Fetching
One moment.
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1M 4 183 Si tu veux le suivre dans sa charité, qui peut limiter tes espérances? Si la prière du juste peut tout, commence donc par te justifier ; tu pourras prouver Dieu à tous tes pas, en tout temps & sans celle, comme si tu avois déjà déposé ta dépouille humaine. I Oui, nous sommes tous armés, & nous devons tous vaincre si nous voulons arriver ; mais nous ne devons pas vaincre tous de la même manière. Les uns ont à vaincre dans leurs passions, les autres dans les faux exemples, dans les impérieuses conventions du monde, dans les maux corporels, dans les tribulations de la pensée, dans les disproportions de mesure ; quand l’un n’en est encore qu’aux figures, & que l’autre en est aux réalités. Il en est qui ont à supporter les douleurs de la charité universelle , qui se réveillent en nous quand Dieu nous envoie quelques rayons de son ardent amour pour l’humanité. Seigneur, fais approcher le Ciel entier du cœur de l’homme ; & que ce foyer brûlant lui fasse éprouver ces tourmens si salutaires ! Esprit de l’homme, tous les obstacles sont compensés par des dons & par des vertus analogues. L’homme passionné n’a-t-il pas la force ? l’homme malheureux n’a-t-il pas l'industrie ou le courage ? l’homme foible n’a-t-il pas la douceur & la prudence? l’homme affligé des douleurs de l’âme , ne reçoit-il pas la lumière, la confiance & la résignation ?
2184 L‘ H 0 M M E Les maux qui nous sont envoyés , ne nous vaincroient jamais, si nous ne repoussions les secours analogues qui les accompagnent à dessein. Espritde l’homme, applique cette consolante observation au grand œuvre de la Divinité ; vois combien est vaste, sage & douce 3 la distribution de ses dons sur les divers élus. Ils sont chargés de balancer & d’effacer tous les désordres cachés à l’homme de matière. Ils souffrent sans doute des douleurs inexprimables : mais qui pourroit aussi exprimer leurs consolations ? Par quel moyen le son peut-il se former & se faire entendre ? N‘est-ce pas par une compression sur la matière ,. & par la dilatation de l’air ? Il n’en faut pas davantage pour nous donner l’idée du principe de l’harmonie. La nature & le silence sont synonymes , puisqu’elle ne parle point. Il faut que ses barrières se brisent, pour que les sons harmoniques se fassent entendre. N’en est-il pas de même de toutes nos sensations ? sont- elles autre chose que le contact de notre principe interne avec le principe externe de tout ce qui existe ? De là cette doctrine , que nous voyons tout en Dieu: mortels, pourquoi l’avez-vous portée trop loin ? Il y a deux classes ; mais dans ces deux classes l’union ne peut se faire sans rupture. N’y a-t-il pas deux forces en opposition ? l’une pour arrêter l’union ; l’autre pour
3185 la favoriser ? N’y a-t-il pas en outre le principe qui donne , & le principe qui reçoit ? Ces quatre nombres peignent au naturel la loi de toutes les opérations divines & physiques. Dans ces opérations , tous les corps sont les réceptacles. Mais les corps , & tous les êtres matériels, ne sont que des réceptacles sensitifs. L’homme est à la fois, & un réceptacle sensitif, & un réceptacle moral & contemplatif. Méditez sur les couleurs ; vous n’en trouverez que trois pour la nature périssable , & l’une d’elles est celle de la mort. Vous en trouverez quatre pour la nature impérissable , & l’une d’elles est celle de la vie. Mortels , ce n’est rien de connoître ces vérités , ce n’est rien d’en être convaincu ; le tout est de les réaliser, & de ne vous pas donner un instant de repos jusqu'à ce que les sensations morales vous soient devenues aussi naturelles que les sensations élémentaires le sont pour votre être sensible. POURQUOI l’agent suprême n’a-t-il aucun trouble dans le sentiment de son être & de sa puissance? c’est qu’il agit toujours & que son action ne peut avoir d’intervalle. Garde-toi de jamais réfléchir sur ta vertu ; tu ne con- noîtras plus le charme de ce beau nom, si tu t’arrêtes. Son prix n’est que dans le mouvement. Sans l'action effective & soutenue , elle ne sera qu’un germe avorté. Crains les choses faciles ; il t’est plus aisé de converser
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1M 4 183 If thou wilt follow him in his charity, what can ever limit thy hopes? If the prayer of the just can do all things, begin, then, by justifying thyself; thou wilt be able to prove God at every step, at all times and without ceasing, as though thou hadst already laid aside thy human remains. Yes, we are all armed, and we must all conquer if we wish to arrive; but we need not all conquer in the same manner. Some must conquer within their own passions, others within false examples, within the imperious conventions of the world, within bodily ills, within the tribulations of thought, within the disproportions of measure; while one is still only at the figures, and another is already at the realities. There are those who must bear the sorrows of universal charity, which awaken within us when God sends us some rays of his burning love for humanity. Lord, bring the whole of Heaven near to the heart of man; and let that burning hearth make him feel those torments so salutary! Spirit of man, every obstacle is compensated by gifts and by analogous virtues. Has not the passionate man his strength? has not the unhappy man his industry or his courage? has not the weak man his gentleness and his prudence? does not the man afflicted with sorrows of the soul receive light, trust, and resignation?
2184 L’ H 0 M M E The ills that are sent to us would never conquer us, if we did not reject the analogous aids that accompany them by design. Spirit of man, apply this consoling observation to the great work of the Divinity; see how vast, wise, and gentle 3 is the distribution of his gifts among the various elect. They are charged with balancing and effacing every disorder hidden from the man of matter. They suffer, no doubt, ineffable sorrows: but who could likewise express their consolations? By what means can sound be formed and made to be heard? Is it not through a compression upon matter, and through the dilation of the air? Nothing more is needed to give us the idea of the principle of harmony. Nature and silence are synonymous, since she does not speak. Her barriers must break, for harmonic sounds to be heard. Is it not the same with all our sensations? are they anything other than the contact of our inner principle with the outer principle of all that exists? Hence that doctrine, that we see all things in God: mortals, why have you carried it too far? There are two classes; but within these two classes, union cannot take place without rupture. Are there not two opposing forces? one to prevent union; the other to
3185 favor it? Is there not, besides, the principle that gives, and the principle that receives? These four numbers depict, in nature, the law of every divine and physical operation. Within these operations, every body is a receptacle. But bodies, and every material being, are only sensitive receptacles. Man is at once a sensitive receptacle, and a moral and contemplative receptacle. Meditate upon the colors; you will find only three for perishable nature, and one of them is that of death. You will find four for imperishable nature, and one of them is that of life. Mortals, it is nothing to know these truths, it is nothing to be convinced of them; the whole matter is to realize them, and to give yourselves no instant of rest, until moral sensations have become as natural to you as elemental sensations are to your sensible being. WHY does the supreme Agent have no disturbance in the sense of his own being and his own power? because he acts always, and his action can know no interval. Guard thyself from ever reflecting upon thy own virtue; thou wilt no longer know the charm of that fair name, if thou dost pause upon it. Its worth lies only in movement. Without effective and sustained action, it will remain but an aborted seed. Fear easy things; it is easier for thee to converse
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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