118. Mais s'il arrivoit que ces écrits fussent lus , et que, par hasard , le peuple de Sodôms et autres semblables pourceaux se présentassent pour fouiller dans mon jardin de délices, et n'y pussent rien voir, ni comprendre, et n'y épluchassent que des vices et de l'ojjgueil, et ne se connussent ni eux, ni Dieu, ni encore moins ses enfans ; ce n'est point pour ceux-là que je veux rien écrire ; et je ferme mon livre avec un mur épais et des barres pour ces sauvages génisses du démon , et pour ces idiots qui sont enfoncés jusqu'aux oreilles dans les sépulcres de l'enfer , et ne se connoissent point euxniénies , mais font ce que fait le démon , leur professeur , et demeurent enfans de la sévérité
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j^j^ PRÉFACE.
colérique de Dieu. Si je désire donc d'écrire avec quelque clarté , c'est pour les enfans de Dieu. Le monde et le démon peuvent tempêter et rugir jusque dans Tabîme : car leur sablier est dressé. Alors chacun récoltera ce qu'il aura semé, et plusieurs seront chauffes par le feu de renfer , pour leur orgueil dédaigneux et insensé, quoiqu'ils ne l'aient pas cru en ce monde.
,9. En outre, je ne dois pas négliger de mettre ces choses par écrit , parce que Dieu demandera compte des dons de chacun , et comment il les a employés : car il exigera , avec usure , le talent qu'il aura* livré , et le donnera à celui qui auia beaucoup gagné. Mais comme je ne peux pas à présent faire plus pour lui , je me laisse gouverner à sa volonté , et je continue d'écrire selon mes connoissances.
220. Quant aux enfans de Dieu , ils apercevront bien ce que sont mes écrits ; car c'est un excellent témoignage ; et l'on en peut voir la preuve dans toutes les créatures ; oui , dans toutes'choses , et particulièrement dans lliomme , qui est l'image et la ressemblance de Eieu. Mais cela demeure caché aux enfans de la perversité, et est fortement fermé par un sceau. Quoique le démon puisse pressentir le coup , et exciter des tempêtes depuis rOiient jusqu'au
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Nord j néanmoins , dans l'arbre colérique , il croît un lys avec une racine , qui va aussi loin que larbre s'étend avec ses branches , et qui porte son parfum jusque dans le paradis de Dieu,
21. Un tems plein de merveilles s'avance; mais il commence dans la nuit : peu d'hommes ici bas le verront à cause de leur sommeil et de leur grande ivresse ; toutefois le soleil brillera pour les enfans au milieu de la nuit. Ainsi je recommande le lecteur au tendre amour de Dieu,
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DES TROIS PRINCIPES
DE L'ESSENCE DIVINE.
CHAPITRE PREMIER.
Du premier principe de Tessence divine.
3I. r uisQxTE nous nous proposons ici de parler de Dieu et d*exposerce qu'il est , et où il est , nous devons dire qu'il est lui* même l'essence de toutes les essences. Car, c'est de lui que tout est engendré, créé, et provenu ; et toute chose prend sa première origine de Dieu. C'est ce que témoigne la sainte écriture qui dit que : Ve lui , par lui , eu en lui sont toutes choses; de plus : Le ciel , et tous les deux des deux ne peuvent te suffire; de plus : Le ciel est mon trône ^ et la terre est mon marche -pie d ; et on trouve dans le pater : A toi est le règne et la puissance (entendez la toute-puissance), e^ le pouvoir et la sainteté , d* éternité en éternité, [ On ne trouve point littéralement dans le pater les mots qui sont ici, V auteur étend^ par V intelligence^ le sens de la lettre. ] 2. Mais comme il y a celte différence que la mal ne peut ni s'appeler ni élre Dieu, ce n'est que dans le premier principe [ séparé intellectuellement
dit second principe , ou de la lumière et de V amour ] ^ire i'on doit coi^idércr le mal. C'est là , en effet, que se conçoit la première source de l'âpreté, selon laquelle Dieu se nomme un Dieu colérique, sévère , et jaloux. Car , dans Tâprelé se trouve l'origine de la vie , et de toute mobilité j mais lorsque cette même source rigide et angoisseuse de Tâprelé est considérée comme étant embrasée de la lumière dé Dieu , elle n'est plus âpre , mais la rigide angoisse se cbange en joie.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.