Fetching
One moment.
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130 L‘ H O M M E Où feraient ses bords, puisqu’il agit par-tout ? Est-il rien qui dans la région de la vie puisse résister à ion impulsion ? Ici bas cette ligne procède également sans se déranger de son cours ; elle agit sans cesse sur le mal même , pour en redresser la déviation. Mais elle ne procède que dans des courans partiels & atténués, & le mal a le pouvoir de s’opposer à leur action. Principe du mal, tu t’es dépravé volontairement dans tes facultés, parce qu’elles ne sont pas fixes ; tu ne pourras jamais te dépraver dans ton essence , qui est impérissable. C’est être peu réfléchi que de chercher en toi une clef plus positive , & une autre origine à ton existence. Si la vie est, la mort ne peut pas être, car il y auroit deux choses. Tu ne tires ton origine dépravée que de ton attache aux images de l’être. N'est-ce pas pour t’être contemplé, toi qui n’étois qu’imagé de Dieu, que tu es tombé dans les ténèbres ? N’est-ce pas le même crime qui s’est répété universellement ? Et dans nos arts , dans nos passions , & dans nos superstitions populaires & matérielles, ne voyons-nous pas par-tout la contemplation des signes & des images, au lieu du culte des principes & des modèles ? L’homme, en s’approchant du mal, engendre une image de son action sausse, qui devient son tourment quand il s’élève & qu’il la contemple. En s’approchant du bien , il engendre une œuvre vive qui devient sa consolation de tous les momens. Consultez donc vos deux substances, & il n’y aura rien parmi les causes finales ou les raisons des choses, qui ne puisse vous être dévoilé.
231 Seigneur, vous avez mis dans les germes toutes les propriétés abrégées de leur principe ; puisque vous êtes vous-même notre principe , toutes les lumières & toutes les vertus peuvent briller en nous. Mais , infortunés mortels, combien avez-vous jeté de fange sur ce flambeau, au lieu de le dégager sans cesse de ses enveloppes ; & ensuite vous vous êtes plaints de, ne le plus voir. Ce n’est plus le temps de dire, comme David: Seigneur , j’ai crié vers vous le jour & la nuit, & vous ne m’avez point écouté. Les portes du temple n’étoient point encore ouvertes ; les peuples se tenoient assis sur les marches du parvis. Ils attendoient, les mains enveloppées dans leurs vête- mens, que l’aurore parût, & que les portiers appelés par l’heure propice , vinssent donner accès à la prière. Le jour est venu, nous pouvons nous avancer jusqu’à l’autel. Nous n’avons plus besoin , ô prophètes, de crier comme vous , jusqu’à nous rompre les reins, pour être entendus. Nous sommes près du grand prêtre ; d’un coup d’œil il juge si notre foi est sincère, & si notre offrande est pure. L’amour anime-t-il vos yeux, & les remplit-il de douces larmes ? voilà votre demande, voilà votre prière. Vous êtes exaucés ; le grand sacrificateur est d’intelligence avec vous. Retournez dans vos maisons, comblés de biens.
3Mais Chaque jour, renouvelez les mêmes demandes avec la même sincérité, & vous recevrez les mêmes bénédictions. Les patriarches ont défriché le champ de la vie ; Les prophètes ont semé ; le Sauveur a donné la maturité : Nous pouvons à tout moment recueillir la moisson la plus abondante. N’at-il pas vaincu l’ennemi ? Il n’a point été tenté dans ses sens & dans sa matière, parce que son corps étoit formé d'élémens purs, & que c’étoit la voie de l’amour & non la voie du péché, qui l’avoit placé dans la région des corps. Il n’a point été tenté dans ses sens & dans sa matière, parce que ce n’est point par les sens & par la matière que le crime de l’homme avoit commencé. Il n’a été tenté qu’à l’occasion de sa matière, parce que la matière est la voie du désordre & du mensonge. Mais il a été tenté dans son amour & dans sa fidélité, parce que l’esprit l’avoit conduit dans le désert; Parce que l’amour lui avoit fait quitter le séjour de sa gloire, pour se plonger dans nos abymes ; Parce qu’étant sorti de sa place pour approcher du désordre, il ne pouvoit éviter de sentir le choc de ses veneneuses influences; Parce que lui seul, comme source de la puissance, pou- voit apporter à l’homme la force & les moyens de vaincre, l’ennemi ; Et parce que, quand l’âme a vaincu l’ennemi dans l’esprit , il ne peut plus la tenter, ni dans sa matière, ni par sa matière.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
130 MAN Where would its shores be, since it acts everywhere? Is there anything, in the region of life, that can resist its impulse? Here below, this line proceeds equally without deviating from its course; it acts ceaselessly even upon evil, to correct its deviation. But it proceeds only in partial and attenuated currents, and evil has the power to oppose their action. Principle of evil, thou hast depraved thyself voluntarily in thy faculties, because they are not fixed; thou canst never deprave thyself in thy essence, which is imperishable. It shows little reflection to seek within thyself a more positive key, and another origin for thy existence. If life is, death cannot be, for there would then be two things. Thou drawest thy depraved origin only from thy attachment to the images of being. Was it not for having contemplated thyself, thou who wast but an image of God, that thou didst fall into darkness? Is it not the same crime that has repeated itself universally? And in our arts, in our passions, and in our popular and material superstitions, do we not everywhere see the contemplation of signs and images, in place of the worship of principles and models? Man, in drawing near to evil, engenders an image of his false action, which becomes his torment when he rises up and contemplates it. In drawing near to good, he engenders a living work which becomes his consolation at every moment. Consult, then, your two substances, and there will be nothing among final causes or the reasons of things that cannot be unveiled to you.
231 Lord, thou hast placed within the germs all the abridged properties of their principle; since thou art thyself our principle, every light and every virtue can shine within us. But, unhappy mortals, how much filth have you thrown upon this torch, instead of ceaselessly freeing it from its wrappings; and then you have complained of no longer seeing it. It is no longer the time to say, as David did: Lord, I have cried unto thee day and night, and thou hast not heard me. The doors of the temple were not yet open; the peoples sat upon the steps of the forecourt. They waited, their hands wrapped in their garments, for the dawn to appear, and for the gatekeepers, called at the propitious hour, to come and grant access to prayer. The day has come, we can advance even to the altar. We no longer need, O prophets, to cry out as you did, until our loins are broken, to be heard. We are near the high priest; with a single glance he judges whether our faith is sincere, and whether our offering is pure. Does love animate your eyes, and fill them with sweet tears? That is your petition, that is your prayer. You are heard; the great sacrificer is in accord with you. Return to your homes, laden with blessings.
3But each day, renew the same petitions with the same sincerity, and you will receive the same blessings. The patriarchs cleared the field of life; the prophets sowed the seed; the Savior brought it to maturity: we can, at every moment, gather the most abundant harvest. Has he not conquered the enemy? He was not tempted in his senses and in his flesh, because his body was formed of pure elements, and because it was the way of love, and not the way of sin, that had placed him in the region of bodies. He was not tempted in his senses and in his flesh, because it was not through the senses and through the flesh that man's crime had begun. He was tempted only on the occasion of his flesh, because flesh is the way of disorder and falsehood. But he was tempted in his love and in his fidelity, because the spirit had led him into the desert; because love had made him leave the abode of his glory, to plunge into our abysses; because, having gone forth from his place to draw near to disorder, he could not avoid feeling the shock of its poisonous influences; because he alone, as the source of power, could bring to man the strength and the means to conquer the enemy; and because, once the soul has conquered the enemy in the spirit, it can no longer be tempted, either in its flesh or through its flesh.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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