14. Car , c^efit comme lorsque Dieu dit à la matrice de la terre : Que toutes sortes cT animaux soient pro^ duits. Alors le fiât créa des animaux de toutes les essences , et subdivisa d'abord la matrice , et ensuite les essences et qualités ; après quoi, il créa de la matrice subdivisée , un mâle et sa femelle ; mais comme les créatures étoient matérielles , ainsi chaque espèce devoit aussi se perpétuersoi-mêine de chaque essence ; au lieu qu'il n'en est pas ainsi des anges , mais ils avoient été produits a l'instant , comme le sont les pensées de Dieu.
5. Mais c'est ici le fondement. Chaque qualité ou essence dans la source vouloit exister créaturellement j l'essence ignée s'éleva trop puissamment , et Lucifer a conçu là-dedans , sa volonté ; il en a été de même d'Adam, avec l'arbre de la tentation , comme cela est écrit : Et Dieu laissa croître toutes sortes d'arbres dans le jardin d'Eden, et au milieu , l'arbre de la vie , et de la connoissance du bien et
du mal.
6. Mpïse dit : Dieu laissa croître du jardin , toute espèce d'arbres beaux à la vue , et bons à manger. Ôr , ici est le voile en Moïse , et cependant dans la' parole il est nettement et claireméhl manifesté' qu'il y avoit des fruits beaux à voir j et bonis à manger, dans lesquels il n^y avoit ni mort , ni colère , ni corruption } mais des fruits paradisiaques, dont Adam pouvoit vivre éternellement dans la splendeur et la volonté de Dieu , dans son amour et sa perfection: la mort existoit seulement dans l'ar- ]>re de la connoissance du brén et du mal , qui saul
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( t74 ) CH. TT.'
2pouvoît introduire Phonome dans une autre image. 7. Or, notre pensée voit clairement que le fruit paradisiaque qui éloit bon , n'est point ainsi devenu totalement terrestre , puisque Moïse dit aussi qu'ils étoient de deux espèces : une , bonne à manger , et agréable à voir ; et l'autre , portant la mort et la corruption. Dans les fruits paradisiaques il n'y avoît ni mort ni corruption j toutefois , si la mort avoit été en eux , Adam auroit mangé de la mort dans tous les fruits ; mais comme il n'y avoit point de mort en eux , leur fruit ne pouvoit aussi également être terrestre ; quoiqu'il crût de la terre , cependant la puissance divine du second principe y étoit représentée ; néanmoins il croissoit réellement de la terre dans le troisième principe, laquelle,.^tfrr# Dieu maudit après la manducalion terrestre j pour que le fruit paradisiaque ne crût plus de la terre.
8 De plus si Adam avoit dû manger du fruit terrestre, il auroit dû manger dans son corps, et avoir eu des boyaux. Or , une puanteur comme celle que nous , portons maintenant dans notre çprps ^ pouvoit-elle subsister dans le paradis , danéla' sâîateté de Dieu ? £n outre , par la manducation ter*
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restre il auroit niatisé du fruit des étoiles et des èlémens , qui , aussitôt auroit, ingualifié en lui , comme^ cela est arrivé (dans la chuté , et il n'eût plus été redouté de tous les animaux. Car , aussitôt l'essence anir^ale se seroit assimilée dans sa puissance à. l'essence humaifie) e^t la plus forte auroit dominé VafH\Te. [Faute J^fi« let^xtç;(ru\\j^otfr CEainte.| 9. C'est pourquoi, U cn^j^}^ di'uae i^ulrçj^orl!^
tu. iT. C 175 )
3avec Adam. Il a été un homme célesle et paradisiaque, et ildevoit aussi manger du fruit céleste et paradisiaque, et , dans cette puissance , dominer sur tous les animaux , aussi bien qne sur les étoiles et les élémens. Aucune froidure ni chaleur ne devoit le toucher , autrement Dieu lui auroit donné aussi une peau grossière comme aux autres animaux , et il n'àuroit pas ainsi été ^nud. ^ 10. Maintenant, :on se demandé : Pourquoi donc l'arbre terrestre de la connoisskncp du bien et du mal a-t-il poussé? S'il n'avoit pas été là , Adam n'en auroit pas mangé. Ou bien : Pourquoi Adam a-t-il été tenté ? Ecoute , demande à ce sujet à ta base affective , pourquoi dans toi , une pensée dé colère se conçoit et s'engendre aussi promptement qu'une pensée d'amour. Diras-tu qu'elle vient de ce que tu entends et de ce que tu vois ? Cela est vrai' ; Dieu le savoit bien aussi, c'est pourquoi il falloit^ qu'Adam fût éprouvé , car le centre 'de l'affectioa est libre, et engendre la volonté diaprés l'ouie etlà vue , d'où résultent l'imagination et l'attract.
II. Puisqu'Adam fut créé une image et une en-' tière' similitude de Dieu, et qu'il avoit en soi les trois principes cbmtilb Dieu lui-même, alors sa base affective et s6n imagination dévoient voir entièrement dans le cœur de Dieu , et y placer son attract et sa volonté : et comme il étoît uti souverain sur toutes choses , et que son ame étoit un triple esprit , en trois principes, en un'seul être , de même aussi son esprit ou la volonté en son esprit , devoit rester' manifeste en une seule essence -, savoir : l'essence
( I?^ ) CB. Il
céleste et paradisiaque ; sa base affective et son ame dévoient se nourrir du cœur de Dieu 3 et soncorps,do ]a puissance du limbes céleste.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.