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One moment.
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184 L‘ H 0 M M E à portée de connoître les constellations de toutes les parties du ciel. Vous-mêmes , en promenant vos pas sous les voûtes sombres de la forêt , & vous pénétrant du recueillement que ces lieux inspirent, peut-être y acquerrez - vous des notions sur le buisson ardent , & sur votre mission auprès de vos frères qui sont en captivité sous le roi des Egyptiens ? Ne dites donc plus que l’histoire ancienne de votre être vous a laisse sans indices & sans monument, puisqu avec le seul germe qu’elle vous a transmis, vous pouvez la faire revivre toute entière. A quels rudes combats nous exposent les obstacles que nous apportons lors de notre naissance ! Ce n’est point en les évitant que nous remporterons la victoire. Ils nous sont envoyés pour que notre constance & notre bravoure nous fassent recouvrer ce qu’on nous retient de notre héritage. Que sont nos guerres temporelles , où il ne s’agit que de poursuivre la conquête d’un pays & d’une citadelle qui sont sous les yeux ? Ici» il faut que notre âme , par ses efforts, produise & crée en quelque ■ forte ce qu’on nous a ravi. L’héritage universel avoit été distribué à toute la famille humaine , chaque famille particulière devoit en recevoir sa portion. Chaque individu devoit recevoir, avec la vie,
285 tous les secours , toutes les armes dont nous avons besoin pour remplir notre emploi. Si l’on n’a point veillé pour nous à cet héritage, si l’on en a laissé dérober une partie, nous n'en sommes pas moins obligés à notre oeuvre , comme si nous avions tout reçu. Voilà le malheur secret de tant de mortels ; voilà l’état de violence. Les héritages sont confondus ; ils passent dans des mains étrangères & illégitimes. Le baptême del’esprit est le seul remède qui puisse tout reproduire en nous, fussions-nous la proie de l’indigence- & de la mort. C’est lui seul qui nous rend cet ancien droit devie & de mort , que nous avions, & qui est autre que de répandre le sang. Si tu as de l’ardeur & un goût exclusif pour la vérité, ne te plains pas des obstacles qui t’environnent; ton fort est beau, puisque tu es chargé toi-même de créer tous tes trophées, & de te régénérer dans le baptême de l’esprit. Réjouissez-vous , âmes humaines , connoiffez la subli- mité de vos droits. Après avoir recouvré votre propre héritage , vous pouvez prier pour ceux qui vous avoient porté de si grands préjudices, & obtenir que leur mesure leur soit rendue. Couvrons, couvrons les fautes de nos pères ; nos pères sont nos dieux sur la terre. Comment un dieu ne feroit-il pas , pour notre cœur comme pour notre pensée, un être sans tache & irréprochable ? Etre fidelles au seul vrai Dieu, & honorer nos pères : voilà les deux plus grands préceptes du décalogue , puis- S 3
386 L‘ H 0 M M E que ce sont les seuls à l’observation desquels ilfoit promis des récompenses. QUE l’homme sépare son ame de tous les objets qui l’entourent, ils ne seront plus rien pour lui ; il ne les goûte que par sa vie, qui seule fait pour lui toute la valeur des choses. Quel autre que lui feroit le véritable auteur de ses écarts & de ses illusions, puisqu’il a en lui un principe de vérité & de vie, & qu’il ne peut trouver de vie dans les êtres morts que ce qu’il y porte ? Malheureux homme , tu peux, en détournant ton ame, empêcher que la vie divine elle-même ne pénètre en toi ; tu n’ es pas créateur de la vie, mais tu en es l’arbitre & le ministre dans ton domaine. Quelle différence de sensation, lorsqu’il se place sous l'action suprême , ou lorsqu’il descend aux objets inférieurs ! Ils lui causent souvent de la joie, il est vrai, puisqu’il y porte sa vie, & que le sentiment de la vie est toujours une affection douce pour tous les êtres. Mais fonde cette joie : tu la trouveras convulsive , & s’appuyant sur des relations ; elle frémira en secret de rencontrer des objets de comparaison, qui la gênent, qui la condamnent & qui la détruisent. Action supérieure, tu places l’homme au-dessus de tous les objets ; la joie que tu procures, ne redoute la comparaison d’aucun d’eux. Elle est égale, calme , toujours croissante , parce que c’est la vie qui puise dans la vie, &
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
184 L’ H 0 M M E within reach of knowing the constellations of every part of the sky. You yourselves, in walking beneath the shadowy vaults of the forest, and letting yourselves be filled with the recollection such places inspire, may perhaps there gain some notion of the burning bush, and of your mission to your brethren who are in captivity beneath the king of the Egyptians. Say no longer, then, that the ancient history of your being has left you without traces and without monument, since, with the mere seed it has passed on to you, you can bring it back to life entire. To what harsh battles the obstacles that beset us at our birth expose us! It is not by avoiding them that we shall win the victory. They are sent to us so that our steadfastness and our courage may cause us to recover what is being withheld from our inheritance. What are our temporal wars, in which it is only a matter of pursuing the conquest of a land and a citadel that lie before our eyes? Here, our soul must, through its own efforts, produce and, in some sense, create what has been taken from us. The universal inheritance had been distributed to the whole human family, each particular family was to receive its portion of it. Each individual was to receive, along with life,
285 all the aid, all the weapons we need to fulfill our office. If no one has watched over this inheritance for us, if part of it has been allowed to be stolen away, we are no less obliged to our task, as though we had received everything. This is the secret misfortune of so many mortals; this is the state of violence. Inheritances are confounded; they pass into foreign and illegitimate hands. The baptism of the spirit is the only remedy that can reproduce everything within us, were we the prey of poverty and of death. It alone restores to us that ancient right of life and death which we possessed, and which is other than the shedding of blood. If thou hast ardor and an exclusive taste for truth, do not complain of the obstacles that surround thee; thy lot is fair, since thou art thyself charged with creating all thy trophies, and with regenerating thyself in the baptism of the spirit. Rejoice, human souls, know the sublimity of your rights. Having recovered your own inheritance, you can pray for those who had done you such great wrongs, and obtain that their own measure be meted out to them in turn. Let us cover, let us cover the faults of our fathers; our fathers are our gods upon the earth. How could a god not be, for our heart as for our thought, a being without stain and irreproachable? To be faithful to the one true God, and to honor our fathers: these are the two greatest precepts of the decalogue, since S 3
386 L’ H 0 M M E these are the only ones to whose observance rewards are promised. LET man separate his soul from every object that surrounds him, and they will be nothing more to him; he tastes them only through his own life, which alone gives them their whole worth for him. Who else but he would be the true author of his own errings and his own illusions, since he has within him a principle of truth and of life, and since he can find in dead things only what life he himself brings to them? Wretched man, thou canst, by turning thy soul away, prevent even divine life itself from penetrating into thee; thou art not the creator of life, but thou art its arbiter and its steward within thy own domain. What a difference of sensation, when he places himself beneath the supreme action, or when he descends to inferior objects! These often cause him joy, it is true, since he brings his own life to them, and since the sense of life is always a gentle affection for every being. But sound that joy: thou wilt find it convulsive, and resting upon relations; it will tremble secretly at meeting objects of comparison, which constrain it, which condemn it, and which destroy it. Superior action, thou dost set man above every object; the joy thou dost bestow dreads comparison with none of them. It is equal, calm, ever increasing, because it is life drawing upon life, and
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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