118. Il marche là comme un animal grossier, et dit dans sa base affective astrale et élémentaire r Oh t combien }e me fais cependant du mal à moi-» même en me rendant fou auxjreux du mondet qu'est-^ ce que j'en retire , si ce n'est de la dérision ? Je n0 suis pas même sûr de ma vie 5 je me prive ainsi, moi et les miens, du pain quotidien et de Ja nourriture j je dois sans cesse m'at tendre à la mort , et me plon<4 ger dans les dédains du monde. Ah ! avec quelle promptitude tu i>eux tomber dans le péché ! alors tu es poursuivi , et tu es jeté dehors comme un fruit gâté. Ensuite quelle récompense out les tien# qui sont près de toi , sinon de porter la peine pour toi ?
19. Ainsi juge l'homme dans la chair et le sang 5 et si le démon comprend cela , ah ! il est aussitôt là comme le tigre près de sa proie , et il dit : O ! qui sait si ce que tu enseignes est vrai ; tu ne l'as pas vu; personne non plus n'est revenu de chez les morts pour te le dire. Il y a plusieurs de cex morts qui ont enseigné comme tu le iais. Malgré cela le monde no auit-il pas ses mêmes erremens dans un tems comme dans l'autre? on les a regardés tous comme des fous ; il t'ea arrive autant , et après toi la choso restera telle qu'auparavant : à quoi servent donc tes soins et tes fatigues ?
so. Enfin il vient avec des tours d'adresse , et dit en soi-même à la ba&e afiective par l'esprii du graoi^ IL 19
2( 290 ) en. a4ïBondeîOhî le ciel as/ra/ l'a donc formé de cette j»anière , pourque tu l'occupes ainsi de choses insensées! Il a aussi mis ses caprices en toi. Tu ne tiens pas ton don de Dieu ; Dieu n'a jamais parlé avec toi ; qu« peux-tu donc savoir? reste en repos , laisse cela là , lu peux encore êlre un assez bon chrétien , quand même lu resterois tranquille. Laisse les prêtres enseigner 5 ils sont payés pour cela : en quoi cela le regarde-l-il ? Vois , ma chère ame , par ces coups ma plume a été ub« fois renversée, et l'instigateur vouloit la briser , mais le souffle de Dieu s'éleva contre lui -, c'est pourquoi il faut qu'elle écrive ce qui lui est arrivé , pour servir d'exemple aux hommes de désir , et ce sont là des choses très
précieuses.
21. Lorsque le démon l'eut ainsi jetée par terre , elle fut muette et ne vouloit plus écrire. Mais le démon se ruoit sur elle et vouloit la briser.Il vint muni de ses fruits corrompus, et vouloit les jèlerà l'ame à cause de cette plume , et lui faire manger de son mets 5 et il répandit du sucre dessus. S'il l'avoit reprise dans ses chaînes , combien il se seroit vengé , ainsi que cela lut expérimenté ensuite dans la tempête où sa fausse inlenlion fut bien reconnue! Quand cela arriva , les lys se fanèrent et perdirent leur l)elle odeur , la perle se cacha. La vierge de la perle , ou SOPHIE , resta dans un très profond deuil , et la noble et divine base affective fut livrée à une grande inquiétude.
22. L'instigateur disoit bien au commencement qu'elle auroii le repos si elle suspendoit son
3œurre ; toutefois c'étoit un repos dans la chair eé le sang , et là cependant il n'y avoit point de repos; mais de grands profits pour le chasseur. Or, lorsque la base aflfeclive se trouva dans une grande inquiétude au sujet de l'ame , elle en rassembla toutes les facultés et chercha la perle que l'ame avoit eue auparavant cela ; elle présuma qu'elle la trouveroit dans le réduit secret de l'ame , comme un trésor caché, mais elle n'y étoit plus. Alors la base affective la chercha dans le corps et l'ame. Mais , hélas ! elle étoit disparue , elle ne pouvoit se retrouver et on ne vit plus rien que les fruits corrompus du démon, qui étoient répandus devant l'ame pour qu'elle en mangeât. Toutefois Tame resta dans une grande tristesse et ne pouvoit pas mangerses fruits frelatés* elle appela sa vierge sophie ; mais elle se montra comme si elle étoit endormie. . nii ^
a3. Ainsi l'ame resta avec de grands désirs et de grandes ardeurs , et aussi très souvent dans de grands combats avec l'instigateur, qui vouloit la jeter par terre. Quand elle étoit ainsi en combat avec luf , il prenoit tous les vices qui pointent danô la chair et le sang , et jetoit cela sur l'ame ; il l'en enveloppoit, en sorte qu'elle ne pouvoit pas seule-^ ment découvrir la sophik. Il faisoit avec \es péchés de la chair une grande montagne, etcouvroit parla fortement la miséricorde de Dieu, ou le nouvel hommeen Christ : les portes du royaume du ciel , qui étoient ouvertes toutes grandes auparavant, étoient alors loutes fermées 5 il ne s'amassoit que des dou-
.^
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.