the remaining stains it had contracted during its sleep here below; And then trace upon it, with their hands of fire, the authentic attestation of its initiation; so that, upon presenting itself 1 to the next region, entry might be swiftly opened to it, and it might receive there a new purification and a new reward. After having reached the final degree of this line of life, I saw it take its place beneath the porticoes of holy Jerusalem, sit even upon the thrones of Israel, and spend eternal days of peace administering the divine laws amid the immensity of beings 3, and F
282 MAN to enjoy forever the ineffable right of being nourished at the table of the Sanctuary. WHEN will you cease to believe that you have no trace of the things that preceded you, and that it is impossible for you ever to have the least vestige of them? Listen: without taking refuge in things of convention and arbitrary usage, even were you not just, you are not altogether devoid of ideas of distributive justice. When you do harm to your fellow man, there are always some moments in which you feel that you would suffer, were he to treat you the same way: and if your prejudice and your passion rest for a moment, they let you see that you have gone astray. Whence comes to you this sense of balance, to which you yield in your inmost self, even when you have not always had the strength to be faithful to it in your conduct? Behold a spark of the fire that shone in a time of which you have no memory. It is a monument, it is a relic, that sets you upon the path of the sciences of that former time. It is a seed of the plants that once grew in the field of beings, whence you drew your own existence. It is true, you do not yet know the tree, and you can have no idea of it, if it has not yet even put forth the least bud. But is it not enough, of it,
383 to have the seed, so as not to say that you are utterly without help? Instead of letting this seed wither, begin by cultivating it, plant it, tend it, water it. You see that, with such care, even seeds most foreign to our climate produce trees of their own kind, and yield a thousand advantages to those who cultivate them. Do you know what this seed will produce for you? in all likelihood, the tree itself, and perhaps, if you persevere, an entire forest. These trees will fix upon themselves the waters of the atmosphere 2, which will water your lands and sustain their vegetation there. These waters, after having penetrated the earth, will issue forth again to carry along in their course particles of gold that will help you find the mine, unctuous sulfurs and beneficent salts that will restore order and balance to your fluids. All the trees that will multiply will serve as refuge and shelter for the earthly animals that will come to settle beneath their shade. All the birds of the sky will come to rest upon their branches, to perpetuate their kind there, and to delight your ear with their songs. You will be able to use some of these trees to warm yourselves in the cold, to build yourselves cabins against the injuries of the air, and even to build yourselves ships that will carry you to every region of the world. You will be able to discover through them the sciences, the laws, along with every kind of wealth, and to set yourself F 2-
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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