Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1L‘ H O M M E que d’écrire, plus aisé d’écrire que de prier , plus aisé de prier que d’agir. Les entretiens sont plus de bien à ton esprit qu’à ton ame ; le soin d’écrire & de méditer en fait plus à ton ame qu’à ton esprit : la prière soigneuse & confiante en fait à la fois à ton esprit & à ton ame. Ton action bien dirigée peut faire plaisir à Dieu même. Aussi c’est lui qui la donne ; & tout ce que tu peux par toi-même , c’est de la lui demander avec ardeur. Voyez où la pénurie d'action conduit les hommes insensiblement. Elles les conduit à la pénurie d’idées, & la pénurie d’idées les amène à n’avoir pour ressource que les récits. Tu es un être actif par ta nature ; quand tu vis éloigné des principes & des vérités qui éclairent, tu as recours à la peinture de leurs résultats, qui amuse. Aussi le monde est plein de gens qui récitent, & fort vide de gens qui instruisent. Ils prennent cette apparence d'action pour l'action même , tant l’homme est aisément trompé par les similitudes ! Poètes , orateurs , votre objet n’est que de bien dire; l'objet des sages est de bien penser; l’objet des justes est de bien agir. 1 19. Êtres pensans, vous tous qui avez reçu la même origine j pourquoi ne goûtez-vous pas les mêmes délices ! quel affligeant contraste votre situation fait naître dans la scène du monde & dans les mouvemens de mon cœur !
2Il y a un bonheur, & vous n’en jouiez pas tous ! Il y a une harmonie, & vous n’y participez point ! Il y a une mesure, & vous êtes dans le désordre ! Au milieu de cette harmonie divine, j’entends monter, comme du fond d’un abyme, des sons aigres, plaintifs, & que je prendrois même pour des blasphemes , si un mot aussi audacieux pouvoit jamais frapper la région pure & sainte , où la vérité fait son séjour. Mes jours de joie se sont changés en tristesse , mes cantiques ont fait place aux cris de la douleur. Quelle fête peut - il y avoir dans Jérusalem, lorsque ses. enfans sont en esclavage, & se sont rendus les flatteurs & les officiers des rois de V Egypte & de Babylone ? Mon pain ne sera plus désormais trempé que d’amertume, puisque parmi mes frères il en est qui sont dans Vindigence, & que d’autres se sont établi une demeure dans l'iniquité. Le mal tranche trop avec le bien, pour que l’homme de desir & de charité puisse avoir un moment de repos. Je pleurerai, mon Dieu, je pleurerai , jusqu’à ce que j’aie pu persuader mes frères, que vous seul pouvez nous consoler. 1 20. Veux-tu connoitre ta supériorité sur la nature? vois combien tu étends ou resserres à ton gré les facultés des animaux. Tu perfectionnes, si tu le veux, toutes les substances ; tu es un roi, tu es un ange de lumière, ou au moins tu devrois l’être.
3188 L‘ H 0 M M E Sais-tu pourquoi, plus les objets de tes études sont élevés , plus il t’est facile d’y faire des découvertes ? C'est, qu’à l’instar de ton esprit , ils sont plus proches de la vérité. N’hésite plus. Les sciences de l’esprit sont beaucoup plus sûres que celles de la matière. C’est pourquoi tous les écrivains sacrés disent la même chose ; tandis que les savans de l’ordre inférieur se combattent tous les uns & les autres. Regarde même autour de toi & sur les plus Amples lois de ce monde physique. Les astronomes prédisent plusieurs siècles d’avance les éclipses & les révolutions des cieux ; & ils pourroient à peine prédire , si demain le temps sera clair ou sombre. Homme , remplis - toi de confiance en ta nature & en celui qui t’a donné la pensée. Que cette foi ne soit point une croyance vague & stérile dans de vaines doctrines. Il faut qu’elle soit active & rapide comme un torrent ; mais il faut que ce torrent soit enflammé, pour se,pouvoir éclairer dans son cours. C’est pour que l’homme porte sa tête dans les cieux, qu’il ne trouve pas ici où reposer sa tête. Et pourquoi chercheroit - il ici à reposer sa tête ? Ne tient - il pas à l’unité ? & l’unité peut-elle trouver son repos dans l’ordre des mixtes ? Ame de l’homme, connois le repos qui est fait pour toi. C’est celui qui est propre à l’unité même : c’est de sentir qus tu es séparée de ce qui est désordre & corruption ; c’est de sentir que tu nages en liberté dans l’océan imperissable de la lumière de l’ordre & de la vie.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1MAN than to write, easier to write than to pray, easier to pray than to act. Conversations do more good to thy mind than to thy soul; the care of writing and of meditating does more for thy soul than for thy mind: careful and trusting prayer does good at once to thy mind and to thy soul. Thy well-directed action can even give pleasure to God himself. And so it is he who gives it; and all that thou canst do thyself is to ask it of him with ardor. See where the poverty of action leads men imperceptibly. It leads them to the poverty of ideas, and the poverty of ideas brings them to have, for their only resource, mere recitations. Thou art an active being by thy nature; when thou livest far from the principles and the truths that give light, thou hast recourse to the depiction of their results, which merely amuses. And so the world is full of people who recite, and quite empty of people who instruct. They mistake this appearance of action for action itself, so easily is man deceived by mere resemblances! Poets, orators, your object is only to speak well; the object of the wise is to think well; the object of the just is to act well. 1 19. Thinking beings, all of you who have received the same origin, why do you not taste the same delights! what an afflicting contrast your condition raises within the scene of the world, and within the movements of my heart!
2There is a happiness, and not all of you enjoy it! There is a harmony, and you do not partake of it! There is a measure, and you are within disorder! In the midst of this divine harmony, I hear rising, as though from the depths of an abyss, sounds harsh and plaintive, which I would even take for blasphemies, if so audacious a word could ever strike that pure and holy region where truth makes her dwelling. My days of joy have turned to sadness, my canticles have given way to cries of sorrow. What feast can there be in Jerusalem, when her children are in slavery, and have made themselves the flatterers and the officers of the kings of Egypt and of Babylon? My bread shall henceforth be steeped in nothing but bitterness, since among my brethren there are some who are in poverty, and others who have established themselves a dwelling within iniquity. Evil cuts too sharply against good, for the man of desire and of charity ever to have a moment's rest. I shall weep, my God, I shall weep, until I have been able to persuade my brethren that thou alone canst console us. 1 20. Wouldst thou know thy superiority over nature? see how much thou dost extend or restrain, at thy own will, the faculties of animals. Thou perfectest, if thou wilt, every substance; thou art a king, thou art an angel of light, or at least thou oughtest to be.
3188 L’ H 0 M M E Dost thou know why, the higher the objects of thy studies, the easier it is for thee to make discoveries there? It is because, like thy own spirit, they are closer to truth. Hesitate no longer. The sciences of the spirit are far more certain than those of matter. This is why every sacred writer says the same thing; whereas the learned men of the lower order all contend against one another. Look, indeed, around thee, even at the simplest laws of this physical world. Astronomers predict, centuries in advance, the eclipses and the revolutions of the heavens; and yet they could scarcely predict whether tomorrow's weather will be clear or dark. Man, fill thyself with confidence in thy own nature, and in him who gave thee thought. Let this faith be no vague and sterile belief in empty doctrines. It must be active and swift as a torrent; but that torrent must be aflame, in order to give light along its course. It is so that man may carry his head within the heavens, that he finds nowhere here to rest his head. And why should he seek here to rest his head? Does he not belong to unity? and can unity find its rest within the order of mixed things? Soul of man, know the rest that is made for thee. It is that which belongs to unity itself: it is to feel that thou art separated from all that is disorder and corruption; it is to feel that thou dost swim in freedom within the imperishable ocean of the light of order and of life.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
No commentary for this page.