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1318 L’HOMME jeftueux , sanctifié par l’espri t saint , dans lequel le fils fait briller la sanctification du père ! Tu deviens un foyer d’amour & de puissance , à qui tout cède , & dans qui tous les trésors de la vérité viennent se réunir. Qui a pénétré dans toute sa profondeur le sens & l'expression du signe quadruple , agissant à la fois sur toutes les dimensions des êtres ? QUE sont-elles devenues, ces affections délicieuses, ces douces vertus, qui embellissoient ton existence ! Ces plantes salutaires se sont arrêtées dans leur croissance. De nombreuses épines les ont ombragées , & leur ont ôté l’afpeét du soleil. L’homme est-ilmort? N’y a-t-il plus pour lui d'espérance, & faut-il le descendre dans le tombeau? Les vers de la terre sont - ils .prêts à le dévorer ? Arrêtez - vous, ministres de la mort ; la vengeance est suspendue. Lève-toi , homme précieux à ton Dieu ; il t’aime tant ! Le dirai-je, il t’honore assez , pour sacrifier sa propre gloire à la grandeur qu’il t’a donnée. Il aime mieux être humilié que de te voir périr. Lève-toi. Ne te rebute pas, si, après tes crimes, tout commence pour toi par des ombres. Les régions lumineuses auront leur tour. Elles sont liées à ta vie; c’est au milieu d’elles que tu étois né.
231g Toutes les forteresses du Seigneur te seront ouvertes, & tu en feras regardé comme le fidelle maître. Tu y verras ceux de tes frères qui languissent dans l’indigence, ou dans les supplices. Tu verras ceux que leur sagesse à se servir des secours qui leur étoient envoyés , a placés dans des régions plus heureuses. Tu verras tous les ressorts actifs & secrets, dont la main suprême se sert pour exercer sa justice & pour répandre ses bienfaits. Ne t’arrête pas trop long-temps à contempler cette grandeur, presque infinie, qu’il t’a donnée par ta nature. C’est par là que ses enfans sont devenus les enfans de l’orgueil, & qu’il les a séparés de lui. C’est par là que l’homme est devenu un roseau fragile, sur lequel la main de Dieu ne peut presque plus s’appuyer. Attache-toi par-dessus tout à sentir la supériorité de ce suprême principe ; son amour incommensurable à ta . pensée, & ton absolu néant devant lui, s’il lui plaisoit de te laisser dans les ténèbres. 226. ‘s t JÉRÉMIE te demandoit donc , Seignel, de le châtier dans ta justice , & non dans ta fureur, de peur de • le réduire au néant! Ce sont donc là les deux voies que tu emploies pour punir l’homme! Tu^ obligé d’être * sévère pour lui , quand il ne lui suffit par que tu fois juste.
3C’est 320 L‘ H O M M E Mais tu as aussi deux voies pour lui communiquer tes faveurs. L’une est ta miséricorde & l'autre efl ton amour. Si Dieu est si terrible dans sa justice , que ne doit - il pas être dans sa sévérité ou dans sa fureur ! Sa fureur est pour les impies ; sa justice est pour les desobéissans ; sa miséricorde est pour les foibles , dont il veut bien oublier les fautes. Son amour est pour ceux en qui même il les arrête & les prévient. Si Dieu est si doux dans sa miséricorde, que doit-il donc être dans son amour ! Hommes , vous exigez toujours plus que la mesure. Dieu exige toujours moins , s’il voit qu’on le recherche & qu’on l’aime. Mais ce n’est qu’aux petits & aux simples à entendre ces vérités. La croyance n’est - elle pas notre état naturel ? Qui est-ce qui est plus disposé à la foi que l’enfant ? C’est aussi parce qu’il est le plus près - de l’état de nature. Le savant & l’homme politique croient se perfectionner. Cependant ils ont chasle de chez eux toute croyance. Comment se persuader alors qu’ils ont suivi, par là, le vœu de la nature ? Mont - coma les âmes qui vous honoreront, Seigneur? & Te sont - elles pas semblables aux morts qui sont sous ^^rre , & de qui vous n attende^ plus, ni la gloire, ni l’hoifygiir fai pont dus à la justice du Seigneur? Quelleeftdume qui vous honorera? C’est Paine qui efl trifle , àeh e de l’énormité du mal, qui marche toute courbée & toute abattue , dont les yeux sont dans la langueur & la défaillance.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1318 MAN man, sanctified by the holy spirit, in whom the son makes the sanctification of the father shine forth! Thou becomest a hearth of love and of power, to which everything yields, and within which all the treasures of truth come to gather. Who has penetrated, in all its depth, the meaning and the expression of the fourfold sign, acting at once upon every dimension of beings? WHAT have they become, those delightful affections, those sweet virtues, which embellished thy existence! Those healing plants have stopped in their growth. Numerous thorns have overshadowed them, and have taken from them the aspect of the sun. Is man dead? Is there no longer any hope for him, and must he be lowered into the tomb? Are the worms of the earth ready to devour him? Stop yourselves, ministers of death; vengeance is suspended. Rise up, man precious to thy God; he loves thee so much! Shall I say it, he honors thee enough to sacrifice his own glory to the greatness he has given thee. He would rather be humbled than see thee perish. Rise up. Do not lose heart, if, after thy crimes, everything begins for thee amid shadows. The luminous regions shall have their turn. They are bound to thy life; it was in their midst that thou wast born.
231g All the fortresses of the Lord shall be opened to thee, and thou shalt be regarded as their faithful master. Thou shalt see there those of thy brethren who languish in indigence, or in torments. Thou shalt see those whom their wisdom, in making use of the aids sent to them, has placed within happier regions. Thou shalt see all the active and secret springs, by which the supreme hand exercises its justice and spreads its blessings. Do not linger too long in contemplating that almost infinite greatness he has given thee through thy nature. It is by this that his children became the children of pride, and that he separated them from himself. It is by this that man became a fragile reed, upon which the hand of God can scarcely lean any longer. Attach thyself, above all things, to feeling the superiority of that supreme principle; his love immeasurable to thy thought, and thy absolute nothingness before him, were it to please him to leave thee within the darkness. 226. JEREMIAH asked, then, Lord, to be chastised in thy justice, and not in thy fury, for fear of being reduced to nothing! Are these, then, the two ways thou employest to punish man! Thou art obliged to be severe with him, when it does not suffice him that thou art just.
3C'est 320 MAN But thou hast also two ways of communicating thy favors to him. The one is thy mercy and the other is thy love. If God is so terrible in his justice, what must he not be in his severity or in his fury! His fury is for the impious; his justice is for the disobedient; his mercy is for the weak, whose faults he is willing to forget. His love is for those in whom he even arrests and prevents them. If God is so gentle in his mercy, what must he then be in his love! Men, you always demand more than the measure. God always demands less, if he sees that he is sought and loved. But it is only for the little and the simple to understand these truths. Is not belief our natural state? Who is more disposed to faith than a child? It is also because he is nearest to the state of nature. The learned man and the statesman believe themselves to be perfecting themselves. Yet they have driven every belief from their homes. How, then, can they persuade themselves that they have thereby followed the wish of nature? How many are the souls that will honor you, Lord? and are they not like the dead who are beneath the earth, from whom you no longer expect glory or the homage due to the justice of the Lord? What soul shall honor you? It is the soul that is sad, weighed down by the enormity of evil, that walks all bent and all downcast, whose eyes are within languor and faintness.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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